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« J’AI TOUJOURS MENÉ MON COMBAT À LA LOYAL »

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(Nouméa, 19 mars 2014) – Sonia Lagarde était l’invitée de la matinale de RRB cette semaine. Réagissant aux dernières déclarations de ces adversaires, la candidate à la mairie de Nouméa a ironisé sur les rapprochements qui s’opèrent d’ores et déjà entre les deux candidats sortants de la majorité municipale.

Une occasion également de défendre son programme pour changer Nouméa et de présenter aux Nouméens la liste « Avec nous, ça va changer  » :

« Je suis de plus en plus convaincue que les Nouméens ont véritablement envie de changement. Mais, ils n’ont pas envie qu’on leur fasse des promesses, ou alors que des gens soient dans la compromission »

La députée affirme qu’elle ira jusqu’au « bout du bout pour convaincre les Nouméens » de lui faire confiance afin de faire changer Nouméa, une ville aux mains du même mouvement politique depuis plus de 60 ans…

Ci-dessous, le podcast de Sonia Lagarde de ce mercredi 19 mars sur RRB :

Retrouvez la retranscription intégrale de cette émission :

Journaliste : Sonia Lagarde, bonjour.

Sonia Lagarde : Bonjour.

Journaliste : Merci d’avoir accepté notre invitation. Plus que quatre jours avant le premier tour de l’élection municipale, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Sonia Lagarde : Je vais parfaitement bien et je constate, chaque jour et chaque soir, en réunion, que les Nouméens ont une véritable volonté de changer. Et donc, je fais confiance aux Nouméens pour me suivre les 23 et 30 mars prochain.

Journaliste : Justement, quel est le point essentiel de votre programme ?

Sonia Lagarde : Ce programme, je le rappelle, il se décline sur quatre axes. Il se décline d’abord sur la sécurité, parce que pour changer, Nouméa a besoin de sécurité, Nouméa a besoin de démocratie, Nouméa a besoin de justice et de solidarité, et enfin, Nouméa a besoin d’une vision ambitieuse de l’avenir. C’est un programme qui est basé sur la proximité avec les Nouméens. Ça veut dire que, moi, je peux pas concevoir de construire une ville…, j’ai envie de construire une ville intelligente et pour construire cette ville intelligente, il faut fédérer les énergies et les initiatives. Et il faut mettre les Nouméens au cœur de ce programme, c’est ce que j’ai toujours fait. Et un maire…, je considère que le rôle premier du maire doit être un maire qui doit être proche de ses administrés. Et donc, dans ce programme, on est en plein quand on parle de démocratie, quand on parle de justice, de solidarité et quand on parle d’une vision ambitieuse de l’avenir. On s’adresse absolument à tout le monde. On s’adresse aux séniors, on s’adresse aux jeunes et en prônant cette démocratie locale. C’est un programme qui est au cœur même des Nouméens. Ils sont les éléments essentiels de ce programme. On ne pourra pas réussir si on n’installe pas tout ça dans la ville.

Journaliste : Et quand on tend votre programme et ceux de vos concurrents, on a l’impression que vous dites tous un peu la même chose. Qu’est-ce qui vous distingue des autres ?

Sonia Lagarde : Non, je ne crois pas qu’on puisse dire exactement la même chose. Je vois aujourd’hui surgir, alors qu’on est dans la dernière ligne droite, des candidats, et un, hier matin, qui disait qu’il mettait les Nouméens au cœur de Nouméa. Enfin, attendez, cette proximité que moi je peux avoir avec les Nouméens et avec les gens en général, depuis des années maintenant, je ne l’ai pas inventée, c’est pas sorti du chapeau. Or, aujourd’hui, on nous sort des éléments avec des belles phrases qui d’un seul coup, surgissent en fin de campagne. Je vois pas où est véritablement cette proximité, sauf à raconter des bêtises, mais enfin, personne n’est dupe. Donc, la proximité, c’est ça, c’est construire une ville, une seule et même ville, une ville unie, quel que soit le quartier où vous habitez. Pourquoi j’ai mis ça au cœur de mon programme ? Parce que ça dépasse le combat municipal. Le combat municipal, c’est les choses de la cité, c’est comment on gère une ville, etc. Moi, je vais beaucoup plus loin et j’interfère même sur le domaine politique dans cette élection, parce que je sais que Nouméa est une ville de 100 mille habitants et qu’il faut faire en sorte d’amener une véritable qualité de vie. Comment on fait pour que les habitants de Nouméa, quel que soit le quartier où ils habitent soient heureux, soient fiers de rentrer dans leur quartier et s’y sentent bien ? Cette ville de 100 mille habitants, si jamais on met pas ça en place, on peut avoir des problèmes demain. Et donc, ce fameux destin partagé, dont tout le monde parle aujourd’hui, il commence par Nouméa, et moi je mets ça au cœur de mon programme.

