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LA VICTOIRE EST À PORTÉE DE MAIN

Sonia RRB

(Nouméa, 27 mars 2014) – « La victoire est à portée de main, j’ai fait confiance aux Nouméens au 1er tour et je leur fait confiance pour le second tour » C’est par ces mots que la candidate à la tête de la liste « Avec nous, ça va changer » a commencé son entretien radiophonique sur RRB hier. Pour la députée de la première circonscription, son score qui la place en tête du 1er tour est la récompense d’un parcours municipal, de son combat pour Nouméa et de la loyauté dont elle a toujours fait preuve dans ses convictions.

Revenant sur le « mariage » du Rassemblement-UMP et de l’UCF dans l’entre-deux tours, Sonia Lagarde explique « Les Nouméens ne comprennent pas bien : ceux qui ont voté pour Gaël Yanno se voient aujourd’hui contraint de voter pour Gaby Briault alors qu’on sait que les deux hommes se détestent cordialement » Pour elle, les deux candidats sortants « ne se sont alliés que pour avoir des postes », or, selon la chef de l’opposition à la mairie « les alliances ça doit reposer sur des convictions et sur des valeurs sinon au premier coup d’ouest ça disparait »

A ce sujet, Sonia Lagarde évoque ainsi sa conception de la politique : « J’ai toujours tenu mon rôle d’opposante, mais cette opposition elle n’a jamais été stérile. Et la différence, énorme, qu’il y a eu dans mon combat c’est que moi j’ai toujours combattu face-à-face Jean Lèques, à la loyale. Moi je ne l’ai jamais poignardé dans le dos, contrairement à d’autres »

S’agissant des alliances mises en place entre les deux candidats arrivés second et troisième du scrutin du 23 mars, la députée ajoute : « La question à se poser c’est de savoir jusqu’où ira cette fusion-absorption ? Quand j’entends Virginie Ruffenach dire hier que « nous on a toujours prôné l’unité parce qu’il y a la perspective des provinciales » et d’ailleurs Gaël Yanno n’a pas répondu à cette question, moi j’aimerai bien savoir : jusqu’où va aller cette fusion, est-ce qu’elle va aller jusqu’aux provinciales ? »

Enfin, Sonia Lagarde appelle les Nouméens et les Nouméennes à se mobiliser dimanche 30 mars car « la victoire est possible, on peut changer Nouméa tous ensemble »

Retrouvez le podcast de son entretien en cliquant ici :

Retrouvez la retranscription intégrale de cette émission ci-dessous :


Retranscription « mot à mot » RRB 27 MARS 2014 MAT – LAGARDE

 

 

Journaliste : Sonia Lagarde, bonjour.

Sonia Lagarde : Bonjour.

Journaliste : Vous conduisez la liste de Calédonie ensemble intitulée « Avec nous, ça va changer à Nouméa ». Vous êtes arrivée en tête du 1er tour, est-ce que vous avez le sentiment aujourd’hui d’être la favorite ?

Sonia Lagarde : Absolument, et moi, je suis d’une nature très optimiste. Oui, la victoire est à portée de main. J’ai fait confiance aux Nouméens au 1er tour, et je leur fais confiance au 2e tour.

Journaliste : Vous avez tout de même été étonnée d’arriver en tête au 1er tour de ces municipales ?

Sonia Lagarde : Non, pas du tout. J’ai pas du tout les chevilles qui enflent en disant ça, mais je crois que les Nouméens ont compris…, d’abord, mon programme les a séduits, et en plus, c’est la récompense d’un parcours, depuis un certain nombre d’années, en particulier au conseil municipal, à faire valoir des propositions, et c’est sans doute mon parcours, et c’est pas sans doute, je pense que c’est mon parcours politique, mon combat, mes convictions, un parcours droit et loyal, sans jamais avoir divagué, partie à droite, à gauche, revenue, etc., comme le triste spectacle auquel on assiste aujourd’hui. Je pense que les Calédoniens ont voulu me remercier pour ma loyauté et pour ma sincérité.

Journaliste : Vous avez, en face de vous, une liste conduite par Gaël Yanno, qui est une liste de fusion, puisqu’il a fusionné avec celle de Gaby Briault. Vous auriez préféré une triangulaire, vous auriez préféré que chacun se maintienne ?

