Accueil VIDÉOS Philippe Dunoyer sur RRB

Philippe Dunoyer sur RRB

Philippe Dunoyer RRB

 

Retrouvez ci-dessous, la retranscription du débat sur RRB avec Philippe Dunoyer, du vendredi 26 septembre 2014 :

Journaliste : Je salue Philippe Dunoyer pour Calédonie ensemble, qui a fait tout ce qu’il a pu pour arriver à temps dans nos studio, je l’en remercie.

Philippe Dunoyer : Bonjour !

Journaliste : Pour vous, ce comité des signataires est important, il va servir à quelque chose ?

Philippe Dunoyer : Oui, naturellement. On a effectivement toujo  urs dit que le comité des signataires, en ce qu’il est, c’est-à-dire une instance de dialogue régulière, est important. Est important, d’abord pour échanger sur nos accords et nos désaccord, et évidemment il y en a, mais il n’y a rien de pire que de ne pas se parler. Ça doit donc être, a fortiori à l’aube de cette dernière mandature, avec les enjeux notamment institutionnels qui nous attendent, un espace qui doit en ouvrir d’autres. C’est la raison pour laquelle on dit que l’enjeu principal de ce comité des signataires, c’est l’organisation du dialogue nécessaire, entre nous, en termes de méthode et de calendrier, et on voit aujourd’hui, on entend que les positionnements sont parfois un peu fermés. On peut le comprendre, mais il y a rien de pire que de ne pas se parler. Donc, le dialogue est absolument nécessaire. Il n’est pas organisé, aujourd’hui, on voit que la participation de certains est, dans son principe, validée tardivement, ce qui leur est tout à fait possible, mais nous, on veut pouvoir, à cette occasion-là, et dans les occasions qui suivront ensuite, dialoguer tous ensemble. C’était d’ailleurs, je le rappelle, dans le contrat de gouvernance solidaire, un des engagements mutuels des trois partenaires de l’accord qui se sont engagés à discuter avec indépendantistes et l’État, le plus rapidement possible.

Journaliste : Justement, la première question à l’ordre du jour, c’est l’avenir institutionnel. C’est vaste et on sait que personne n’est d’accord sur ce thème. Vous le voyez comment, les uns et les autres ?

Journaliste : Philippe Dunoyer, discuter, mais de quoi ?

Philippe Dunoyer : Discuter de l’avenir institutionnel. C’est très, très simple. Moi, ce qui me choque beaucoup, depuis le début, dans cette histoire-là, c’est qu’on sent des positions qui sont, chez certains, très fermées. On a tous des positions, des options, des voies, des propositions qui sont différentes. Si chacun considère que tant que c’est pas la sienne qui prospère, on peut pas discuter, alors là, pour le coup, c’est sûr qu’on aurait tous menti pendant la campagne, parce que je voudrais rappeler que pendant la campagne des dernières élections provinciales, tout le monde, indépendantistes et non-indépendantistes, a appelé au dialogue, absolument tout le monde, sans exception. Donc, si c’est pour sortir des élections, se renvoyer nos propositions en disant que la nôtre vaut plus que la tienne, et qu’on peut pas discuter avant, à ce moment-là, je comprends pas, sur le principe-même, pourquoi tout le monde a appelé au dialogue. Deuxième élément, on peut pas non plus attendre, et il faut qu’on se fixe des préalables. C’est ce que j’entends, notamment chez Grégoire Bernut, avec « si c’est pas pour discuter d’un troisième accord, discuter de quoi ? ». Ça veut dire : soit, on discute de leur solution, soit, on discute de rien. Je trouve que ça ressemble à quelque chose d’un peu fermé. Nous, on dit autre chose. On dit : il y a une urgence. Depuis que chacun s’est retrouvé légitimé par les dernières élections provinciales, chacun ayant vu et su combien il pèse aujourd’hui, chacun est légitime à parler de sa vision de l’avenir. Premier élément. Deuxième élément, il faut le faire tout de suite, et il faut surtout pas le raccrocher à des échéances nationales, a fortiori si elles sont en 2017, c’est-à-dire dans trois ans, ce que d’ailleurs le précédent président de la République, Nicolas Sarkozy, avait, lui-même, dit, en demandant à ce que les discussions autour de l’avenir institutionnel soient déconnectées des échéances nationales, et même locales, avait-il rajouté. Enfin, il ne faut pas, et c’est aussi ce qu’on entend en filigrane, opposer, ou en tout cas, faire du sujet calédonien un sujet d’opposition politique ou de politique intérieure, entre la droite et la gauche. C’est aussi pour ça qu’on soutient la composition pluraliste des missions parlementaires, députés et sénateurs, telle que l’a initiée le Premier ministre. Tout ça pour arriver à quoi ? Parce qu’on se pose nos désaccords avec nos partenaires indépendantistes et avec l’État, mais qu’on en parle, qu’on trouve un espace. Cet espace de dialogue n’existe pas aujourd’hui, et c’est un enjeu de ce comité des signataires. On tranchera pas l’avenir de la Nouvelle-Calédonie, le 3 et le 4 octobre. Par contre, il faut véritablement qu’on se mette d’accord sur le principe de cette discussion, sur une méthode, et sur un calendrier pour avancer sur cette discussion.

