Accueil ACTUALITÉS « NOUS VOULONS DES COMMUNES PLUS SOLIDAIRE, PLUS SÛRES, PLUS PROCHES ET PLUS FORTES »

« NOUS VOULONS DES COMMUNES PLUS SOLIDAIRE, PLUS SÛRES, PLUS PROCHES ET PLUS FORTES »

PG

Entretien avec Philippe Gomès,

publié dans « Demain en Nouvelle-Calédonie » le 29/11/2013

Calédonie Ensemble a présenté ses candidats dans les communes de brousse et pas sur le Grand Nouméa. Les choix y sont-ils plus difficiles ? 

Pas du tout ! Nous avons voulu mettre en valeur les communes de l’intérieur, car notre formation est la seule à conserver de véritables racines en brousse. Dans ces élections, la presse ne parle que de Nouméa, mais la Nouvelle-Calédonie comprend 33 communes.

j

IMG_8262

 « Calédonie Ensemble est la seule formation politique à conserver de véritables racines en brousse » (DNC, 29/11/2013)

g

Vous partez, selon les cas, avec des têtes de listes ou des « chefs de files ». Expliquez-nous.

Là où le contexte politique le permet, les têtes de liste ont déjà été désignées : Corine Voisin à La Foa, Jo Peyronnet à Moindou, Régis Roustan à Farino, Bernard Nénou à Poindimié et François Koroma à Yaté.

Dans certaines communes, les « chefs de file » que nous avons désignés discutent avec d’autres non indépendantistes pour former des listes d’entente communale : Patrick Robelin à Bourail, Yasmina Metzdorf à Poya, Roby Courtot à Pouembout, Thierry Song à Thio, Gérard Poadja à Koné, Paul Delhumeau et Robert Frouin à Koumac, Mickaël Lémé à l’île des Pins, etc.

Enfin, dans d’autres communes, à cause du nouveau mode de scrutin, si la sensibilité non indépendantiste part divisée, elle pourrait totalement disparaitre du conseil municipal : c’est le cas notamment à Voh, à Poum, à Ouégoa, à Houaïlou, aux îles Loyauté, etc. L’union dans ces communes est une ardente obligation.

d

Sonia Lagarde paraît déjà en campagne à Nouméa. Pourquoi ce suspense sur sa candidature ?

A Nouméa comme ailleurs, contrairement aux autres mouvements, nous avons choisi de construire d’abord un projet, en allant recueillir la parole des citoyens dans leurs quartiers, leurs vallées et leurs tribus. Et, simultanément, pour porter ces projets, de former des équipes représentatives de la diversité du pays. Des équipes de femmes et d’hommes de talent, de compétence, d’ouverture et de générosité.

Ce processus se termine et les équipes Calédonie Ensemble des communes de l’agglomération seront très prochainement dévoilées.

g

IMG_6226

 « A Nouméa comme ailleurs, contrairement aux autres mouvements, nous avons choisi de construire d’abord un projet » (DNC, 29/11/2013)

g

Vous prônez « des communes plus solidaires, plus sûres, plus proches et plus fortes ». Qu’entendez-vous par là ?

Nous voulons plus de solidarité au sein de la ville, certains quartiers étant visiblement loin des préoccupations des municipalités qui dirigent les communes de l’agglo. Plus de solidarité sociale, aussi, afin d’accompagner les familles fragilisées.

Des communes plus sûres, ensuite. J’ai lu les déclarations de Gaël Yanno et Jean-Claude Briault, l’un s’indignant « que les cambriolages explosent et que la consommation d’alcool de certains empoisonne nos rues », l’autre promettant d’« éradiquer la violence en quatre ans » ! Quels tartuffes ! Comme s’ils n’étaient pour rien dans l’insécurité qu’ils dénoncent, alors qu’ils sont 1er et 4ème adjoints au maire depuis 12 ans. Leur bilan est clair : la délinquance a explosé, alors qu’ils contrôlent les communes de l’agglo, la province et le gouvernement, et qu’ils ont fait de la lutte contre l’insécurité leur cheval de bataille. Ils devraient avoir la décence de faire profil bas.

