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Nouvelle Calédonie, la main aux indépendantistes ?

grande terre

( 12 février 2015 ) Aujourd’hui, la mission d’information sur la Nouvelle Calédonie, décidée par la Conférence des Présidents de l’Assemblée va se mettre en place. Selon toute probabilité, c’est Dominique Bussereau, député UMP membre de la Commission des Lois, ancien ministre et surtout remarquable connaisseur du territoire qui va la présider et j’aurai le plaisir d’en être le rapporteur.

Nous allons fixer notre méthode de travail et évidemment évoquer la crise politique que traverse le territoire. Celle-ci va – enfin – finir par trouver une issue ? Il faut le souhaiter.

Cette issue est-elle dans les mains des élus indépendantistes ? L’idée n’est pas à écarter.

Ainsi, au sein d’un gouvernement élu le 31 décembre de 11 membres, le principal parti indépendantiste l’Union Calédonienne en compte 3, et l’autre formation le Palika 2. A partir de ce recensement, deux hypothèses sont possibles.

Les indépendantistes ne peuvent à eux-seuls prétendre faire élire l’un d’entre eux président du gouvernement. Pour au moins deux raisons.

La première est purement mathématique : il faut obtenir 6 voix dans le gouvernement et une majorité au congrès. Les indépendantistes devraient donc rechercher un appui chez les non-indépendantistes et personne n’y croit vraiment.

La seconde est factuelle : depuis les élections provinciales, les deux groupes présents au congrès ne sont pas parvenus à se doter d’une position commune sur les grands dossiers de la Nouvelle Calédonie (incapacité à faire élire un vice-président du gouvernement, division face à la candidature de Cynthia Ligeard, divergences sur conférence économique, sociale et fiscale qui s’est tenue en août 2014, désaccords sur le 12ème comité des signataires du 3 octobre 2014 …).

Les indépendantistes choisissent de soutenir une des formations « non-indépendantistes ». Cela s’est déjà vu dans l’histoire récente de la Nouvelle Calédonie.

Entre 2011 et 2014, une alliance s’est nouée au gouvernement et au congrès entre principalement le Rassemblement (UMP) et l’Union Calédonienne. Cela peut-il se reproduire ? Les positions de ces deux organisations sur l’appréciation à porter sur les travaux du dernier Comité des signataires et sur les premiers textes d’application des Accords économiques et sociaux peuvent être une base de négociation. Reste que l’électorat n’a pas vraiment validé lors des dernières élections cette alliance puisque Calédonie Ensemble qui la combattait est arrivée nettement en tête.

Peut-on alors imaginer un autre cartel entre Calédonie Ensemble (CE) et le Palika ? Là encore, des bases programmatiques existent puisque ces deux formations partagent une analyse sur la nécessité des réformes à conduire face à la dramatique situation financière du territoire et qu’elles sont pleinement investies dans les groupes de travail issus du 12ème Comité des signataires auquel elles ont participé activement et utilement. Mais même si CE et le Palika se rassemblent il manque encore une voix !

La solution n’est donc vraisemblablement pas dans le marchandage. La cohérence politique devrait finir par s’imposer, et le/la président(e) être issu(e) des rangs anti-indépendantistes.

Si les indépendantistes veulent contribuer à faire cesser la guerre de tranchée actuelle, ils doivent réussir ce que CE, le FPU et l’UCF ne parviennent pas à faire c’est-à-dire dépasser leurs divergences d’appréciations et trouver le chemin d’une unité de vue pour permettre un fonctionnement normal des institutions.

Source : Blog de Jean-Jacques Urvoas

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