Sonia Lagarde : Une triangulaire, dès le départ, il aurait été évident, d’après les fins calculs de certains, que ça m’aurait été plus favorable. Je reste optimiste sur cette fusion, parce que les Nouméens aujourd’hui ne comprennent pas bien. Ceux qui ont voté pour Gaël Yanno se retrouvent aujourd’hui à voter aussi pour Gaby Briault. Quand on sait que les deux hommes se détestent profondément, quand on sait, pour avoir été au sein du conseil municipal et avoir vu cette scission arriver, ce putsch qui a été organisé par Gaël Yanno, eh bien, on peut se demander aujourd’hui ce que font ces deux-là sur une liste, sinon que pour avoir des postes avec, en toile de fond, faire barrage systématiquement et faire tout pour empêcher Sonia Lagarde de gagner cette élection. On parle beaucoup du maire,  j’ai entendu, hier soir, dans le débat télé, Gaël Yanno qui se revendiquait d’avoir le soutien du maire. Moi, je ne peux pas faire de la politique comme ça, je refuse, parce qu’on est dans la mauvaise foi. Il s’agit, là, d’une mascarade épouvantable, parce que Jean Lèques, d’abord, n’était pas là le jour où ils se sont mariés, c’est-à-dire il y a deux jours. Ils se sont « remariés », et Jean Lèques n’a jamais soutenu, et vous le savez bien, Jean Lèques qui a vécu les pires moments et qui a tout fait pour maintenir son conseil municipal et à faire en sorte que les choses continuent d’avancer dans sa mairie, ça a été extrêmement difficile pour lui, il l’a dit d’ailleurs plusieurs fois. Il a ressenti une profonde tristesse devant cette division, et aujourd’hui, on vient dire, Yanno vient dire qu’il a le soutien de Jean Lèques. Mais Jean Lèques a été piégé dans cette affaire, parce que Gaël Yanno n’a jamais eu le soutien de Jean Lèques. Jean Lèques a soutenu Gaby Briault. Mais quand on sait les inimitiés très fortes entre les deux hommes, entre Jean Lèques et Gaël Yanno, et quand on voit aussi les inimitiés entre Yanno et Briault, on peut se demander pourquoi on a cité autant de fois Jean Lèques. Moi, je suis scandalisée par ça.

Journaliste : Certains aussi s’étonnaient de vous entendre prendre la défense de Jean Lèques, alors que vous avez été une opposante résolue, et vous avez eu des…, pendant certaines mandatures, le climat entre vous a été extrêmement violent également !

Sonia Lagarde : Moi, j’ai toujours tenu mon rôle d’opposante. Et s’opposer, dans un conseil municipal, quand on est dans l’opposition, ça me semble tout à fait normal. Mais cette opposition, elle n’a jamais été stérile. Et la différence énorme qu’il y a eu dans ce combat, c’est que moi, j’ai toujours combattu, face à face, Jean Lèques, à la loyale. Et moi, je ne l’ai jamais poignardé dans le dos, contrairement à d’autres. Et ça, le maire le sait parfaitement.

Journaliste : Mais enfin, sur le principe, des fusions de listes, c’est quelque chose de normal dans ce scrutin municipal, on en voit beaucoup en Calédonie, on en voit beaucoup en métropole, c’est pas choquant sur le principe que des listes essayent de fusionner. Elles sont forcément pas d’accord puisqu’elles ont été concurrentes pendant un temps, mais c’est la logique politique qui veut ça ?

