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Coup d’arrêt à la régulation de cerfs sauvages

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Communiqué du jeudi 4 juin 2015

Les dégâts des cerfs en Nouvelle-Calédonie concernent en premier lieu la brousse et les agriculteurs

Une étude menée par la province Nord en 2013 dans le cadre de son projet ICONE (projet de régulation de la population cerf), a estimé les dégâts liés à la surpopulation de cerfs de l’ordre d’1,8 Mds. Plus d’un tiers de ce milliard concerne des dégâts causés aux cultures et aux pâturages. Les cerfs étant, en effet, les « concurrents » directs des bovins sur les pâturages, leur capacité à brouter l’herbe plus à ras que le bétail empêche ces derniers de disposer de la ressource fourragère. Les 2/3 restants concernent des problématiques environnementales telles que l’érosion des sols ou la dégradation de nos forêts, liées à la disparition des arbustes et autres plantes permettant de maintenir les sols grâce à leurs systèmes racinaires.

Ces chiffres démontrent une seule et unique chose : les victimes principales de la surpopulation de cerfs sont les broussards et en particulier les agriculteurs.

Une lutte de longue date

C’est à l’initiative de Philippe Michel, alors 2éme vice-président de la province Sud, qu’ont été conclus le 7 novembre 2006, les « accords de La Foa ». Ils traçaient un plan d’action contre la surpopulation de cerfs et ont été validés par l’ensemble des acteurs concernés (éleveurs, chasseurs, propriétaires et institutions). Suite à la conclusion de ces accords, et à partir de juin 2008, une prime à la mâchoire de cerf chassé a été mise en place à l’APICAN. Celle-ci permettait d’inciter les propriétaires fonciers à réguler leur troupeau de cervidés.

Cette mesure, appelée « opération mâchoires », était jusqu’à aujourd’hui, la seule opération menée à l’échelle de la Grande terre, de sensibilisation et de régulation de cerfs. Elle était soutenue par une grande majorité (propriétaires fonciers ou habitants des tribus). En 2014, 2 000 particuliers ont participé à l’opération et bénéficié de ce dispositif.

Enfin, cette opération s’est révélée comme la plus efficace et la moins coûteuse par animal abattu. En effet sur la période 2009/2014 le conservatoire des espèces naturelles (CEN) a recensé 145 000 cerfs primés pour un coût de 2700xpf/cerf, contre 15 000 cerfs capturés pour un coût de 8900xpf/cerf et 4000 cerfs abattus pour un coût de 31 000xpf/cerfs dans le cadre de chasses organisées.

L’APICAN se désengage…

Malheureusement, sans aucune consultation préalable et contre l’avis des trois provinces qui sont compétentes en matière de protection de l’environnement, la mesure a été stoppée par le conseil d’administration de l’APICAN et sa présidente. Cette décision irresponsable a été présentée sans même qu’un bilan de la mesure indiquant ses résultats, satisfaisants ou non, n’ait été présenté. Pourtant, les chiffres qui vous sont communiqués ce matin, l’APICAN en disposait, mais n’a jugé ni bon ni utile de les communiquer à l’occasion du conseil d’administration.

De plus, et ça n’est pas le moins inquiétant, aucune perspective concrète de solutions alternatives à la suppression du dispositif « mâchoires » n’a été proposée. À peine quelques allusions à un « projet qui serait en cours » à la Davar…

Calédonie Ensemble ne peut se résoudre à faire courir un tel risque à la Brousse, aux éleveurs et à l’environnement. Nous ne sommes pas opposés à un arrêt de la mesure à la condition que l’on fasse la preuve de son inefficacité et surtout qu’il soit proposé une alternative qui satisfasse tous les acteurs du dossier. Pour l’heure, aucune de ces deux conditions n’est réunie.

Malgré un budget colossal

Nous jugeons cette décision d’autant plus incompréhensible que pour l’année 2015, la mesure devrait coûter 30 millions à l’APICAN pour le second semestre 2015, alors que le budget annuel de cet établissement public s’élève à plus de 2 milliards de francs et qu’il dispose d’un fonds de roulement d’1.6 Mds.

Calédonie Ensemble ne cache donc pas son inquiétude quant à la manière dont est géré la problématique du cerf par cet établissement public, le dernier à vocation agricole, disposant de ressources pérennes grâce à une taxe sur les assurances.

Calédonie Ensemble demande un débat au congrès sur la problématique cerf

Calédonie Ensemble dresse donc un constat inquiétant pour la Brousse et l’environnement, d’une problématique qui touche l’ensemble des Calédoniens.

C’est la raison pour laquelle, Calédonie Ensemble demande qu’un débat sur la gestion de la question cerf à l’échelle du pays soit mis à l’ordre du jour des travaux du Congrès. Ce débat donnera aux élus des différents groupes politiques, la possibilité de disposer des éléments chiffrés sur la situation créée par la prolifération des cerfs et de l’arrêt du dispositif « mâchoires », afin de trouver un accord sur une véritable feuille de route.

Pour lire les chiffres sur les dégâts que cause les cerfs en Nouvelle-Calédonie cliquez-ici

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