Accueil ACTUALITÉS Gouvernement : Le temps est venu de se mettre au travail

Gouvernement : Le temps est venu de se mettre au travail

c

Communiqué du vendredi 3 avril 2015

Après plus de 100 jours d’immobilisme, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie vient –enfin – de se donner un président et un vice-président en la personne de Philippe Germain et de Jean-Louis d’Anglebermes. C’est l’épilogue d’un double blocage : celui des indépendantistes dans l’incapacité d’élire leur vice-président depuis 6 mois, celui des non-indépendantistes dans l’incapacité d’élire le président depuis 3 mois…

En ce qui concerne la présidence du gouvernement, le FPU a décidé de s’y maintenir envers et contre tout. Alors qu’il est arrivé quatrième lors des dernières élections provinciales (CE 28 000 voix / UC 20 000 voix / Palika 15 000 voix / FPU 14 000 voix / UCF 13 000 voix), alors qu’il a perdu la moitié de son électorat entre 2009 et 2014 (2009 : 30 000 voix / 2014 : 14 000 voix), alors qu’il n’est que le quatrième groupe politique au congrès de la Nouvelle-Calédonie (Calédonie Ensemble 15 élus / UC 15 élus / Uni 9 élus / FPU 8 élus / UCF 6 élus), le FPU a décidé de squatter la présidence du gouvernement et de prendre ainsi les institutions en otage. C’est un fait sans précédent dans l’histoire du pays qui témoigne de la tendance factieuse d’un mouvement politique qui n’accepte pas de n’être plus aujourd’hui que l’ombre de ce qu’il a été.

Si nous sommes sortis de cette situation, nous le devons à une décision du FLNKS qui a considéré qu’il devait prendre les choses en main afin de permettre la mise en place « d’un gouvernement opérationnel ». C’est un « acte citoyen », d’autant plus que les voix indépendantistes se sont portées sur un candidat non indépendantiste qui appartient à un mouvement qui s’est battu ses dernières années pour l’adoption d’un drapeau commun pour le pays au lieu et place du drapeau du FLNKS.

Cette décision est respectueuse de la démocratie.

Ce sont bien les deux premières formations du pays (Calédonie Ensemble 28 000 voix / Union Calédonienne 20 000 voix), disposant des deux principaux groupes au congrès (Calédonie Ensemble 15 élus / Union Calédonienne et Nationaliste 15 élus) qui sont à la tête du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. La volonté des calédoniens, telle qu’elle s’est traduite dans les résultats des dernières élections provinciales, a bien été respectée.

Cette décision est sans « aucune contrepartie ».

Nous avions souhaité au départ que la question de la présidence puisse se régler uniquement entre non indépendantistes. Au bout de plusieurs semaines, il a fallu se rendre à l’évidence, les autres partis politiques avaient décidé de jouer la montre en optant pour la stratégie du statut quo : le gouvernement démissionnaire peut gérer les « affaires courantes » pendant toute l’année 2016 et après on verra bien…

C’est pourquoi, Calédonie Ensemble a indiqué que si les indépendantistes venaient à prendre une initiative afin de débloquer la situation, cela se ferait « sans tractations, sans négociations et sans contrepartie ». Philippe Gomès l’a annoncé à plusieurs reprises lors des semaines écoulées (OFM du 3 mars 2015) : « en ce qui concerne Calédonie Ensemble, à aucun moment nous ne ferons de tractations ou de négociations, ou n’offrirons de contrepartie à un vote quel qu’il soit. Soit c’est un acte citoyen dans le cadre du respect du suffrage universel, soit c’est autre chose, et à partir de ce moment-là, nous, nous ne pouvons pas participer ».

Nos positionnements politiques sur certains dossiers sont publics. Nous les avions affichés avant notre élection à la présidence. Nous resterons sur les mêmes bases après notre élection à la présidence :

– sur les transferts de l’article 27, nous avons pris position depuis l’origine : nous devons les préparer, en définir le périmètre, en identifier les impacts juridiques et financiers et les soumettre au Congrès de la Nouvelle-Calédonie qui décidera souverainement, conformément à l’Accord de Nouméa s’ils doivent être effectués ou pas. Ce principe avait été posé par Philippe Gomès, président du gouvernement lors de sa déclaration de politique générale du 31 août 2009. La méthode a été actée à l’occasion des derniers Comités des signataires par tous les partis politiques. Les groupes de travail se réunissent actuellement sous l’égide de l’Etat.

