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Comité mémoriel Ataï : Sans mémoire commune il n’y aura pas de destin commun

cCommuniqué du mardi 24 mars 2015

Lors de la réunion de constitution officielle du comité mémoriel Ataï, Monsieur Shonu Wayaridri s’est exprimé au nom du président du Congrès pour condamner cette initiative.

Cette condamnation politique de l’action engagée par le comité mémoriel constitue pour Gaël Yanno une triple faute :

Faute sur le respect des règles en matière de représentation du président du Congrès d’abord, puisque les dispositions de l’article 12 du règlement intérieur de l’assemblée prévoit qu’en cas d’absence ou d’empêchement « le président (…) désigne (…) le vice-président en respectant l’ordre des élections des vice-présidents » et non un collaborateur politique du président.

Faute sur le caractère du message politique délivré ensuite, puisque c’est l’institution qui était invitée à participer à ce comité, au même titre que d’autres (communes, provinces, Sénat Coutumier, Gouvernement…) et en aucune manière l’UCF, ou l’une de ses composantes, le MPC. Pourtant c’est bien un discours politique UCF qui a été délivré à cette occasion par la voix de Monsieur Wayaridri, au nom de M. Yanno.

Faute enfin sur la nature des informations délivrées, puisqu’aucun des projets stigmatisés (un investissement de 580 millions, la revendication des terres dans les vallées, etc…) n’a été proposé ou validé ni par le comité mémoriel, ni par le Sénat Coutumier. Ce sont des propositions de Kawa Berger, Grand Chef de Sarraméa au nom de la fondation Ataï.

Bien au contraire, le président du Sénat Coutumier dans son discours lors de la réunion du 18 mars a insisté sur le fait « que la rencontre des enfants du pays sur les faits marquants de leur Histoire, qu’ils soient blancs ou noirs, est nécessaire pour pouvoir cheminer ensemble dans un destin commun » et que « la concrétisation du centre mémoriel Ataï favorisera la restructuration mentale des nouvelles générations autour des noms des personnages historiques comme Ataï, Gally-Passebosc (Colonel tué pendant l’insurrection Kanak de 1878 à La Foa) etc… ».

En résumé Gael Yanno s’est livré dans cette affaire à un mélange des genres au travers d’une instrumentalisation de la présidence du Congrès et à une manipulation au travers de la stigmatisation de propositions non soutenues par le comité mémoriel.

En ce qui concerne Calédonie Ensemble, nous sommes favorables à ce que le travail engagé par le comité mémoriel puisse se poursuivre de manière constructive dans le respect de chacun conformément à l’esprit et à la lettre du préambule de l’Accord de Nouméa, qui reconnait les « ombres et lumières » de la période coloniale.

Nous considérons que, sans mémoire commune, il n’y aura pas de destin commun possible pour notre pays. C’est le message qui a été délivré par le Député Philippe Gomès lors des cérémonies qui ont présidé au 25ème anniversaire des Evènements d’Ouvéa les 22 avril et 5 mai 2013 :

« Les mémoires de nos morts ont été longtemps des mémoires séparées, des mémoires qui se sont heurtées. Il nous appartient aujourd’hui – et c’est la responsabilité de notre génération – de tisser les fils entre ces mémoires déchirées, pour n’en faire qu’une. Une mémoire commune, la mémoire du pays (…). Une mémoire sur laquelle, nous sommes susceptibles, ensemble, de construire le destin commun auquel l’Accord de Nouméa nous appelle. Une mémoire commune – parce qu’elle est partagée – qui saura nous rendre plus fort pour constituer ce peuple en devenir qu’est le peuple calédonien ».

Ci-dessous, la lettre adressée au Président du Congrès par Mmes Iekawé et Sio-Lagadec, respectivement 3è et 7ème vice-présidente du Congrès et M. Dunoyer, chef de groupe Calédonie Ensemble :

Monsieur le président du congrès,

Nous avons appris, avec un certain étonnement, que vous avez mandaté M. Shonu WAYARIDRI pour représenter le président du congrès, lors de la réunion de constitution officielle du « Comité de réhabilitation mémorielle du Grand chef Ataï » et prononcer un discours en votre nom.

Nous vous rappelons que les règles en matière de représentation du président du congrès sont très claires. Elles sont fixées par les dispositions de l’article 12 du Règlement intérieur de notre assemblée qui prévoient qu’en cas d’absence ou d’empêchement, « le président (…) désigne (…) le vice-président, en respectant l’ordre de l’élection des vice-présidents ». Le bureau de notre assemblée doit, en principe, en être informé.

En conséquence, vous n’avez pas respecté le Règlement intérieur de notre institution.

En outre, le discours prononcé, à cette occasion, reprend le positionnement politique de votre parti.

Si, en tant que citoyen, vous avez le droit d’exprimer votre opinion. En revanche, vous ne pouvez le faire au nom du congrès. Nous regrettons que, dans cette affaire, vous n’ayez pas été capable de faire la distinction entre vos responsabilités de président du congrès et celles de chef de parti.

Nous vous demandons donc de convoquer, dans les meilleurs délais, une réunion du bureau, élargie aux chefs de groupe, afin que cette affaire puisse être évoquée, ainsi que les conséquences que nous devons en tirer.

Nous vous prions de croire, Monsieur le président du congrès, à l’expression de nos plus sincères salutations.

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Monsieur le président du congrès
de la Nouvelle-Calédonie

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