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SONIA LAGARDE SUR OCÉANE FM : « C’EST TOUS ENSEMBLE QUE NOUS ALLONS RÉVEILLER NOUMÉA »

Sonia Lagarde

Sonia Lagarde était l’invitée, jeudi 12 décembre, de la station Océane FM. Fidèle à sa volonté de se présenter en équipe devant les Nouméens, elle était accompagnée de Philippe Dunoyer. Ensemble, ils ont présenté les grandes lignes de leur campagne pour les prochaines municipales.

 

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Retranscription « mot à mot » OFM 12 DEC 2013 / MID – CE

 

Journaliste : Nos invités ne sont autres que Sonia Lagarde, qui a officialisé la semaine dernière sa candidature à la mairie de Nouméa, elle est accompagnée de l’un de ses premiers colistiers, Philippe Dunoyer. Bonjour.

Intervenants : Bonjour.

Journaliste : Merci d’avoir accepté notre invitation. Sonia Lagarde, cela fait 18 ans que vous êtes entrée en politique et vous êtes élue au conseil municipal de la ville de Nouméa, depuis de nombreuses années. Vous avez déjà été candidate aux municipales, en 2001, puis en 2008. Qu’est-ce qui vous pousse à vous représenter sous la bannière, « Avec nous, ça va changer » ?

Sonia Lagarde : Ça, c’est une belle question, qu’est-ce qui vous pousse à vous représenter. Tout simplement, parce que c’est ma ville, parce que j’y suis née, que j’ai grandi deuxième Vallée du Tir, je me suis partagée entre la Vallée du Tir et la ville, parce que ma mère était commerçante et que j’ai la passion de cette ville, et donc, c’est ça qui m’anime. J’ai une véritable ambition pour la ville. C’est pas une ambition personnelle, mais quand je vois ce qui s’est passé depuis un certain nombre d’années et que l’équipe sortante n’a pas su anticiper les défis qu’il fallait relever pour une ville de 100 mille habitants, moi, j’ai tout simplement…, en toute humilité, mais avec beaucoup de courage et de volonté, j’ambitionne de réveiller la ville, parce que c’est ma ville et parce que je l’aime.

Journaliste : Des sondages sont réalisés depuis deux semaines par nos confrères des Nouvelles Calédoniennes. Vous en pensez quoi ?

Sonia Lagarde : Moi, j’en pense, très sincèrement, et puis moi, je manie pas la langue de bois, donc, je vais vous dire que ça ne m’intéresse pas du tout. On a tellement vu, on est a quatre mois des élections municipales, on a tellement vu des sondages, ici ou là, qui donnaient un tel vainqueur, et puis finalement, on était totalement à côté de la plaque, ça n’a pas été la réalité ensuite. Moi, je ne suis pas perturbée. Je ne les lis pas, j’en entends des échos, à droite et à gauche. Moi, je n’ai qu’un crédo, qu’un leitmotiv, c’est celui de mener cette campagne, de bout en bout. Et puis, à la fin, quels que soient les sondages, ce sont les Nouméens qui ont le dernier mot.

Journaliste : Philippe Dunoyer, une réaction ?

Philippe Dunoyer : Ça va être un petit peu la même, parce que les sondages ont, par hypothèse, un pourcentage d’erreurs et d’incertitudes qui est très fort. Donc, baser une campagne, un programme ou des convictions sur des sondages, ce serait une erreur fondamentale. Ce qui est beaucoup plus important, c’est, puisque les sondages sont effectués auprès des Nouméens, c’est d’aller à la rencontre des Nouméens, et c’est exactement ce qu’on fait. On organise, depuis très longtemps, des rencontres, des réunions, on échange avec eux, ils nous disent ce qu’ils pensent, ce qu’ils souhaitent, et c’est bien plus intéressant et important qu’un sondage ou que plusieurs sondages d’ailleurs.

Journaliste : Vous pensez qu’à l’heure d’aujourd’hui, ces sondages sont plus ou moins prématurés, ça peut éventuellement influer dans le mauvais sens, peut-être ?