Journaliste : Et justement, on a l’impression que le débat purement politique a été complètement absent de cette campagne municipale. C’est volontaire d’avoir évacué les thèmes purement politiques ?

Sonia Lagarde : Alors, écoutez, moi, je n’ai pas interféré dans la campagne des autres et je ne sais pas véritablement ce que disent les uns et les autres dans leur campagne, parce que je crois que tout le monde a été réaliste dans le sens où, c’est vrai que la politique politicienne…, sauf à ne pas être allé dans les réunions des uns et des autres, donc, là, je ne pourrais pas vous donner cette réponse, mais globalement, sur tous les instants médiatiques qu’on a pu avoir, c’est vrai que la politique politicienne n’a jamais pris le dessus. Moi, je vais plus loin que ça, en disant, et je vous le répète, qu’il faut construire cette ville pour tout le monde, parce que c’est le cœur même, c’est la capitale, et qu’il y a une très grosse concentration, il y a 100 mille habitants. Et un maire se doit de répondre chaque jour au bien-être de ses administrés. Donc, là, ça va beaucoup plus loin et c’est essayer de faire en sorte que les gens soient heureux. Si les gens sont heureux chacun dans leur quartier, on aura la paix, et ça, ça me paraît tout à fait essentiel.

Journaliste : Vous avez fait de la sécurité, comme vos concurrents, l’une de vos priorités, est-ce que les propositions que vous faites dans ce domaine sont suffisamment convaincantes ?

Sonia Lagarde : Ce que je voudrais dire, c’est que ce programme est tout à fait réaliste. Il y a rien de pharaonique, il y a rien d’utopique, il y a pas un déplacement d’aérodrome à 10 milliards, il y a pas un quai Ferry à 40 milliards sur 30 ans. En termes de sécurité, c’est, tout simplement retrouver une présence policière sur le terrain. Je rappelle quand même, ici, et c’est important, que 150 agents à la police municipale, et vous n’en avez que 10 par jour, sur le terrain, et cette police, elle coûte un milliard. Donc, il faut redéfinir les missions et le rôle de chacun, il faut absolument retrouver cette police municipale qui soit sur le terrain, dans les quartiers, dans les rues pour, dès qu’il y a un problème, qu’ils soient là. Ensuite, je parle de travailler en commun avec la police nationale. C’est quand même pas compliqué de dire ça. Ensuite, qu’est-ce qu’on dit ? On dit, il faut un centre éducatif fermé, parce que les jeunes mineurs qu’on attrape sont souvent dans la rue. Eh bien non, il faut les…, cette condamnation, c’est quatre mois, et on essaye de les remettre sur le droit chemin. Et s’il y a de la récidive, eh bien, on les remet. Mais, voilà, ce sont des choses tout à fait réalisables, c’est concret, il y a rien d’utopique. Quand je parle de plan Marshal, quand je parle d’observatoire de la délinquance, c’est pas une vue de l’esprit, tout ça, ça a été pensé, ça a été dûment réfléchi et c’est tout à fait réalisable. Voilà, moi, je suis dans le concret, je suis dans le réaliste. Je suis pas dans les promesses, je suis pas dans l’utopie.

Journaliste : Parlons un peu de votre liste, de vos colistiers, qu’est-ce qu’ils ont de mieux, de plus, que ceux de vos concurrents ?

Sonia Lagarde : Ils sont très bien. D’abord, c’est une liste et c’est une équipe qui est solide et unie. Et je suis allée chercher des compétences dans tous les domaines. Des compétences en termes d’environnement, des compétences en termes d’urbanisme. Il y a des ingénieurs, il y a des architectes, il y a des artistes, il y a des sportifs, il y a des fonctionnaires. Il y a des gens qui sont le reflet parfait de la société civile, avec beaucoup de compétences. J’ai pas fait cette liste, j’ai pas fait une équipe, il y a des gens du monde économique…, j’ai pas fait une liste comme ça, juste pour faire une liste. Parce qu’il faut être sérieux quand on se présente devant les électeurs. Donc, cette liste, pour moi, elle est la conjugaison de compétences et de talents.

Journaliste : Mais pas beaucoup d’expérience dans la gestion d’une collectivité, ou d’une municipalité parmi vos colistiers.

Sonia Lagarde : Alors, écoutez, moi, ça fait 12 ans que je suis conseillère municipale, qu’est-ce qu’on vient me raconter de compétences ? Vous pensez que je ne sais pas comment fonctionne une commune, au bout de 12 ans d’opposition et 12 ans de combat, avec quelques colistiers qui ont fait ce parcours avec moi ? Enfin, il faut arrêter, il faut être sérieux.

