Accueil VU SUR LE WEB Débat sur la politique maritime : Le député calédonien Philippe Gomès valorise les atouts de la Polynésie

Débat sur la politique maritime : Le député calédonien Philippe Gomès valorise les atouts de la Polynésie

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PARIS, le 16 janvier 2015. Un débat parlementaire sur la politique maritime française s’est tenu mercredi à l’Assemblée nationale.

Philippe Gomès, député de la Nouvelle-Calédonie, est intervenu pour valoriser les atouts des collectivités françaises du pacifique. « Composé de trois collectivités – Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna et la Polynésie française – il se caractérise par l’étroitesse des espaces terrestres et l’immensité des domaines maritimes », a-t-il expliqué au perchoir. « Rappelons que la partie émergée de la Nouvelle-Calédonie équivaut à la surface d’une région moyenne de l’Hexagone comme la Picardie, alors que son domaine maritime couvre une superficie supérieure à la moitié de la Méditerranée. Les îles Wallis couvrent à elles trois fois la moitié de la surface de l’île d’Oléron. En revanche, leur domaine maritime s’étend sur une surface équivalente à la moitié de l’Espagne. Enfin la Polynésie française et ses 118 îlots représentent en terres émergées l’équivalent d’un petit département métropolitain comme les Alpes-Maritimes, alors que son domaine maritime s’étend sur une surface équivalente à celle de l’Union européenne. »

Le député calédonien a ensuite mis en avant les atouts des collectivités : « des espaces, de la biodiversité, de la géodiversité, ainsi que des ressources énergétiques ». « Au total les domaines maritimes de ces trois collectivités couvrent 6,4 millions km2. Cela représente 1,5 fois la superficie de l’Union européenne, sans compter les possibilités d’extension juridique du plateau continental, qui porteraient ce chiffre à près de 7 millions km2 », énumère-t-il.

Philippe Gomès est également revenu sur les atouts particuliers du fenua : « La Polynésie française présente d’autres traits remarquables, tels que de nombreux monts sous-marins, sièges d’encroûtements de manganèse et de cobalt, des plaines abyssales immenses ou encore des points chauds volcaniques du type hawaiien actif ».

Il insiste ensuite sur toutes « les ressources énergétiques douces » qui pourraient être développées. « Si le développement technologique ne permet pas encore de les exploiter tous, force est de constater que ces trois collectivités d’outre-mer possèdent des avantages certains – le soleil, le vent, des régimes de houle stables, du courant dans certaines passes, récifs et lagons, et surtout des eaux profondes à proximité des côtes, facteur favorable à l’utilisation d’une des très rares énergies, avec la géothermie, fondées sur les différences de température entre surface et fond qui soit renouvelable, continue et inépuisable : l’énergie thermique des mers », décrit-il.

« Les nodules métalliques et les terres rares des sédiments profonds de la Polynésie française »
Philippe Gomès est ensuite revenu sur les projets nationaux et européens qui pourraient être appliqués au sein des collectivités du Pacifique :

« Au plan national, parmi les sept ambitions posées par les analyses prospectives de la commission « Innovation », deux s’appliquent totalement à nos trois collectivités :
l’ambition no 3, qui concerne les ressources minérales marines, pour lesquelles tout reste à faire en matière d’exploration, de mise au point de technologies d’exploitation comme de réduction des impacts sur les milieux naturels ;
l’ambition no 4, relative à la chimie du végétal, qui vise à exploiter de façon douce le capital naturel que représentent ces immenses bassins de biodiversité et les solutions que la nature a su développer pour s’adapter à des conditions variées et fabriquer des biomolécules utiles à l’avenir de l’homme.

Au plan supranational, dix des onze axes prioritaires que compte le plan « croissance bleue » de l’Union européenne sont des opportunités objectives pour nos trois collectivités.

Dans le cadre des activités matures facteurs de croissance, cinq axes majeurs sont susceptibles de concerner nos collectivités : trafic maritime et ports, industrie de croisière, tourisme côtier, culture marine et protection des côtes.

En ce qui concerne les activités émergentes créatrices d’emploi, trois axes sont également susceptibles d’être retenus : la surveillance des espaces maritimes, les biotechnologies et la chimie du vivant et les énergies renouvelables.

Enfin, en ce qui concerne les activités en prédéveloppement à fort potentiel, deux axes, l’exploration et l’exploitation de pétrole et de gaz, concernent la Nouvelle-Calédonie, dotée de bassins sédimentaires en épaisseur de sédiments importants et caractérisés par des structures de piégeage potentiel. Même s’il s’agit de ressources fossiles, ce sont des ressources potentielles fortement créatrices d’activités dont la collectivité, très consommatrice d’énergie pour son industrie minière, pourrait tirer profit tout en encadrant strictement leur exploitation.

Enfin ces trois collectivités d’outre-mer sont dotées de ressources minérales profondes, Wallis-et-Futuna en premier lieu, avec l’hydrothermalisme et des dépôts sulfurés. Il y a aussi les nodules métalliques et les terres rares des sédiments profonds de la Polynésie française et les encroûtements sous les monts sous-marins en Polynésie, en Nouvelle-Calédonie, ainsi que, vraisemblablement, des dépôts sulfurés, similaires à ceux de Wallis-et-Futuna, dans la zone économique de Nouvelle-Calédonie.

Source : Tahiti info

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