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NOUVELLE-CALÉDONIE : AYRAULT CLARIFIE LA RÉVISION DES LISTES ÉLECTORALES

Ayrault

Le premier ministre Jean-Marc Ayrault a expliqué, mardi 25 février à l’Assemblée nationale, les « principes clairs » qui devront guider la révision des listes électorales de Nouvelle-Calédonie pour les élections provinciales de mai, cruciales pour l’avenir institutionnel de l’archipel.

Les nouveaux élus composeront en effet le Congrès calédonien, qui aura la charge d’organiser le référendum d’autodétermination lors de son mandat (2014-2018). La composition du corps électoral, qui fait l’objet d’interprétations divergentes entre partis indépendantistes et loyalistes, a ravivé des tensions ces derniers jours.

« La révision des listes électorales spéciales, qui débutera lundi prochain, est dans cette perspective particulièrement importante », a affirmé le premier ministre, répondant à une question de la députée UDI Sonia Lagarde. « Sur la question du corps électoral restreint, vous pouvez avoir l’assurance que le Haut Commissaire de la République (…) œuvrera pour une application des règles de révision des listes strictement conforme à l’intention des signataires de l’accord de Nouméa » de 1998, a déclaré M. Ayrault.

LE HAUT-COMMISSAIRE « A MA TOTALE CONFIANCE »

Le premier ministre a rappelé que le Haut-Commissaire, Jean-Jacques Brot, « représente l’ensemble du gouvernement » et « a ma totale confiance », une manière de mettre fin aux rumeurs qui courraient à Nouméa sur un possible débarquement du haut fonctionnaire, connu pour son franc parler.

« Ainsi, doivent être électeurs aux élections provinciales toutes les personnes majeures installées en Nouvelle-Calédonie le 8 novembre 1998 au plus tard, après avoir satisfait à la condition de dix ans de domicile, ainsi que leurs descendants atteignant par la suite la majorité », a déclaré M. Ayrault.

« L’examen de la condition d’installation en Nouvelle-Calédonie en 1998 devra être conduit avec un soin particulier, sur la base de la consultation de la liste électorale générale de 1998 ou de tout élément établissant cette installation », a-t-il ajouté. « Ces principes sont donc clairs. Ce sont ceux que le gouvernement entend faire prévaloir avec toute la sérénité et la pédagogie nécessaires », a insisté le premier ministre.

« LES ÉQUILIBRES SONT FRAGILES »

Priant chacun des protagonistes à « peser ses mots », M. Ayrault a aussi demandé à ce que les « divergences qui peuvent apparaître restent dans le cadre du dialogue que l’ensemble des partenaires de accords de Matignon et de Nouméa ont su préserver et fortifier depuis 1988 ». « J’ai confiance dans cet esprit de responsabilité et de respect les uns des autres qui fera que la Nouvelle-Calédonie, quel que soit son choix, pourra préserver dans la paix et la cohésion son propre destin », a conclut le premier ministre.

La députée Sonia Lagarde s’est dite « très satisfaite » de la réponse de M. Ayrault. L’interprétation retenue pour le corps électoral correspond au dernier arrêt en date de la Cour de cassation (en décembre 2013) et permettra « un corps électoral qui représente les différentes composantes » de la société calédonienne, s’est-elle réjouie. « Déjà que la loi exclut 20 000 personnes par le gel du corps électoral [voté en 2007], il ne fallait pas faire de surenchère », a-t-elle estimé, rappelant qu’en Nouvelle-Calédonie « les équilibres sont fragiles ».

La Nouvelle-Calédonie avait connu dans les années 80 des troubles qui avaient culminé avec des affrontements violents et une prise d’otages sur l’île d’Ouvéa. Son issue sanglante avait débouché sur des accords politiques et un rééquilibrage en faveur de la population autochtone kanak.

Source : Le Monde.fr

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