Journaliste : Il y a six listes en présence, à Nouméa, l’élection se fera forcément en deux tours, avec qui est-ce que vous pourriez faire alliance au second tour et est-ce que vous l’avez déjà envisagé ?

Sonia Lagarde : Moi, je n’ai absolument rien envisagé parce que je ne tire pas de plan sur la comète dans ce sens. J’ai entendu, hier matin, un concurrent qui disait qu’il fallait absolument que les deux listes de la majorité municipale puissent s’entendre. Écoutez, moi, franchement, je ne fais pas dans la compromission, parce que quand j’entends ça, j’ai quand même les cheveux qui se dressent sur la tête. Pourquoi ? Parce que ça a été des amis, pas véritablement, tout le monde le sait, c’est un secret de Polichinelle. Ils sont devenus ennemis, ils se sont divisés, il y en a un qui tente de rassembler, etc., et qu’est-ce qui se passe aujourd’hui, ou qu’est-ce qui se passera demain ? Tout ce petit monde va s’embrasser sur la bouche ? Il faut être sérieux quand on va devant les électeurs. Et moi, je ne suis pas dans la compromission ! Donc, je refuse, aujourd’hui, de répondre à cette question, parce qu’il y a…, d’abord, il faut franchir des étapes, c’est celle du 23 mars. On verra bien, le soir du 23 mars, à qui les Calédoniens, les Nouméens en particulier, font confiance. Mais, moi, j’ai toujours mené mon combat à la loyale, j’ai jamais fait 36 partis politiques, j’ai jamais divisé et puis j’ai jamais tenté de rassembler après, les Nouméens le savent parfaitement, et moi, je vous donne rendez-vous le 23, et on verra. Et je suis de plus en plus convaincue que les Nouméens ont véritablement envie de changement. Mais, ils ont pas envie qu’on leur fasse des promesses, ou alors que des gens soient dans la compromission. Pourquoi, c’est quoi le socle, quel pourrait être le socle de cette alliance demain ? Alors qu’on sait que c’est la mésentente totale. On est en plein dans la compromission, c’est juste pour avoir un fauteuil de maire. Eh bien, moi, c’est pas ma tasse de thé ce genre de chose.

Journaliste : Vous avez dit que si vous étiez élue maire, vous démissionneriez de votre mandat de députée, vous confirmez toujours ?

Sonia Lagarde : Mais absolument. Il me semble avoir été suffisamment claire lors du débat télévisé, donc, je n’ai rien à dire de plus là-dessus, je crois que les Nouméens l’ont parfaitement compris. Et c’est un acte de courage de faire ça, parce que d’autres l’ont été et ne l’ont jamais fait, ils ont bien cumulé les mandats.

Journaliste : Au prix d’une nouvelle élection législative pour les Nouméens ?

Sonia Lagarde : Ben, évidemment qu’il y en aura une.

Journaliste : D’ici dimanche, qu’est-ce que vous allez faire, quels vont être vos derniers rendez-vous de campagne ?

Sonia Lagarde : Moi, je suis sur le terrain depuis longtemps. Les vacances scolaires en début d’année, il n’y a pas eu de pause…

Journaliste : Certains vous reprochent de faire du bruit dans les rues de Nouméa.

Sonia Lagarde : Oh, écoutez, franchement, ils ont peut-être d’autres choses à faire que de se pencher sur ce problème. C’est pas la première fois que je me présente à une élection. En 2001, on avait un camion qui distillait des messages, parce que c’est comme ça, ça dure quelques jours. En 2008, c’était pareil, en 2012, c’était pareil, alors qu’est-ce qu’on vient me reprocher aujourd’hui ? C’est sans doute ceux qui n’y ont pas pensé, qui aujourd’hui se disent, tiens, on a raté le coche et on aurait peut-être pu faire la même chose, mais c’est trop tard, il y en a une qui avait eu l’idée avant, voilà. Donc, moi, je fais encore du terrain, je fais un grand meeting de fin de premier tour à la salle Vénézia, à 18 h, jeudi soir, et donc, j’invite tous les Nouméens à venir me rejoindre et à venir me soutenir et à m’écouter, ainsi que mon équipe, et puis je continuerai jusqu’au bout du bout à faire du terrain, parce que vous savez, il y en a qui disent qu’ils ont fait une pause pendant les vacances scolaires. Moi, j’étais sur le terrain pendant les vacances scolaires, j’ai pas pris de vacances. J’étais là tout le temps et une élection, ça se gagne jusqu’au bout du bout, donc, j’irai jusqu’au bout du bout pour convaincre les Nouméens de me faire confiance, mais je sais qu’ils le feront.

Journaliste : Sonia Lagarde, merci.

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