Accueil VU SUR LE WEB Avant première du film-documentaire « Nidoish Naisseline, une parole qui ne meurt pas »

Avant première du film-documentaire « Nidoish Naisseline, une parole qui ne meurt pas »

nidoish

( 16 juillet 2015 ) Léoanrd Sam : « Université de la Nouvelle-Calédonie, hier soir, avant première du film-documentaire « Nidoish Naisseline, une parole qui ne meurt pas », dans un amphi plein à craquer. Une très bonne réalisation de Nunë Luepak. Sa deuxième après « Imulal » ( portraits croisés de calédoniens partis en métropole pour leurs études ), qui avait reçu le prix du meilleur pitch au FIFO 2012.

Ce que je retiendrai du documentaire, une photographie assez fidèle du parcours de Nidoish Naisseline et de ses idéaux. Et deux défis réussis.

1-Le premier est à mettre au crédit du personnage principal qui a su faire la part des choses entre sa vie publique et sa vie privée, coutumière. S’engager en politique en tant que grand chef, ce n’était pas évident. En tant que personnage public et politique, son action était en quelque sorte précurseur de l’esprit de l’accord de Nouméa. Une Nouvelle-Calédonie pour tous mais soucieuse des identités culturelles de chacun, et en particulier de celle kanak. Il faut savoir que le mouvement des « foulards rouges », signes extérieurs d’un « réveil kanak » était avant tout culturel, pour des raisons identitaires. Pas exactement dans le rêve du président Santa où les mots « peuple premier » et « victimes de l’histoire » cèdent la place à « peuple calédonien ».

Si ce dernier concept est attendu par tous, cela relève de la citoyenneté mais au-delà de la citoyenneté il y a des cultures vivantes et vivaces qu’aucune citoyenneté ne pourra faire disparaître. Pas étonnant que Nidoish Naisseline se soit sympathisé avec les jeunes caldoches de l’époque, dont un certain J-Paul Caillard, qui militaient au sein de l’UJC ( à l’origine d’ailleurs d’un drapeau calédonien symbolisant la multiplicité culturelle et ethnique du pays ). Pas étonnant aussi qu’il n’ait jamais intégré le FLNKS au discours parfois trop intransigeant, même pendant les événements. Il faut se rappeler certains dessins satiriques de l’époque assez osés par rapport à son statut de grand chef, par ceux-là même qui aujourd’hui reconnaissent l’immuabilité de sa parole.

En dépit de ces écarts, Nidoish Naisseline était quelqu’un de respecté, par les uns du fait de sa grande culture et de ses idées toujours avant-gardistes et de bon sens, par les autres parce c’était un grand chef, statut que personnellement je lui reconnaissais avant celui d’élu. Et le « Bonjour Grand chef » (dit en public) dans les couloirs du congrès remplaçait toujours le « Doi » prononcé en privé. Défi réussi en tout cas et qu’a su faire ressortir le réalisateur.

2-Le second défi concerne justement ce jeune réalisateur originaire de Lifou, Nunë Luepak (Luepakö en langage cérémoniel). Il a su mettre à profit son éducation coutumière et son appartenance clanique pour entreprendre les démarches indispensables pour, dans un premier temps, faire accepter son projet par le grand chef et, dans un second temps, surtout, pour opérer avec la manière qui sied au milieu. On n’entre pas ainsi dans une grande chefferie, surtout dans celle de Guahma, sans autorisation expresse.

Le personnage principal ça n’était pas n’importe qui. Même dans l’action des tournages, on reste kanak avant d’être réalisateur. Le résultat n’en est que plus méritoire. Avec ce documentaire la « parole » du grand chef ne mourra pas. Elle continuera, avec ce support, à être véhiculée en particulier au niveau de la jeunesse jusqu’à son accomplissement. Défi réussi donc pour ce jeune réalisateur à qui je souhaite un bel avenir dans le secteur de l’audiovisuel et, pourquoi pas, cinématographique. Oleti Nunë, nge catre pi. »

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