Sonia Lagarde : Peut-être que ça découle d’une logique politique, mais ça ne relève plus, je le disais, de la mascarade, parce que les deux hommes se détestent, enfin, tout le monde sait en mairie aujourd’hui ! Allez, on va cancaner, on va dire quoi ? Les hommes en sont venus aux mains, il y a pas tellement longtemps, c’est le maire qui les a séparés par deux fois ! Aujourd’hui, ils font copain, copain, juste pour avoir un poste d’adjoint ? C’est ça la finalité pour Gaby Briault, avoir un poste d’adjoint ? D’ailleurs, quand on voit la négociation, excusez-moi, mais je pense qu’il s’est peut-être fait un peu rouler dans la farine, quand même. En tout cas, dans cette affaire, ce seront les électeurs qui vont décider, ce sont les Nouméens. Accepteront-ils cette fusion absorption, et jusqu’où ? La question essentielle, et de se poser, cette question de se dire, jusqu’où ira cette fusion absorption ? Est-ce qu’elle est juste le fait des municipales ou est-ce que ça ira plus loin ? Quand j’entends Virginie Ruffenach, hier, dire, nous, on a toujours prôné l’unité, parce qu’il y a la perspective des provinciales, il va bien falloir, et d’ailleurs Gaël Yanno, hier soir, n’a pas répondu à cette question. Moi, j’aimerais bien savoir jusqu’où va aller cette fusion. Est-ce qu’elle va aller jusqu’aux provinciales ?

Journaliste : Cette volonté d’union des non-indépendantistes, qui est mise en avant, aussi bien par Gaël Yanno, que par Jean-Claude Briault, vous n’y êtes pas sensible, vous ? Vous avez l’impression qu’il n’y a pas cette volonté des électeurs non-indépendantistes de voir les partis qui sont divisés à l’extrême se retrouver un petit peu et faire l’union ?

Sonia Lagarde : Quand on fait des alliances, comme ça, il faut qu’elles reposent sur un socle extrêmement solide, c’est exactement comme une maison. Si les fondations ne sont pas bonnes, elle partira au premier coup d’Ouest. Or, là, ça n’est juste que pour des postes, c’est tout. On ne peut pas concevoir que les bases soient solides, c’est juste une affaire de mariage, juste pour des postes, c’est ça. Or, quand on fait alliance avec d’autres, et que, quand les Calédoniens aujourd’hui, et je les comprends, veulent absolument que les loyalistes soient ensemble, mais il faut que ça repose sur des fondements politiques, et avec des convergences de point de vue, avec des convictions qui sont fortes. Or là, elles sont où, les convictions ? Il n’y en a pas !

Journaliste : À l’inverse, on a le sentiment que Calédonie ensemble ne veut jamais s’allier avec personne et pense que, tout seul, il est assez fort et qu’il n’a besoin de personne.

Sonia Lagarde : Non, mais attendez, il faudrait rappeler un certain nombre de choses. Pourquoi Calédonie ensemble dit ça, aujourd’hui ? Il y a quand même un certain nombre d’éléments qui se sont passés ces dernières années, sur lesquels on n’était pas d’accord. Ça a été…, on ne va pas refaire l’histoire ici, on n’est pas là pour ça, on est dans les municipales. Mais permettez-moi quand même que je puisse rappeler un certain nombre d’éléments. Ça a été l’affaire du drapeau, et c’est bien Yanno qui l’a hissé. Il y a eu la coalition, il y a eu la mise en place, en 2011, de Wamytan et la coalition avec le Parti travailliste. Est-ce que ce sont des choses qu’on doit accepter demain, est-ce qu’on doit se mettre à plat ventre en acceptant tout ça, en faisant fi de tout ça ? Nous, on a des convictions, permettez-moi de pouvoir vous dire que ça repose sur autre chose. Et ces fondements-même qui nous animent et l’engagement qu’on a pris, en tout cas le mien, mais celui de tous les militants et des dirigeants de Calédonie ensemble, ne vont pas du tout dans ce sens-là.

Journaliste : On a eu le sentiment que Philippe Gomès était assez absent de votre campagne, c’est une volonté de sa part ou de la vôtre ?

Sonia Lagarde : Non, les choses ont été fixées dès le départ. Calédonie ensemble est parti dans toutes les communes du territoire, et Philippe Gomès, en tant que président de ce parti, ne pouvait pas être sur tous les fronts. Il m’a fait entièrement confiance sur Nouméa, il savait que je mènerai cette campagne, ça fait la 3e, je vous le rappelle, et que la confiance était là, il n’avait pas besoin d’être derrière moi à chaque instant.

 

Journaliste : Le soutien de Marie-Claude Tjibaou, c’est quelque chose qui vous fait plaisir ?

Sonia Lagarde : Alors, écoutez, d’abord…

Journaliste : Il y a une polémique autour de tout ça.