– sur les 51% au sein du capital de la SLN, nous avons pris position depuis 2008 lors d’une séance spéciale de l’assemblée de la province Sud. Nous avons réaffirmé nos positions lors des provinciales de 2014 : « nous négocierons avec les provinces Nord et Iles, et les opérateurs concernés, une nouvelle stratégie pays selon les axes suivants: diminuer les exportations de minerai, porter notre participation de 34% à 51% au sein de la SLN, revenir sur l’accord scélérat concernant Prony et Pernod, favoriser la mise en oeuvre d’accord « gagnant-gagnant » entre la SLN et la SMSP. » Rien de nouveau sous le soleil.

– sur le partenariat SMSP/SLN afin d’alimenter en minerai l’usine de Corée, nous avons pris position dès avril 2013, au sortir d’une réunion au Haut-Commissariat sur le sujet du nickel : un accord « gagnant-gagnant » devait être passé entre ces deux sociétés dans l’intérêt général du pays.

– sur les réformes économiques, fiscales et sociales, nous nous en tenons à l’agenda économique, social et fiscal partagé d’août 2014, signé par tous les partis politiques (sauf l’UC) ainsi que par les partenaires sociaux (intersyndicale / Medef / CGPME / UPA), qui réitère les engagements pris par les mêmes signataires dans les accords économiques et sociaux de 2012, ainsi que dans le protocole de lutte contre la vie chère signé au Haut-Commissariat, après la grève générale de l’intersyndicale, en août 2013. Quand j’entends dans la bouche de certaines de l’UCF que c’est une « politique socialisante » qui est en marche, je me demande pourquoi ils ont signé l’agenda partagé et pourquoi ils ont voté au congrès au mois de décembre dernier la création de la contribution calédonienne de solidarité et la majoration de la taxation des dividendes…

Cette décision du FLNKS a évité une coalition RUMP / WAMYTAN (saison II)

Il avait été identifié par certains commentateurs que le plan pour « l’unité calédonienne » proposé par Roch Wamytan avait une certaine résonnance avec le même projet « d’unité calédonienne » mentionné par Pierre Frogier dans sa question à la Ministre de l’Outre-Mer au Sénat. Cette proximité avait été d’ailleurs revendiquée par le sénateur : « entre signataires on se comprend… » (ITW NC 1ère). Les démarches avaient été engagées afin que l’un des membres de la « caste des signataires » prenne la présidence du gouvernement, en l’espèce Bernard Deladrière. La contrepartie apportée par le RUMP était double :

– d’une part, le vote par le RUMP de la proposition de loi du pays déposée par le FLNKS sur le bureau du congrès depuis 2012, visant à faire du drapeau indépendantiste un signe identitaire du pays conformément à la procédure prévue par l’Accord de Nouméa, permettant ainsi l’adoption du texte à la majorité des 3/5èmes.

– d’autre part, bis repetita placent, Rock Wamytan retrouverait la présidence du congrès lors du prochain renouvellement.

La mise en scène de cette coalition n°2, baptisée « Unité Calédonienne » devait être formalisée dans le cadre d’un Comité des Signataires… réduit aux seuls signataires personnes physiques…

En ce qui concerne Calédonie Ensemble, notre condamnation sans appel trois années durant de la coalition entre une partie de l’UC et le RUMP nous a vacciné contre tout « troc », conduisant à « des alliances contre natures » nouées dans le dos des calédoniens.

Enfin, le gouvernement est désormais en ordre de marche. Il est temps de se mettre au travail et de reconstruire avec les calédoniens des relations de confiance.

À voir aussi :

Premières réponses de l’État sur le dossier brûlant du Camp Est

( 22 novembre 2017 ) Alors que la situation explosive du Camp Est fait la « Une » de l’act…