Journaliste : Réaction de Philippe Dunoyer sur l’assemblée référendaire :

Philippe Dunoyer : Pas nécessairement sur l’assemblée référendaire. Juste un dernier élément, mais qui peut rebondir sur la proposition de l’UC. Il existe un document de travail qui a été élaboré par une mission, qui n’a fait l’objet d’aucune contestation, celle de messieurs Soucramanien et Courtial sur l’avenir institutionnel, avec simplement, une manière objective, personne ne l’a contesté, je crois, différentes voies possibles. C’est un document de travail très riche, très dense, sur lequel on ne s’est pas encore reposé, sur lequel nous ne sommes pas encore revenus, qui pourra servir, à mon avis, très utilement de base de discussion, sans dénaturer les propositions des uns et des autres. On ne part pas de rien du tout, mais il faut juste qu’on se remette dans l’ordre, en mon sens, avec méthode, et c’est, à mon avis, un des enjeux de ce comité des signataires, aussi de revenir sur ce document.

Journaliste : Philippe Dunoyer :

Philippe Dunoyer : Je voulais d’abord revenir sur deux petites choses, dire très gentiment à mon collègue Charles Washetine que s’il entend pas forcément une voix concordante du côté du CGS, on n’entend pas nécessairement toujours une voix concordante du côté des partis indépendantistes, juste une petite remarque également. Et dire également au président Yanno que je crois qu’il faut pas renvoyer dos-à-dos, deux membres du CGS et en exclure un troisième qui serait à l’écart des difficultés, ça, je peux pas laisser dire que si on a des difficultés, d’ailleurs il faudrait savoir lesquelles, ça seraient exclusivement dû à Calédonie ensemble et au FPU, mais pas du tout à l’UCF qui serait préservée dans une bulle, voilà, petits commentaires. Maintenant, je vais revenir aussi sur l’essentiel, l’avenir institutionnel…

Gaël Yanno : J’ai compris quand même que les rivalités, c’étaient surtout entre vous deux.

Philippe Dunoyer : En tout cas, depuis tout à l’heure, on entend bien deux personnes s’invectiver et pas trop

Gaël Yanno : Ah pas moi, j’invective pas.

Grégoire Bernut : J’invective personne, Monsieur Dunoyer, on débat, c’est pas pareil. Il n’y a pas de noms d’oiseaux d’ailleurs à ma connaissance ?

