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USINE DE GORO : LES MESURES QUE NOUS PRENDRONS

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Communiqué du jeudi 8 mai 2014

Une nouvelle fuite d’acide issue de l’usine de Goro a gravement affecté hier le creek de la baie Nord. En 5 ans, c’est le 7ème incident grave sur ce complexe industriel.

Déjà, au lendemain de la rupture du tuyau qui rejette en mer des effluents de l’usine, il y a seulement 5 mois, nous avions affirmé publiquement que cette accumulation d’incidents graves démontrait que l’industriel ne maîtrise pas son procédé de traitement.

Nous avions également dénoncé les signaux complaisants que la province avait envoyés à l’industriel ces dernières années : absence d’implication dans les contrôles, diminution des moyens de l’Oeil, arrêt du dispositif de concertation mis en place en 2004 (CICS), réduction drastique de la redevance demandée pour le tuyau en mer, refus de prendre des sanctions après les incidents graves déjà constatés… D’ailleurs, le 25 février dernier, ce sont des associations de protection de la nature, et non la province, qui ont fait condamner l’industriel pour la fuite d’acide qui avait déjà affecté le creek de la baie Nord en avril 2009.

L’incident grave qui a eu lieu hier confirme pleinement notre diagnostic.

En conséquence, si les Calédoniens nous replacent, le 11 mai, à la tête de la province, nous engagerons les cinq actions suivantes :

1. Nous demanderons immédiatement à l’industriel de réaliser un audit interne détaillant les causes de cet incident et analysant les enseignements à en tirer pour la sécurité sur l’ensemble de l’usine. L’usine ne pourra redémarrer que lorsque des réponses satisfaisantes auront été apportées à ces questions.

2. Nous engagerons, sous la responsabilité d’un expert de l’Etat, un audit en profondeur de la sécurité de l’usine. Rappelons que, de 2004 à 2009, nous avions déjà fait réaliser 3 expertises indépendantes avec le concours de l’Etat. Cet audit aura en particulier pour objet de comprendre pourquoi l’étude de dangers réalisée avant la délivrance de l’autorisation d’exploiter n’a pas anticipé sur les multiples accidents intervenus. Nous demanderons à l’industriel la mise à jour de cette étude de dangers, en la complétant à un niveau très détaillé.

3. Nous reprendrons le processus de concertation permanente avec les représentants des collectivités, des autorités coutumières, des populations riveraines et des associations de protection de la nature, qui avait cours sur la période 2004-2009 et qui a été abandonné depuis.

4. Nous garantirons une totale transparence sur toute la documentation ayant trait aux autorisations ICPE.

5. Nous réexaminerons la gouvernance de l’Oeil, qui est aujourd’hui totalement sous la coupe de la province, et nous renforcerons les moyens alloués à cet observatoire.

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