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Le Ruban bleu à Sarraméa et Farino

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Le 28 juillet, le Ruban bleu de la Condition féminine s’est arrêté à Sarraméa et à Farino. Nicole Robineau, la présidente de la commission provinciale ad hoc a longuement échangé avec les associations de femmes de la région, portées par de sacrées personnalités.
Lovée dans sa végétation luxuriante, on savait la commune de Sarraméa riche en potentiel touristique. On y a découvert hier le dynamisme des associations de femmes, porté par de sacrées personnalités.

Autour de la table des discussions : Ginette Hanou, présidente de Charaméâ et cheville ouvrière du marché couvert en entrée de village qui propose désormais un snack et une ouverture 7 jours sur 7. « Nous sommes une vingtaine regroupées en association pour soutenir le quotidien des femmes de Sarraméa. Les besoins sont importants, y compris à la maison, et nous nous sommes structurées pour ne pas attendre tout des hommes », explique t-elle.

Pour les femmes de Charaméâ, l’instauration du marché couvert (NDLR : dont la construction a été financée par la province Sud) est prétexte à plusieurs initiatives qui tendent à inclure les jeunes et les hommes à l’amélioration de la condition de vie des femmes des 3 tribus qui composent la commune : Grand Coulis, Petit Coulis et Petit Farino. Ginette et les autres bénévoles s’attachent aussi à l’aide aux personnes âgées.

Le bureau l’association Charaméâ compte également Lise Kawa, la femme du grand chef, qui n’a pas non plus la langue dans sa poche : « Les mamans ont des choses à dire, il ne faut pas avoir peur. Nous sommes les premières à nous lever le matin, et les dernières à nous coucher le soir, nous avons droit à la parole et à la prise de décision. »

Travailler sur le terrain de la mixité

« Une association, c’est un biais intéressant et indispensable pour faire entendre sa voix », précise Marie-Adèle Nemebreux de l’association Chanemâ. La moitié de ses membres sont des hommes, dont le maire de la commune Alexandre Nemebreux, et depuis près de 4 ans cela fonctionne ! Les services culinaires proposés par l’association sont réinvestis dans le social, pour l’aide aux personnes souffrantes ou hospitalisées.

Ces paroles viennent conforter le travail entrepris par la commission de la Condition féminine de la province Sud, notamment l’initiative de sa présidente Nicole Robineau qui est allée au devant du Sénat coutumier pour instaurer, au sein de l’institution coutumière, un espace de réflexion et de dialogue dédié à la condition féminine. Le combat des femmes passe nécessairement par les hommes et leur participation au déblocage de certaines situations. Pour prévenir les violences intra familiales, l’échec scolaire des enfants… et « pour que les femmes aient le droit à la parole, il faut travailler avec les hommes », martèle Nicole Robineau.

C’est tout le sens de la campagne provinciale du Ruban, initiée le 25 novembre dernier à l’occasion de la Journée internationale contre les violences faites aux femmes. Un Ruban blanc, couleur internationale de cette Journée mondiale, qui s’est décliné en bleu cette année pour visiter aux couleurs de la Province toutes les femmes du Sud calédonien.

Structurer une initiative pour concrétiser une dynamique

La troisième association active de Sarraméa, c’est l’Association des Parents d’Élèves de la commune (APE), incarnée par de jeunes mamans célibataires qui aimeraient, comme sa présidente Stéphanie, « que les hommes s’investissent un peu plus dans l’APE et l’accompagnement scolaire des enfants ».

Les 3 associations sont d’accord pour œuvrer à la structuration d’un ramassage scolaire pour « descendre » les élèves scolarisés dans le secondaire au collège de La Foa ; un transport qui se fait actuellement sur la base du covoiturage bénévole. Le 1er adjoint du conseil municipal de Sarraméa, Jean-Charles Moglia, conclura la rencontre en appuyant cette demande : « La chose la plus importante, c’est l’éducation de nos enfants ».

Comme expliqué en préambule par Nicole Robineau, c’est à partir d’un projet et d’un budget simplement mais clairement définis que les projets des femmes pourront être soutenus par la province Sud et les autres collectivités. Pour Gislaine Dambreville, élue provinciale membre de la commission de la Condition féminine très attachée au développement économique des communes de l’Intérieur, « la micro entreprise, souvent portée par les femmes y compris pour le compte de leur mari, est indispensable au pays ». Si les femmes de Sarraméa vont au bout de leur démarche, le transport scolaire des collégiens de la commune pourrait se concrétiser pour la prochaine rentrée.

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