Nous, nous considérons que les polices municipales doivent être renforcées, ou créées là où elles n’existent pas, comme à Païta. Qu’une véritable action municipale doit être engagée contre les bandes alcoolisées qui sèment le désordre. Mais nous attachons aussi une grande importance à la prévention dans les quartiers, parce que c’est par l’éducation et une meilleure insertion professionnelle et sociale des jeunes défavorisés, notamment, que nous parviendrons à résorber la délinquance.

Des communes plus proches, enfin. Parce que l’élu doit être au service des citoyens. Parce que les politiques sportives, sociales ou culturelles doivent être construites dans les quartiers, avec les habitants, et non imposées d’en haut.

g

IMG_8414

« Nous voulons des communes plus solidaires, plus sûres, plus proches et plus fortes » (DNC, 29/11/2013) 

f

Vous n’avez rejoint aucune union de loyalistes. Quelles sont vos ambitions ?

L’UCF de Yanno, Blaise et Lafleur et la plateforme de Loueckhote, Frogier, Martin et Leroux ne sont que des agrégats d’ambitions personnelles, sans autre projet commun que celui de franchir en province Sud la barre permettant d’obtenir des sièges. On y retrouve tous ceux qui ont monté le drapeau du FLNKS, voté pour Roch Wamytan à la présidence du congrès en 2011 et formé une coalition au gouvernement avec l’UC et le Parti Travailliste, en foulant aux pieds l’entente républicaine constituée en 2009. Et n’oublions pas qu’avant de s’auto-proclamer champion de l’union, Gaël Yanno a cassé le RUMP en deux. Ça ne manque pas de sel !

Cela signifie-t-il que vous excluez toute perspective de regroupement ?

Nous pourrons nous rassembler entre non indépendantistes, après les élections, pour constituer une majorité au congrès et au gouvernement. Mais il faudra le faire autour d’un vrai projet pour le pays, et pas pour des postes. On ne transigera pas sur ce point.

Mais qu’en est-il en provinces Nord et îles, où vous avez lancé un appel à l’union ?

En 2009, la division des non indépendantistes nous a fait perdre plusieurs élus dans le Nord et disparaitre des îles.

Dans le Nord, il faut 1800 voix pour accéder à la répartition des sièges. Au 1er tour des législatives, nous avions rassemblé près de 2500 voix, avec Gérard Poadja. Eric Gay, soutenu par Gaël Yanno et Harold Martin, en a obtenu 1300. Le candidat d’Isabelle Lafleur, 600. Donc, si le RUMP et l’UCF font leurs listes, elles ne passeront pas la barre et leurs voix seront perdues. C’est pourquoi nous proposons de constituer une liste d’union permettant de rassembler les 5 à 6 000 voix non indépendantistes du Nord et obtenir 6 à 7 élus à la province. Cela permettrait aussi de compenser les sièges au congrès que les indépendantistes vont gagner dans le Sud grâce à leur liste unitaire. C’est essentiel pour les empêcher d’être majoritaires au congrès et au gouvernement.

Nous posons 3 conditions – légitimes et raisonnables – à cette liste d’union : que les candidats s’engagent à ne plus adhérer à une coalition avec l’UC et le Parti Travailliste, que le poids donné à chaque formation soit conforme à sa représentativité électorale et que Gérard Poadja soit tête de liste, car il est le plus légitime.

Nous sommes engagés dans une démarche de même nature en ce qui concerne les îles Loyauté.

Pour la sortie de l’Accord de Nouméa, quid de la solution consensuelle ?

J’ai déjà eu l’occasion de le dire : cette solution est inacceptable car elle ne peut aboutir, a minima, qu’à une indépendance-association. C’est ce que tous les leaders indépendantistes ont répondu récemment à Pierre Frogier.

Vous êtes également contre la proposition de Gaël Yanno sur un référendum dès 2016.

