Accueil RÉFLEXION Affaire Ataï : Tisser les fils entre les différentes mémoires

Affaire Ataï : Tisser les fils entre les différentes mémoires

Philippe Gomès  le 24 mars 2015 :

Il n’est pas inutile à la lumière de ces commentaires de reprendre les principaux éléments de cette affaire :

1/ Calédonie Ensemble est opposé aux propositions de Kawa Berger ( l’investissement de 580 millions, la restitution des terres, Ataï héros national etc… ) qu’il porte au nom de la fondation Ataï, un membre parmi d’autre ( gouvernement, provinces, communes etc… ) du comité mémoriel. Pour tous ceux qui connaissent Kawa Berger il n’y a rien de nouveau dans son discours…

2/ Ces propositions ne sont pas reprises par le comité qui en l’état actuel des choses a été installé officiellement il y a quelques jours et a décidé de se faire assister d’un collège d’experts pour définir le projet culturel qu’il souhaite porter sur ce moment de notre histoire.

3/ Ataï fait partie avec d’autres de l’histoire du pays et le sénat coutumier a reconnu dans le discours d’ouverture de son président que toutes les mémoires de l’insurrection de 1878 devaient être honorées : celle d’Ataï comme celle du colonel Gally Passebosc… C’est dans ce cadre que Calédonie Ensemble inscrit son action à l’instar de la quasi totalité des membres du comité.

4/ C’et aspect de l’histoire du pays est assumé dans le préambule de l’Accord de Nouméa : « le moment est venu de reconnaître les ombres de la période coloniale même si elle ne fut pas dépourvue de lumières ( … ) Les kanaks ont été repoussés aux marges géographiques, économiques et politiques de leur propre pays ce qui ne pouvait que provoquer des révoltes ( … ) lesquelles on suscité des répressions violentes ( … ) »

5/ Le spectacle son et lumière de Teremba illustre depuis 30 ans cette période de l’histoire de notre pays au travers de regards différents…

6/ Enfin cette partie de l’histoire du pays est enseignée dans nos écoles de longue date…

À l’occasion du retour du crâne d’Ataï la question qui se pose aujourd’hui à nous est la suivante : sommes nous capables collectivement, kanak et non kanak, indépendantistes et non indépendantistes, de construire et de nous approprier un récit collectif sur ce moment de notre histoire ?
Pour nous, construire une mémoire commune est le chemin obligé vers un destin commun.
Mettre en lumière Ataï et Gally Passebosc, comme le suggère le sénat coutumier, nous paraît une manière équilibrée de contribuer à cet objectif.
Ah j’oubliais mais je ne doute pas que vous le savez : la mémoire du colonel Gally Passebosc est d’ores et déjà honorée : un monument à sa gloire est érigé sur la place publique du village…
Il ne suffit pas maintenant « d’honorer » à part celle d’Ataï mais de tisser les fils entre ces différentes mémoires pour n’en faire qu’une.

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