Sonia Lagarde : Mais, oui, il y a une polémique autour de tout ça.

Journaliste : Est-ce que vous la comprenez ?

Sonia Lagarde : Non, je ne la comprends pas. Parce que, quand on se présente dans une élection et que vous ne demandez rien et que vous avez des gens, spontanément, qui viennent vous amener vos voix, il faut savoir les accepter. Qu’est-ce qui se passe derrière cette affaire, et j’ai eu l’occasion déjà de le dire ? Moi, je trouve quand même formidable qu’une femme, qui s’appelle Marie-Claude Tjibaou, avec le parcours qu’elle a eu, avec les tragédies, avec les réconciliations, ait lu mon programme et trouve que dans ce programme, il y a de bonnes choses pour….

Journaliste : Vous savez que c’est pas la personnalité de Marie-Claude Tjibaou qui est mise en cause, c’est plutôt sa liste composée avec le Palika et le Parti socialiste.

Sonia Lagarde : Mais non, mais attendez, c’est construire…, mais, qu’est-ce que vous avez fait, qu’est-ce qu’on fait, pas vous Elizabeth, mais qu’est-ce qu’ont fait les autres avec la coalition ? Alors qu’est-ce qu’on vient me reprocher aujourd’hui ? Mais, ça n’a pas de sens. On est en train de glisser sur un terrain que les Nouméens ne comprennent pas. Faut pas m’entraîner dans ce genre de chose. Est-ce que monsieur Yanno, par exemple, demain, est-ce qu’il va vérifier que chaque bulletin et chaque électeur, s’il a des voix indépendantistes, il va les refuser ? Enfin, bon, on n’est pas dans la cour de récréation, ces choses-là sont sérieuses. Moi, j’appelle à la mobilisation générale, à droite comme à gauche, et en particulier les abstentionnistes. Tous ceux qui se retrouvent dans mon programme et qui m’amènent des voix, je les prends, parce que je veux construire une ville pour tout le monde, et sans exclusive, et c’est ce que je disais hier. Moi, je ne ferais pas de différence. Si je vois quelqu’un qui a un problème au fin fond de Rivière Salée, ou de Tindu, je vais l’aider, si je suis maire demain, et en aucun cas, je vais lui demander pour qui il a voté. Alors, parce qu’il serait indépendantiste, ou parce qu’il serait socialiste, je refuserai de l’aider ? Moi, c’est pas ma conception pour gérer une ville.

Journaliste : Si vous êtes élue dimanche, ce sera quoi votre première action, quelle sera votre priorité ?

Sonia Lagarde : Alors, je pense qu’il y a d’abord des choses matérielles à organiser, bien évidemment, puisqu’il faudra mettre en place le conseil municipal de manière…, très vite, dans les cinq jours, donc, ça sera vendredi, et ensuite on va se mettre tout de suite au travail, en termes de sécurité. En termes de sécurité, je l’ai déjà dit, de façon à retrouver une présence policière beaucoup plus importante sur le terrain, pour répondre, de manière concrète, aux Nouméens, aujourd’hui, qui en ont ras-le-bol de cette insécurité. C’est de mettre en place cette démocratie qui me tient à cœur, c’est-à-dire de construire une ville avec tout le monde, en étant à l’écoute des Nouméens, ça me paraît un des points essentiels. Et puis, bien évidemment, la feuille de route, pendant six ans, c’est de répondre, de manière concrète, aux promesses qui ont été faites dans le programme. Et ma vision de la ville, elle sera concrétisée parce qu’un programme, c’est une feuille de route et il faut la respecter, on prend des engagements devant les électeurs.

Journaliste : La campagne se termine, votre dernier meeting, c’est ce soir, ou vous avez encore des rendez-vous jusqu’à dimanche ?

Sonia Lagarde : Oui, alors quelques espaces médiatiques encore, mais, deux meetings, effectivement ce soir, à la salle Lapérouse de l’hôtel Méridien, à 18 h, et puis un autre en quartier Nord, à Rivière Salée, qui sera vendredi soir à la petite salle de boxe de Rivière Salée, voilà.

 

Journaliste : Sonia Lagarde, merci.

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