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Une visite présidentielle qui confirme le retour de l’État impartial

Conference de presse

Conférence de presse du mercredi 19 novembre 2014

Plusieurs enseignements sont à tirer de la visite rendue avant-hier par le Président de la République aux Calédoniens :

1°) Respecter la République

Pour tous les Calédoniens qui croient en les valeurs de la République, cette visite est un honneur que nous a fait le chef de l’État. Être Républicain, c’est d’abord respecter les institutions de la République, et au premier chef son Président, même si l’on ne partage pas sa sensibilité politique.

2°) Un État impartial

A plusieurs reprises, le chef de l’État nous a donné sa vision sur la préparation de la sortie de l’accord de Nouméa, en rappelant l’importance, dans ce processus, de la « neutralité de l’État » et de cette « équidistance » qui déplaît tant à Roch Wamytan.

Nous souhaitons rappeler que, lors de sa visite en Nouvelle-Calédonie, en août 2011, le Président Nicolas Sarkozy s’était largement félicité du lever du drapeau du FLNKS et de l’élection d’un indépendantiste à la tête du congrès. Nous préférons, quant à nous, un État qui ne s’engage pas en faveur des uns ou des autres. L’État qui s’engage en faveur des indépendantistes, en 1981, ça finit par les événements de 1984. L’État qui s’engage en faveur des non indépendantistes, en 1986, ça finit par Ouvéa en 1988…

3°) Les Calédoniens décideront – seuls – de leur avenir

Le Président de la République nous a clairement rappelé que, comme le prévoit l’accord de Nouméa, ce sont les Calédoniens, et eux seuls, qui décideront de leur avenir.
Face à ceux qui dénoncent des manipulations imaginaires et prônent l’immobilisme, dans l’attente d’un hypothétique salut issu des présidentielles de mai 2017, les élus de Calédonie Ensemble ont dit, depuis le début, la même chose que l’actuel chef de l’État, à savoir que ce n’est ni lui, ni Sarkozy, ni un autre Président, qui décideront de l’avenir du pays…

Selon certains, François Hollande « se défausse sur les Calédoniens ». Ce commentaire est déconnecté de la réalité : le président de la République nous a simplement remémoré que l’accord de Nouméa nous appelle à choisir nous-mêmes, en responsabilité, notre propre avenir.

4°) Un référendum prévoyant « le jour d’après »

Le Président de la République a aussi invité les Calédoniens à regarder de façon positive le chemin parcouru en 25 ans, à avoir confiance en eux et, même s’ils ne partagent pas la même vision de l’avenir institutionnel de Nouvelle-Calédonie, à construire ensemble, par le dialogue, leur projet de société.
« Il faudra poser plusieurs questions, précises, permettant de déboucher sur une solution durable », a dit le chef de l’État.
Ces mots rejoignent, en filigrane, notre proposition de référendum « éclairé » : comme l’ont noté certains commentateurs, « le mot n’a pas été prononcé, mais il flottait dans l’air »

5°) Une Nouvelle-Calédonie « toujours liée à la France » et une France « réclamée » dans la région

Le Président a réaffirmé que la France accompagnerait la Nouvelle-Calédonie quel que soit le choix des Calédoniens : « L’État doit faire en sorte que la Nouvelle-Calédonie, quelles que soient ses relations futures avec la République, vive en paix, connaisse le développement, et soit liée à la France. Toujours, liée à la France. »

Il a également noté que la France était désormais « réclamée » par tous les États de la Région, alors qu’elle était honnie par ceux-ci pendant les évènements…

Ainsi, Anote Tong, Président de la République des Kiribati, parlant au nom de l’ensemble des États-membres de la Communauté du Pacifique, a chaleureusement remercié le Président Hollande pour son engagement à porter la voix des petits États insulaires, dans la cadre de la préparation du sommet mondial sur le climat qui aura lieu dans un an à Paris. « La France fait partie intégrante de l’Océanie », a-t-il déclaré.

6) Des annonces concrètes

Enfin, le Président de la République a fait des annonces concrètes qui correspondent pleinement aux dossiers soutenus de longue date par Calédonie Ensemble :
– sur les moyens alloués à l’Université, et en particulier à l’IUT, qui ouvrira en février prochain, les annonces du Président renvoient aux multiples interventions en ce sens du député Philippe Gomès auprès du gouvernement de la République, notamment à l’Assemblée nationale le 6 septembre 2013 et le 6 novembre 2014 ;

– concernant la prolongation, au-delà de 2017, du dispositif de défiscalisation nationale bénéficiant à la Nouvelle-Calédonie, notamment dans le secteur du logement, François Hollande est venu préciser la réponse apportée à l’Assemblée nationale, en réponse à l’interpellation du député Philippe Gomès, par le secrétaire d’État au budget, le 6 novembre dernier ;

– le Président de la République a également annoncé un renforcement des moyens en matière de sécurité : armement des policiers municipaux, renforcement des effectifs de police nationale, centre éducatif fermé. Ces trois annonces répondent aux interpellations de la députée Sonia Lagarde, à l’Assemblée nationale (notamment le 9 octobre 2013 et le 22 janvier 2014) ;

– enfin, la confirmation de l’appui apporté à la Nouvelle-Calédonie par le déploiement des « emplois d’avenir » renvoie à notre mobilisation en faveur de ce dispositif (Comité des signataires du 6 décembre 2012 et proposition de loi du pays déposée sur le bureau du congrès le 5 avril 2013).

À voir aussi :

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