Philippe Dunoyer : Par contre, on se coupe la parole visiblement. Donc, ce que je voulais dire, sur l’avenir institutionnel, puisque chacun a son projet, tout le monde parle du sien, donc, je vais parler du notre, et vous allez voir que vous allez y venir parce que c’est logique. Le référendum éclairé, qu’est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que chacun travaille sur son projet, le met en œuvre, l’explicite, le nourrit, l’enrichit, et ensuite, et on aura forcément des divergences, le propose à la sanction démocratique des Calédoniens. C’est ça la proposition de référendum éclairé. Je veux juste le dire, parce que chacun arrivant avec son idée, on y va, on n’y va pas, on respecte l’Accord de Nouméa, mais on veut un troisième accord, donc, c’est un petit peu schizophrène comme proposition. Ou on est dedans, ou on est pas dedans, mais on peut pas se fixer encore un préalable différent. Nous, on dit on est tous bien sûr avec nos projets différents d’État fédéré, de troisième accord, ou autres, ou l’assemblée référendaire, évidemment qu’on est dispersés, c’est bien l’essentiel de nos travaux et c’est bien ce pourquoi les Calédoniens nous ont, chacun les unes et les autres, portés aux responsabilités. Donc, il faut pas partir de ce qui nous oppose, même si on peut pas le nier bien sûr, il faut partir de ce qui peut nous rassembler, encore une fois, c’est une méthode pas nécessairement la nôtre, mais une méthode. Deuxièmement, sur le nickel, parler du nickel, c’est pas sortir de l’Accord de Nouméa. Au précédent comité des signataires, sauf erreur de ma part, et notamment sur des propositions de parlementaires, c’était bien un sujet qui devait être, parmi d’autres un des sujets qui constituait le cœur des échanges entre les partis indépendantistes, non-indépendantistes et l’État. Donc, vouloir parler de la stratégie minière et nickel en Nouvelle-Calédonie, c’est justement continuer de se reposer les mêmes questions que celles qui ont présidées à la situation actuelle, c’est-à-dire 34 % dans la SLN, 4 % dans Eramet, ou 4 % dans Vale, et se demander si on doit pas continuer de progresser tous ensemble pour s’assurer que cette ressource qui est la seule connue à ce stade, la principale de la Nouvelle-Calédonie, soit mieux maîtrisée. Les objectifs des uns et des autres sont pas les mêmes, mais, nous, on s’inscrit dans cette démarche et dans l’absolue nécessité de discuter tout de suite sur la stratégie minière et métallurgique, parce que le temps passe, on voit des initiatives fleurir et évidemment, c’est normal, il y a des intérêts économiques qui sont à côté, et pendant ce temps-là, cette ressource qui est épuisable, s’épuise. Donc, on peut pas se renvoyer dos-à-dos des écrits précédents des impossibilités de discuter, il y a une urgence à se poser les questions. Et ensuite, c’est ce que je veux dire, c’est la même chose pour la modification du corps électoral, il faut pas faire croire que c’est le comité des signataires qui décide. Le comité des signataires évoque des sujets, prépare des décisions qui sont toutes toujours immanquablement prises en Nouvelle-Calédonie, par le Congrès principalement, par les électeurs parfois. Peut-être serons-nous obligés d’aller demander une modification de la Constitution et notamment sur l’élaboration de la liste pour la consultation au référendum. Moi, je veux le dire une seconde, parce que sur les commissions administratives spéciales aussi, j’ai entendu sur vos ondes Virginie Ruffenach dire des choses qui étaient fausses. Je veux revenir là-dessus, elle a dit des choses fausses, il y a trois personnes autour…

Journaliste : C’est-à-dire que rien n’a été décidé pour l’instant, mais plusieurs modifications ont été évoquées ?

Philippe Dunoyer : Alors, non seulement, rien n’a été décidé…, non, mais, pardon, moi, j’ai relu plusieurs fois le script, il a bien été dit, en l’occurrence, on était, l’UCF et Calédonie ensemble mis dans le même sac, il avait été décidé par ces deux partenaires de soutenir la demande des indépendantistes d’enlever la représentation de l’État aux commissions administratives et spéciales. C’est triplement faux ! D’abord, la proposition de Calédonie ensemble, c’est de rajouter un magistrat aux cinq membres, il y aura donc toujours le représentant de l’État, toujours le représentant du maire, toujours le magistrat et toujours les représentants des élus…

Grégoire Bernut : Vous donnez une voix prépondérante aux magistrats ?

Philippe Dunoyer : Non, chacun ayant…

Grégoire Bernut : Ça permet à l’État de se désengager.

Philippe Dunoyer : Vous me laissez finir ?

Grégoire Bernut : Oui, allez-y !

Philippe Dunoyer : Il faut que je finisse mon explication, donc, chacun…, et donc, le sixième…, je comprends que ça vous mette en difficulté, parce que la vérité, et vous étiez là, Monsieur Bernut, vous savez très bien que Calédonie ensemble n’a pas validé la suppression de la voix délibérative du représentant de l’État…

Grégoire Bernut : Ah non, d’abord, moi, j’ai jamais dit ça, parce que vous avez cité quelqu’un, mais, c’est pas moi, premièrement.

Philippe Dunoyer : Mais vous êtes d’accord qu’on n’a pas dit ça.

Grégoire Bernut : Moi, je peux dire, j’y étais…, effectivement, je peux dire ce que vous avez dit.

Philippe Dunoyer : On n’a pas dit ça.

Grégoire Bernut : Vous avez fait la proposition que vous venez d’évoquer !

Philippe Dunoyer : Oui, mais on n’a pas dit ce que madame Ruffenach a dit.

Grégoire Bernut : Vous avez fait la proposition que vous venez d’évoquer ! Donc, je suis en train de dire que vous avez fait… j’y étais à la réunion ! Peu importe, je suis pas madame Ruffenach !