Philippe Dunoyer : Influer, non, je ne crois pas. Prématurés, oui, je pense que vous avez pas forcément tort, d’ailleurs, je note simplement que ces sondages étaient…, c’est une subtilité difficile à comprendre, et pour moi le premier, un potentiel électoral, le reflet d’un potentiel électoral, mais pas d’une intention de vote, comprenne qui pourra. C’est très bien pour les instituts de sondages, c’est très bien pour les personnes qui ont été sondées, mais non, ça n’a pas d’importance particulière.

Journaliste : Certains de vos opposants politiques disent, revendiquent, que vous n’êtes que quatre, finalement, à Calédonie ensemble, que vous manquez de têtes de liste, de personnalités, de candidats qui ont du poids ?

Sonia Lagarde : Je crois que c’est relativement facile à répondre, parce que, si je prends les élections municipales, d’abord, je ne vois pas pourquoi on dit qu’il y en a quatre. On a des talents, et plusieurs.

Journaliste : Des talents cachés, peut-être, pour certains ?

Sonia Lagarde : Oui, on va se faire du bien, on va dire oui. Non, non, mais je crois qu’il faut rester pragmatique. Si je prends les élections municipales, qu’est-ce que c’est qu’une élection municipale ? C’est quand même, déjà, de mettre une liste, et sur cette liste, il faut mettre pas moins de 53, 54 noms, et qu’une élection municipale, ça se gagne par la conjugaison des talents et des compétences. Et donc, nous en avons aujourd’hui. On en a non seulement au sein de Calédonie ensemble, mais on en a beaucoup aussi qui sont issus de la société civile, et ceux-là ont bien compris que nous étions dans le vrai, dans notre vision ambitieuse qu’on peut avoir pour la ville, et qui, au fur et à mesure, tous les jours, il y a des gens qui m’appellent ou qui appellent Philippe, et d’ailleurs, vous avez vu qu’on a fait une affiche à trois, c’est-à-dire qu’on a cette notion d’équipe, et l’équipe, ça ne sera pas trois, ça sera 54 personnes, mais avec des talents et des compétences et on a aujourd’hui des tas de gens qu’on ne dévoile pas parce qu’il y a un temps pour tout, mais qui sont aussi issus de la société civile et qui ont cette sensibilité qui est la nôtre. C’est vrai que, peut-être, en tête d’affiche, on vous dit, mais regardez les autres partis, il y a qui en tête d’affiche ? Enfin bon, tout ça n’est pas très sérieux. Nous avons les talents et nous avons les compétences.

 

Philippe Dunoyer : Un tout petit mot pour compléter, je crois qu’ils ont confondu exposition médiatique et talent. Il y a peut-être certains, par leur fonction, qui passent plus souvent sur les ondes, chez vous, et on vous en remercie d’ailleurs, et chez les autres, mais ça n’a absolument rien à voir avec les talents. Il y avait d’ailleurs déjà des hommes et des femmes politiques chez nous, je pense à Corine Voisin, à Thierry Song, à Gérard Poadja, à monsieur Peyronnet, le maire de Moindou, et à d’autres qui sont déjà installés depuis longtemps, connus, reconnus, réélus et qui ont donc nécessairement les talents requis pour. Et puis bien sûr, comme l’a dit Sonia à l’instant, d’autres personnes qu’on voit moins, mais c’est pas parce qu’on les voit moins qu’elles ne sont pas, elles, pétries de talents, et d’autres personnes qu’on va présenter et qu’on découvre à l’occasion de ces élections municipales. Je vais laisser le soin à chacun d’apprécier le jugement de qualité qui a été porté par ces commentateurs qui ne me paraissent pas très avertis.

Journaliste : Au niveau communal, qu’est-ce qui vous différencie des autres partis ?