Gaël Yanno propose cela parce qu’il considère qu’après une défaite des indépendantistes, la confiance et les investissements reprendraient. Or l’accord de Nouméa impose trois référendums sur l’indépendance, et non pas un seul : après un premier « non » en 2016, il y aura deux autres référendums, en 2018 et 2020. Puis, selon l’accord, « les partenaires politiques se réuniront pour examiner la situation ainsi créée ». Un référendum en 2016 serait donc suivi d’au moins 5 ans d’attentisme et de récession économique, sans même que l’on soit sûrs d’en sortir.

Gaël Yanno sous-entend aussi que le « fait majoritaire » règlerait la question de l’avenir du pays. En clair, « il ne faut pas avoir peur d’aller au référendum », pour reprendre son expression, puisque les non indépendantistes sont majoritaires. Ce n’est pas qu’une erreur d’appréciation : c’est une faute politique. Nous sommes majoritaires, bien sûr, nous l’avons toujours été, mais cela n’a pas évité les évènements, ni le drame d’Ouvéa. L’avenir ne peut s’inscrire dans un pur rapport de forces électoral entre indépendantistes et non indépendantistes. Si tel était le cas, c’est la paix elle-même, dont nous jouissons depuis 25 ans, qui serait remise en cause.

gIMG_6340

 « La solution consensuelle est inacceptable car elle ne peut aboutir, a minima, qu’à une indépendance-association » (DNC, 29/11/2013)

h

D’où votre proposition de référendum éclairé ?

Au triple référendum prévu par l’accord, qui dressera les uns contre les autres, nous proposons en effet de substituer un seul référendum « éclairé et de paix », qui permettra de nous rassembler malgré nos divergences. Un référendum « éclairé » parce que les contenus des deux projets, celui de l’indépendance et celui d’une Nouvelle-Calédonie au sein de la République, seront définis en partenariat avec les indépendantistes et l’Etat. Un référendum « de paix », parce qu’en construisant ensemble les deux branches de l’alternative politique qui s’offre à notre pays, le verdict des urnes pourra être accepté par tous.

g

IMG_6344

 « Nous pourrons nous rassembler entre non-indépendantistes, après les élections, pour constituer une majorité au congrès et au gouvernement. Mais il faudra le faire autour d’un vrai projet pour le pays, et pas pour des postes » (DNC, 29/11/2013)

C’est la démarche que Calédonie Ensemble propose pour la sortie de l’accord : celle d’un référendum « de projet », aboutissant à un choix d’avenir apaisé. Une sortie au cours de laquelle nous porterons notre ambition pour notre pays : celui d’une Nouvelle-Calédonie émancipée et solidaire, affirmant son identité particulière au sein de la République.

Sur le nickel, vous prônez une participation plus forte de la Nouvelle-Calédonie, et certains y voient un rapprochement avec les indépendantistes.

La maîtrise de l’exploitation du nickel représente un enjeu stratégique évident pour le pays, puisque c’est sa principale richesse et qu’elle n’est pas renouvelable. Dès lors, on ne peut laisser des sociétés multinationales imposer leur loi et prendre seules des décisions qui impactent directement notre développement économique, nos emplois, notre environnement et l’avenir de nos enfants. C’est pour cette raison que j’ai toujours affirmé que la Nouvelle-Calédonie devait devenir actionnaire majoritaire de la SLN et que j’ai toujours soutenu les 51% dans l’usine du Nord. Nous avons intérêt à conquérir notre « souveraineté économique ». Elle conditionne la maitrise de notre destin. Et cette souveraineté-là n’est pas incompatible avec notre appartenance à la République.

gIMG_6337

« Notre ambition pour notre pays  c’est de construire une Nouvelle-Calédonie émancipée et solidaire, affirmant son identité particulière au sein de la République » (DNC, 29/11/2013)

À voir aussi :

Tournée des tribus à Yaté, samedi 22 septembre 2018

Le 4 novembre prochain, nous devrons répondre par « OUI » ou par « NON » à la question : «…