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NOUAR / WAMYTAN : LE PAS DE DEUX

Wamytan

(24 février 2014)

Ma chère Elizabeth,

J’ai beau vous écouter chaque semaine, j’ai de plus en plus souvent du mal à vous comprendre. Je me perds dans le dédale de vos retournements et dans le labyrinthe de vos circonvolutions verbales. Aussi, puisqu’à vous suivre mon sens de l’orientation me fait défaut, j’ai choisi comme fil d’Ariane vos propres déclarations afin de m’y retrouver. Le moins que l’on puisse si dire est que ce n’est pas chose aisée.

Sur l’affaire des radiations des listes électorales, vous nous parlez donc aujourd’hui de responsabilité. Et si j’ai bien tout compris, c’est Monsieur Roch Wamytan qui porte celle de voir des « milliers d’électeurs radiés des listes » et c’est Monsieur Frogier qui le combat vaillamment tel Godefroy de Bouillon face aux Sarrasins. Selon vous, le grand chef de St-Louis a ignominieusement « occupé le terrain de Nouméa à New-York » grâce à sa casquette de président du congrès pour convaincre la terre entière qu’il fallait que 6700 personnes, qui à fortiori ne l’aiment pas beaucoup, soient dans l’incapacité de le lui faire savoir lors des prochaines élections. Si j’en juge par vos propos de ce matin, vous pensez que ce n’est pas bien et je partage naturellement ce point de vue.

Cependant, vous nous disiez justement le contraire le 13 aout dernier. Avec la flamme de l’assurance qu’on vous connait, vous déclariez : « Rock Wamytan témoigne, lui aussi, de l’évolution de la réflexion indépendantiste ! ». Emportée par votre élan, vous rajoutiez même que les leaders du FLNKS, dont Monsieur Wamytan, avaient désormais « dépassés de loin les slogans tapageurs et provocateurs auxquels nous ont trop souvent habitué les responsables des partis indépendantistes » Alors, je ne sais pas si les demandes de radiation de milliers d’électeurs calédoniens sont pour vous perçues comme des attitudes « provocatrices », parce que pour beaucoup d’entre nous c’est effectivement le cas. Mais j’admire – encore une fois – votre retournement de veste sur le sujet.

Là où pareillement je ne vous suis plus, c’est lorsque vous évoquez le climat actuel qui rend « impossible toute discussion ». Car le 3 janvier 2012, après une séance du congrès présidée par le même Wamy vous vous félicitiez pourtant béatement de « la large majorité qui se dégage au sein du Congrès de la Nouvelle-Calédonie et le discours apaisé qui y prévaut, entre indépendantistes et partisans du maintien dans la France ». Quelques mois de Wamytan plus tard, pour ce qui est de l’apaisement, les Calédoniens peuvent repasser. De même, le lundi 9 janvier, votre voix mélodieuse (sic) nous expliquait qu’en « travaillant ensemble le Rassemblement, l’Avenir ensemble, l’UC et le Parti travailliste donnent l’impression d’avoir dépassé les clivages entre indépendantistes et partisans du maintien dans la France » A l’aune des évènements présents, je me demande si nous vivons vraiment sur la même planète. Mais peut-être le pensez-vous toujours ? Elizabeth, je suis perdue dans votre labyrinthe et vous me faites tourner la tête.

Faut-il croire que face à la déliquescence du discours de votre ami Frogier, vous préférez l’attaque à la défense ? Ce Pierre Frogier qui, en avril 2011, devant un Jean-François Copé conciliant et un Yanno dodelinant de la tête déclarait lors du meeting du R-UMP « Nous avons porté Roch Wamytan, chef de groupe du FLNKS, à la présidence du Congrès de la Nouvelle-Calédonie. C’est un choix délibéré. C’est le fruit d’une longue réflexion. Et il a permis de créer, entre les partenaires de l’Accord de Nouméa, une vraie proximité dans la manière d’aborder les choses et d’envisager l’avenir »

S’il vous plait. Expliquez-moi. Où en est donc cette proximité ? Quelle est cette manière « apaisée » d’aborder les choses ? Où en est aujourd’hui le dialogue dépassant les clivages dont vous vous gaussiez lorsque des milliers de nos compatriotes risquent d’être exclus de leur droit d’expression démocratique par celui que vous avez encensé ? Et pour faire court : si on combat un adversaire politique, pourquoi voter pour lui ? Et encore plus court : si on fait élire un adversaire politique, pourquoi le combattre après ? Il y a quelque chose de profondément incompréhensible dans les incohérences de la stratégie frogierienne que vous défendez jour après jour tel un minotaure acariâtre et tonitruant.

Mon incapacité à vous comprendre – mais je n’ose y croire – s’explique peut-être un peu par la « conséquence de l’inconséquence » que vous reprochez désormais à votre ancien chouchou de l’Union Calédonienne. Car lui aussi a l’art de la posture. La posture de l’indépendantiste pur et dur. Son pendant, son alter ego, son partenaire de tango c’est vous et Monsieur Frogier. Drapés que vous êtes à la veille des élections dans la posture du loyaliste pur et dur. L’un avance, l’autre recule. R-UMP et UC. Le pas de danse est rythmé, il dure depuis quatre ans maintenant. Mais j’ai l’honneur de croire que les Calédoniens en ont ras la casquette d’assister à ce spectacle et que bientôt, ils se passeront de cette chorégraphie bien huilée. Il ne vous restera alors qu’à chanter la même mélodie. Celle que – sans doute – j’entendrai encore dans quelques jours durant votre couplet hebdomadaire.

A la semaine prochaine !

madame montravelMadame Montravel

Source : Caledosphere

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