Sonia Lagarde : Vous avez dit tout à l’heure, ça va changer. Ben oui, ça va changer. D’abord, je vous ai répondu et je vous ai dit pourquoi j’étais candidate avec une équipe. On a montré deux hommes avec moi, et non des moindres, Philippe Dunoyer que tout le monde connaît, et puis Paul Quaeze, issu de la société civile, premier médecin kanak à être venu exercer sur le territoire, et puis on aura beaucoup d’autres pour faire référence. Qu’est-ce qu’on a en commun et qu’est-ce qu’on veut ? Oui, effectivement, on veut que ça change. J’ai dit tout à l’heure qu’on avait pas su anticiper sur une ville de 200* mille habitants. On a l’ambition de réveiller la ville, on a surtout l’ambition, une véritable volonté, d’agir. Qu’est-ce qu’il faut faire pour changer ? Bien évidemment, pour changer Nouméa, il faut en faire une ville sûre, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. On voit  bien qu’un certain nombre de candidats, ceux qui sont dévoilés, nous parlent beaucoup de sécurité. Je voudrais juste dire à ce sujet que deux autres candidats en face de nous, on a l’impression qu’ils découvrent qu’il y a des problèmes de sécurité dans Nouméa. Enfin, ce n’est quand même pas nouveau ! Et moi, je voudrais bien savoir qu’est-ce qu’ils vont afficher dans leur bilan, en dehors d’avoir mis des caméras de vidéosurveillance sur lesquelles on est absolument d’accord, mais ça n’est pas l’outil de référence. Ça n’est qu’un outil au service du maire, aux services de police, pour attraper les auteurs de méfaits, mais en aucun cas ça ne peut être un substitut à la présence policière sur le terrain. Alors, qu’est-ce qu’on propose ? Dans cette affaire, il ne faut pas dire tout et n’importe quoi, il faut être pragmatique, et on l’est. Quand je suis partie à Paris la dernière fois, j’ai posé une question à l’Assemblée nationale là-dessus, j’ai pris mon bâton de pèlerin et je suis allée voir les ministres concernés, j’ai vu le haut-commissaire de la République et j’ai lancé qu’il fallait mettre en place un observatoire de la délinquance, qui n’existe pas ici. Pourquoi ? Il ne s’agit pas de faire un observatoire de la délinquance qui va observer. Il faut lui donner un temps de vie relativement court et il faut mettre tout le monde autour de la table. Il faut mettre l’État, qui a une responsabilité, il faut mettre la justice, il faut mettre la police municipale, il faut mettre la Nouvelle-Calédonie, les provinces, les communes, il faut analyser les causes, et une fois qu’on a analysé les causes, on se dit « quelles sont les réponses concrètes qu’on peut apporter ? » Et c’est là, dans ces réponses concrètes, quand tout le monde sera d’accord, et je pense que tout le monde sera d’accord parce que, aujourd’hui, c’est une véritable préoccupation des Nouméens, et qu’il faut faire les choses bien, eh bien, il faudra déclencher un plan Marshall. Et dans ce plan Marshall, je l’ai déjà évoqué avec le ministre de l’outre-mer, mais aussi avec Emanuel Valls, qu’il faudra, dans un deuxième temps, ce qui n’existe pas aujourd’hui sur le territoire, c’est bien de faire un centre éducatif fermé. Quand on a des jeunes aujourd’hui qui récidivent, il faut les encadrer. Centre éducatif fermé, c’est quatre mois, c’est un encadrement militaire. On refait de la formation et de l’éducation vis-à-vis de ces jeunes. Et ensuite, quand ils sortent, si jamais ils récidivent, ils y retourneront. Quand on emploie aujourd’hui des TIG, ok, encore, il faut que les jeunes soient d’accord sur ces travaux d’intérêt général. Aujourd’hui, vous avez Nouméa, c’est une ville de 100 mille habitants. Comment on peut accepter qu’il n’y ait que seulement 9 éducateurs de rue ? Les éducateurs de rue sont des gens extrêmement précieux, dont c’est le métier de s’occuper des jeunes et d’essayer de faire en sorte que, quand ils sont déscolarisés, on les amène vers la formation. Ça ne se fait pratiquement pas. Et je parlais des TIG. Pour essayer d’amener les jeunes vers la formation et l’insertion, il s’agit bien évidemment d’avoir un encadrement avec des éducateurs, de façon à ce qu’une fois qu’ils ont accompli leur travail d’intérêt général, on essaye au maximum de les amener vers la formation et l’insertion. Moi, je dis, tolérance zéro en termes de sécurité, mais à côté, je mets, prévention et insertion. Il faut créer, aussi, une vraie synergie entre la police nationale et la police municipale. Il faut que notre police nationale, elle soit plus effective sur le terrain, et ça permettra à cet observatoire de montrer quelles sont…, aussi, s’il y a des lacunes, aujourd’hui, eh bien, il faudra les mettre sur la table. La police municipale, qui coûte très cher à la ville et qui a une vocation à exister, aujourd’hui, elle n’est plus une police sécurité-ville, ce pour quoi elle a été créée. Il faut en faire une véritable police de proximité.