Philippe Dunoyer : Juste, parce que je l’ai dit tout à l’heure, simplement, je suis entièrement d’accord et c’est bien pour ça qu’il faut que les députés, sénateurs, parlementaires de toute sensibilité, s’associent à ce processus, pourquoi pas, assistent au comité des signataires et en tout cas s’intéressent encore plus à ce dossier-là, parce qu’un jour il pourrait leur revenir entre les mains.

Gérard Régnier : On est tout à fait d’accord, d’ailleurs, la Constitution a été modifiée en 2007 avec une majorité des parlementaires de droite et de gauche, sans les voix d’ailleurs de nos députés localement.

Journaliste : Philippe Dunoyer :

Philippe Dunoyer : Les choses sont très simples, je vais parler à vos auditeurs, en direct, et sous le couvert des deux autres partenaires du CGS, il y a des réunions hebdomadaires, depuis plusieurs mois, sur la base d’un contrat qui a été signé qui prévoyait notamment que nous nous engagions tous débuter des discussions le plus rapidement possibles, avec les partis indépendantistes et l’État. Ces discussions, de manière informelle, ouvertes, ont lieu dans un cadre qui, pour le moment, mais d’accord avec les deux autres membres du CGS, qui n’on jamais demandé…, et s’il faut que ça soit public, pas de problème ! Qui n’ont jamais demandé à ce que nos débats soient publics, on a toujours, nous, Calédonie ensemble, sollicité des inscriptions à l’ordre du jour, comme les autres partenaires, et on a constaté, c’est ce qu’a dit le président du Congrès, à l’instant, on a constaté que sur certains sujets, notamment les sujets qui sont en liens avec le comité des signataires, et je veux pas dévoiler la teneur des propos, il y avait une difficulté à nous mettre d’accord avant. Bon, c’est un constat, moi, je le regrette au titre de Calédonie ensemble, mais je suis convaincu que c’est pas définitif. Enfin, en tout cas, moi, je veux croire qu’on peut pas dire, aujourd’hui, en 2014, en septembre, ça y est, on ne pourra plus jamais se parler à trois au titre du CGS, sinon, effectivement, on a un souci. On n’y est pas arrivé, aujourd’hui et donc on a une marge de progrès. Mais, on est toujours, nous, Calédonie ensemble, sur la même ligne. Il faut que nous parlions de ces sujets-là, comme des sujets économiques, politiques, fiscaux, sociaux, autres, c’est l’objet du CGS. Il a peu de temps derrière lui, il s’appréhende comme il s’appréhende, mais on a toujours la capacité de le faire, que ça soit le mardi, le mercredi, le vendredi, le samedi, ou le dimanche, peu importe.

Journaliste : Philippe Dunoyer

Philippe Dunoyer : Un tout dernier mot sur l’article 27. La grosse différence, simplement, entre les transferts qu’on a vécus, aujourd’hui, c’est qu’ils étaient obligatoirement soumis et obligatoirement validables, avec des modalités qui devaient être travaillées avec l’État, notamment des compensations financières. L’article 27, entre autres choses, présente une autre différence et qu’il faut pour le coup, et on peut, au Congrès, décider, ou ne pas décider de transférer une des trois, ou deux des trois, ou trois des trois matières prévues à l’article 27. Pour autant, la position de Calédonie ensemble, simplement, et ça a été à chaque fois la même sur tous les transferts de compétences, quelle que soit leur nature, il faut que les élus qui sont appelés à prendre cette décision sachent à quoi s’en tenir. C’est-à-dire qu’on prépare…, c’était notre position sur l’enseignement, lorsqu’on estimait qu’il n’était pas suffisamment préparé ce transfert, c’était de dire, il faut qu’on sache juridiquement, financièrement, budgétairement, socialement ce que ça implique. Pour que les élus, au moment où on leur proposera, on leur demandera s’ils sont d’accord, puissent dire oui ou non, mais en toute connaissance de cause, c’est juste ça qu’il faut…, il faut pas avoir peur de se poser les questions, parce que, justement, plus on étalera les différentes données sur la table, plus on éclairera, hop, encore une fois, la décision des élus du Congrès. C’est juste ce que je voulais rappeler sur ce débat.

 

À voir aussi :

Philippe Dunoyer sur radio Djiido

Ce mardi 25 avril 2017, Philippe Dunoyer, candidat aux élections législatives dans la 1ère…