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Année noire pour la pomme de terre

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( 23 juin 2015 ) Trois semaines après la première alerte, un tiers des producteurs de pommes de terre calédoniens, tous issus de la province Sud, est déjà impacté par l’introduction d’une grave bactériose qui condamne la production a minima cette année. L’exécutif provincial sonne la sirène d’alarme et réclame un traitement de fond du problème par le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.
La province Sud aux côtés des producteurs de pommes de terre

Tous les producteurs de pommes de terre du pays, à l’exception d’un seul à Canala (province Nord), sont implantés en province Sud. Le tiers d’entre eux est déjà touché par l’introduction de la virulente bacteriose Ralstonia solanacearum race 3 biovar dans leurs cultures. La présence de cette bactériose, qui entraîne la mort du végétal, interdit toute culture dans les champs sur les 5 ans à venir. Susceptible de se propager, notamment par le ruissellement des eaux et le contact avec les matériels ayant permis la mise en terre des semences incriminées, la bactériose doit être combattue sans attendre. Dans cette affaire, les services de la province Sud assument leur rôle sans tarder et ont mis en place le suivi individuel de chacun des producteurs concernés. S’agissant d’abord de la mise en place des dispositifs de protection à prendre (notamment au niveau des tenues de travail, des matériels, etc.) pour éviter la propagation de la contamination, des mesures qui impliquent de très lourdes contraintes pour le producteur. Au niveau ensuite des parcelles, dont la moindre apparition de taches sur les sols doit être traitée (tout doit être arraché et brûlé, la désinfestation passant obligatoirement par un traitement thermique). Un suivi technique et financier individualisé très lourd pour la province Sud qui sera entièrement assumé pour contenir la bactérie et soutenir les agriculteurs, qui ont obtenu l’assurance d’être indemnisés par l’APICAN cette année mais qui voient leur chiffre d’affaires de production de pomme de terre réduit à néant pour les 5 prochaines années.

Le gouvernement ouvertement interpellé

Des mesures à prendre qui doivent aller au-delà de la lutte technique dans les propriétés agricoles touchées. « Depuis 3 semaines que l’affaire a été rendue publique (c’est le 5 juin que 2 premiers producteurs ont sonné l’alerte), l’information délivrée par le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et l’OCEF reste purement technique et incomplète. Elle n’est pas à la hauteur des enjeux dans cette affaire », explique Philippe Michel, le président de la province Sud. Il y a des mesures ad hoc à prendre immédiatement pour éviter la propagation, mais ce cas de bactérie, qui ne peut pas être considéré comme une énième introduction accidentelle va au-delà. Elle pose la question de la viabilité de notre dispositif sanitaire d’importation. Nous sommes, avec la pomme de terre, dans le cadre d’une introduction de semences strictement commandées, contrôlées et encadrées par la puissance publique. Le protocole sanitaire en place entre le territoire et l’Australie prévoit une inspection sanitaire au départ et à l’arrivée des semences, et même une inspection supplémentaire de l’OCEF. « Malgré cela, 40 tonnes de semences de pommes de terre contaminées ont servi à planter une quarantaine d’hectares, dont 25 sont infectés de manière avérée à ce jour ! », précise Nicolas Metzdorf, le président de la commission du Développement rural de la province Sud. A ce stade, l’exécutif de la province Sud interpelle à voix haute le gouvernement et réclame un audit indépendant pour expertiser les protocoles sanitaires agricoles en Nouvelle-Calédonie.

La structuration de la filière en question

Une question qui en induit d’autres : quid de la sécurisation des approvisionnements en semences ? Avec une importation quasi exclusive avec l’État du Victoria (un seul producteur néo-zélandais fait exception), la Nouvelle-Calédonie est totalement dépendante de la filière d’approvisionnement australienne. Pourquoi ne pas envisager, d’une part, la diversification des sources d’importation en lorgnant sur l’Europe par exemple ? Et, d’autre part, pourquoi ne pas se poser la question de notre propre capacité à produire localement des semences ? Ces questions ne sont pas nouvelles pour la filière de la pomme de terre qui, même quand tout va bien, reste un secteur déficitaire pour l’OCEF.

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Pomme de terre atteinte par la bactériose Ralstonia solanacearum race 3 biovar

Source : Province-Sud

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