Journaliste : Pourquoi ?

 

Sonia Lagarde : Parce qu’aujourd’hui, vous avez 150 effectifs, ça coûte un milliard à la commune, et aujourd’hui, vous avez la moitié des effectifs qui sont dévolus à des tâches administratives. Et donc, vous avez l’autre moitié qui est dévolue à une police sécurité-ville. Mais quand vous en enlevez sur 70 ou quand vous en enlevez 30 parce qu’ils sont en récupération, etc., ou en maladie, et que vous appliquez la règle des trois huit, vous vous retrouver avec une brigade, tous les jours, seulement de dix personnes. C’est pas suffisant, je crois qu’il faut redéfinir les moyens, et surtout, donner de véritables objectifs qui sont ceux du départ, ce pour quoi elle a été créée. Cette présence policière sur le terrain, elle est absolument indispensable. Ça fait depuis un certain nombre d’années que je suis au conseil municipal, depuis 12 ans. Depuis 12 ans, je n’ai eu de cesse de dire que la police municipale doit être une police de proximité. On a seulement été entendus l’année dernière, où on a essayé de faire en sorte de mettre un peu plus d’îlotiers dans les quartiers. On aurait dû prendre ces choses-là à bras-le-corps depuis longtemps, c’est pour ça que, permettez-moi, quand même, de sourire, quand j’entends un premier adjoint au maire et un quatrième adjoint au maire qui découvrent les problèmes de sécurité et qui promettent monts et merveilles aux Nouméens, ben, je suis un peu triste de voir ça.

Journaliste : Vous seriez pour le retour des commissariats de quartier ?

Sonia Lagarde : Évidemment ! Pourquoi on a fermé celui de Tindu ? Le premier adjoint, qui a aussi été député, quand on a fermé le commissariat de Tindu, on l’a déplacé, on a fait un commissariat à Tuband. Mais quand on a la chance d’être à l’Assemblée nationale, quand on a la chance de pouvoir interpeller le gouvernement, et quand on a la chance de pouvoir être reçu dans les ministères, il fallait peut-être que cet adjoint, qui était aussi député, fasse en sorte que le commissariat de Tindu soit toujours existant aujourd’hui, et de dire que peut-être, il en fallait un deuxième à Tuband, mais en tout cas, il ne fallait pas fermer celui-là. Moi, je n’ai aucune trace de ce qu’il a pu dire, parce que, bien évidemment, il n’y a aucune trace parce qu’il n’a jamais rien dit.

Journaliste : Philippe Dunoyer, l’urbanisme, est-ce que c’est aussi un point fort parmi les thématiques du programme ?

Philippe Dunoyer : Oui, il y a beaucoup de sujets. Le sujet de l’aménagement des quartiers, qui est aujourd’hui, tout le monde a pu le constater, à deux vitesses, avec aujourd’hui une ville de Nouméa qui correspond à deux villes, une ville pour les quartiers situés au sud et une ville pour les quartiers situés au nord. En termes de développement, d’aménagement et d’équipement de ces quartiers, cette différence, elle est inacceptable. Elle est d’abord pas comprise par ceux qui n’ont pas la chance d’être dans la bonne zone, et elle est surtout incompréhensible, parce qu’elle nuit à une politique de cohésion sociale qu’il faut mettre en place dans tous les espaces publics, et à l’échelle de la commune. C’est véritablement un axe fort, il y en a d’autres, naturellement, mais c’est un axe sur lequel on intervient et on interviendra pour stigmatiser ce très lourd passif de l’équipe sortante. Personne ne peut le contester aujourd’hui, il n’y a aucune vraie bonne raison qui justifie ce développement à deux vitesses. Et un des axes majeurs d’intervention de l’équipe qui entoure Sonia à l’occasion des élections municipales, si bien sûr les Nouméennes et les Nouméens nous font confiance, ce sera de rétablir un minimum d’équilibre qui va permettre aux habitants de ces quartiers de se sentir un peu plus membres de la même communauté urbaine, un peu plus à leur place, et du coup, un peu mieux dans leur vie, dans leur quotidien. Ça leur permettra de développer les énergies et les talents qu’ils ont, tous, et qui aujourd’hui peut-être, ne trouvent pas le terreau nécessaire pour s’épanouir, parce qu’il faut quand même se rendre compte que dans certains quartiers, si on veut avoir une vie associative, si on veut avoir accès au service public, si on veut avoir accès à un minimum, c’est quand même très compliqué, voire impossible. L’exemple du commissariat de Tindu, qui n’est pas de la responsabilité de la commune, certes, mais est un excellent exemple qui illustre que lorsqu’on est victimes d’une exaction à Tindu et qu’il faut aller à Tuband pour porter plainte, on a tout de suite bien compris que ça ne marche pas, ça ne fonctionne pas. Mais ça ne marche pas parce qu’une attention, une vigilance n’a pas été portée de la même manière sur cette partie de la ville, que sur l’autre. Globalement, même si le temps du développement du programme viendra, sur beaucoup d’autres sujets, je peux dire que l’équipe sortante qui est représentée par les deux autres candidats aujourd’hui déclarés, qui se trouvent face à nous, c’est leur bilan à eux, ils ont eu plusieurs années, plus d’une dizaine d’années, au sein de l’équipe municipale, pour faire part de leurs idées, de leurs projets, des modifications à apporter. Aujourd’hui, il y en a un qui, Gaël Yanno, qui a choisi de constituer un parti, libre à lui, il n’y a pas de problème. Je note que ce groupe nouveau, au conseil municipal, a immédiatement confirmé qu’il siégeait toujours dans la majorité. Ils n’auront donc pas d’autres capacités que de prendre l’héritage et le passif de l’équipe sortante à leur charge, et c’est pour ça que le changement ne semble uniquement possible avec nous. Si vous voulez la continuité, c’est par contre avec l’un des deux autres. Si par contre, vous voulez que ça change, c’est plutôt avec nous.

Journaliste : Ça veut dire que, effectivement, il va y avoir des choix à faire, à un moment donné, pour rééquilibrer le quartier Nord par rapport au Sud ?

Sonia Lagarde : Bien sûr, et ça, ce sont des choix de devra faire, et si c’est nous, il faut prioriser. Il ne faut pas faire n’importe quoi, on garde la tête sur les épaules. On ne peut pas rentrer dans une campagne pour promettre monts et merveilles parce que les Nouméens, ils vous attendent toujours à la sortie. Donc, il y a un minimum d’honnêteté à avoir. Mais il y a beaucoup d’argent qui a été dépensé à tort et à travers. Et si je prends un exemple du quai Ferry, par exemple, on a aménagé tous les abords de la gare Maritime, et puis nous avons demandé, depuis 2001, déjà, ça fait 12 ans qu’on se bat, pour qu’il y ait un véritable aménagement de cette partie parce que Nouméa est tournée sur la mer et qu’il faut développer, là, un pôle d’attractivité. On a été partiellement écoutés, dans le sens où ils ont fait quelques travaux autour de la gare maritime et puis ils ont plaqué des algécos qu’ils ont transformés en restaurants. Mais vous savez, tout ça, ça a coûté pas moins de 800 millions. Et puis, en même temps, on fait un appel à projet international, pour développer un véritable projet sur cette zone. Mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu’on a attendu des années, parce qu’on ne pouvait pas prendre les choses de manière différente et de faire un appel, si tant est qu’il fallait faire un appel international, moi, je ne suis pas en phase là-dessus, parce que je trouve que nous avons des architectes locaux qui sont parfaitement compétents et qui auraient pu monter un projet qui nous ressemble vraiment, sans aller chercher des Australiens. Donc, ces 800 millions sont partis en fumée…, qui vont partir en fumée, parce qu’il y aura autre chose. Quand on a fait des ronds-points et qu’on les a cassés, là, ce sont des centaines de millions. Il suffit de prendre le rond-point Patch, demain, le rond-point Berthelot, et donc, vous voyez qu’il y a des priorités à se fixer et qu’il y a sans doute, et pas sans doute, il y a évidemment une meilleure gestion des deniers publics à avoir pour ne pas dilapider l’argent public, c’est tout simple que ça. Je voudrais revenir sur un aspect de la question, qui est celui du changement. Je crois que c’est important de dire, aujourd’hui, que parmi ce changement, nous, nous voulons mettre en place une véritable démocratie locale, c’est-à-dire une démocratie participative. Nous avons eu de cesse de demander qu’il y ait un véritable conseil des quartiers. La réponse qui a été faite, c’est qu’on a fait des petits conseils de quartier ici ou là, mais c’est pas ça, un conseil des quartiers. Un conseil des quartiers, ce sont des personnes qui sont les représentants de leur quartier et qui sont pleinement associés à la définition des projets. Ça veut dire que vous construisez avec les Nouméens. Et je crois que si on a envie de construire une ville moderne et une ville intelligente, c’est au moins de construire avec eux, de la même manière que l’on doit être à l’écoute de notre jeunesse, et de la même manière qu’on doit être à l’écoute de nos séniors. Et donc, il faut les faire participer à la définition des projets. La ville, elle se construit avec tout le monde, mais par la démocratie participative. Ça n’existe pas aujourd’hui.

Journaliste : Philippe Dunoyer, les municipales, c’est une première ?

Philippe Dunoyer : Oui, effectivement.

 

Journaliste : Pourquoi cet engagement ?

Philippe Dunoyer : Trois raisons, rapidement. La première raison, une raison personnelle, parce que je suis Nouméen, d’abord de naissance. J’ai grandi à Nouméa, je me suis marié à Nouméa, mes enfants sont nés à Nouméa et ça fait maintenant même cinq générations du côté maternel qu’on est et qu’on vit à Nouméa. C’est une ville dans laquelle je me sens, non seulement chez moi, mais légitime, je dirais, à pouvoir revendiquer une vision de la ville et une évolution de la ville qui, aujourd’hui, fait défaut. La deuxième raison, c’est plutôt le constat ou le bilan. Aujourd’hui, il y a plutôt une ville qui se développe à deux vitesses, il y a aussi les pans entiers d’un développement que Nouméa aurait dû suivre et assumer, compte-tenu de l’évolution de sa population, qui est passée en un peu plus de 40 ans de 40 mille à 100 mille habitants, ce qui est colossal. Ces enjeux-là étaient importants et n’ont pas été assumés à la hauteur des enjeux, et aujourd’hui, il y a beaucoup de choses à faire pour permettre à Nouméa enfin, de s’épanouir, et comme on le dit dans la campagne, de faire battre son cœur et de lui rendre un dynamisme et l’énergie, de lui permettre de s’épanouir comme elle peut l’être, comme elle doit l’être, parce que c’est quand même la capitale de la Nouvelle-Calédonie. La troisième raison, c’est l’ambition que nous avons pour cette ville, l’envie de lui faire passer le cap qu’elle n’a pas réussi à dépasser aujourd’hui, et cette ambition on l’a chevillée au corps. Je vais mettre toute mon énergie et tout ce que je peux apporter dans cette campagne pour essayer d’apporter au mieux de mes capacités, non seulement le programme, les idées, d’essayer d’expliciter, de convaincre les Nouméens et les Nouméennes qui hésitent encore, que le programme qu’on a, c’est un programme qui permettra enfin à Nouméa d’assumer cette part de son histoire, de son actualité et de son avenir, parce qu’il faut maintenant lui permettre de se tourner résolument vers l’avenir, de permettre aussi à chaque habitant d’avoir vraiment le sentiment de faire partie d’une communauté, d’avoir sa place. Chacun a sa place, mais vraiment, a sa place. Et cette égalité de traitement, elle est aussi cette solidarité que nous voulons afficher et que nous mettrons en place, elle est au cœur de mon engagement.

Journaliste : Sonia Lagarde, si vous aviez à vous adresser à nos auditeurs, qu’est-ce que vous leur diriez ?

Sonia Lagarde : Je leur dirais que j’ai, derrière moi, une équipe de Nouméennes et de Nouméens qui ont en commun la passion de leur ville et que nous proposons aux Nouméens de changer et de prendre un autre chemin qui est celui du courage et de l’énergie. Nous en avons, et je crois que c’est tous ensemble que nous allons réveiller Nouméa.

Journaliste : Philippe Dunoyer et Sonia Lagarde, merci.

Intervenants : Merci à vous.

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