Accueil ACTUALITÉS Calédonie Ensemble appelle à la responsabilité des acteurs du secteur minier, avant que le conflit ne bascule

Calédonie Ensemble appelle à la responsabilité des acteurs du secteur minier, avant que le conflit ne bascule

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Communiqué du vendredi 21 août 2015

1. Le groupe Calédonie Ensemble au congrès a demandé hier matin la réunion d’une séance publique afin qu’un débat s’instaure, et a déposé un projet de résolution à titre de document de travail. Suite à cette demande, le bureau du congrès s’est réuni hier matin et hier après-midi. Aucun accord avec les autres groupes n’est intervenu, ni sur la date d’une séance publique, ni sur l’organisation d’un débat, ni sur l’organisation de travaux sur notre proposition de résolution.

Nous le regrettons.

Plus que jamais, le congrès doit être le lieu du débat :

– pour, d’une part, éclairer les Calédoniens sur la situation exacte dans laquelle se trouvent les sociétés minières, aussi bien au plan de l’activité des centres miniers, que sur celui des profits qu’elles ont engrangés en 2014
– et pour, d’autre part, tracer le cadre au sein duquel la sortie du conflit pourrait s’organiser.

2. Notre proposition de résolution rappelle d’abord quelques chiffres

– Les exportations de minerais bruts réalisées par les petits mineurs et la SLN, sont-elles actuellement en baisse par rapport aux années passées, ce qui expliquerait que les rouleurs manquent d’activité ?

Au contraire, les exportations des petits mineurs (hors SMSP/NMC) et la SLN ont été multipliées par 2 entre 2009 et 2014, passant de 1,750 millions à 3,450 millions de tonnes. De même, les exportations de SMSP/NMC ont progressé de 1,7 à 2 millions de tonnes.

Ces chiffres sont d’ailleurs confirmés par les mineurs, et notamment :

– par Jérôme Fabre, directeur général de la SLN : « Nos rouleurs, ils travaillent principalement sur l’activité des roulages des saprolites pour Doniambo. Donc, il n’y a absolument pas de baisse d’activité, ils travaillent et il n’y a absolument pas de problème économique » (RRB – 14/08/2015)

– et par Carl Therby, directeur financier de la SMSP : « les rouleurs de la SMSP, plutôt de la NMC, qui est la filière minière, n’ont pas moins de travail, ils en ont plus » (RRB – 18/08/2015)

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– Ces exportations de minerai brut ont-elles baissé au cours du premier semestre 2015 ?

Non, les exportations de la SLN et des petits mineurs représentaient, au 1er semestre 2015, exactement le même tonnage qu’au 1er semestre 2014, soit 2,34 millions de tonnes. La seule différence est qu’il y a eu un peu plus d’exportations vers la Corée et un peu moins vers l’Australie, en lien avec le choix fait par certains mineurs de ne pas renouveler leurs contrats avec QNi.

La réalité est donc exactement contraire aux affirmations du SEM, selon lequel « La profession fait face à une crise sur le marché du nickel qui a conduit à une baisse d’activité sur les centres miniers qui affectent les entreprises, les sous-traitants et notamment les rouleurs » (communiqué du 19 août 2015)

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– L’exportation sur la Chine, si elle était autorisée, permettrait-elle d’offrir plus d’activité aux rouleurs ?

C’est ce que le SEM prétend, puisqu’il « appelle les autorités à mettre en œuvre des solutions rapides et concrètes à la baisse d’activité sur les exportations de minerais » (communiqué du 19 août 2015).

Mais Louis Ballande reconnait lui-même que la Chine n’est pas une solution rapide et concrète : « De toute manière, on n’est pas à la veille d’exporter sur la Chine, puisque nous n’avons pas de contacts suffisamment précis » (RRB – 18/08/2015)

– Conclusion :

1. La plus belle année exportatrice pour les mineurs et la SLN était 2014, et ce depuis 1997…
2. Les volumes exportés au 1er semestre 2015 sont équivalents à ceux du 1er semestre 2014
3. Et personne ne peut, en l’état actuel des cours, exporter sur la Chine…

En conséquence, la solution que propose Calédonie Ensemble pour répondre à certaines problématiques locales, qui seraient susceptibles de se poser, là où le volume exporté de latérites serait moindre : c’est de faire intervenir le fonds nickel.

Celui-ci a en effet été créé pour « garantir l’essor et la consolidation de l’industrie minière et métallurgique en Nouvelle-Calédonie, en cas de crise ».

Il dispose de 2 milliards de francs CFP mobilisables immédiatement, pour prendre en charge les cotisations sociales, confier aux rouleurs des travaux de réhabilitation de sites miniers, etc.

Et Calédonie Ensemble est prêt à proposer au congrès de faire évoluer la réglementation applicable, afin de faciliter la prise en charge des intérêts financiers des entreprises, ou apporter le cas échéant une aide en trésorerie.

Nous savons les graves difficultés que rencontre l’entreprise Maï, et elle peut être tout à fait accompagnée dans le cadre de l’intervention de ce fonds.

3. Le basculement du conflit est absolument à éviter

Le PALIKA et l’UPM organisent, en ce moment même, un meeting d’information à Pouembout, pour « faire échec à cette entreprise de déstabilisation et préserver les acquis du combat politique pour l’émancipation économique ».

Pascal Naouna demande, au titre de l’Union Calédonienne, pour la région Paici, de « se préparer à fermer les sites miniers SLN, MKM, SMT et SMGM ».

Après 15 jours de conflit, le champ de l’opposition est donc en train de basculer dans le domaine politique. Il faut craindre, si la riposte qui s’organise prenait corps, à des désordres encore plus grands que ceux que nous subissons aujourd’hui.

C’est pourquoi nous en appelons à la responsabilité de la SLN, des mineurs indépendants et des rouleurs : le conflit n’a que trop duré, il est en train de prendre une dimension qu’il n’aurait jamais dû prendre, et il est temps d’y mettre un terme.

Le protocole d’accord négocié hier soir avec le président du gouvernement, son vice- président, le haut-commissaire et les représentants de la profession constitue un point d’équilibre honorable pour chaque partie.

Il appartiendra ensuite aux institutions, au premier rang desquelles le congrès de la Nouvelle- Calédonie, d’engager la révision du schéma minier, afin d’ouvrir de nouvelles pistes pour la valorisation des minerais à faible teneur. Un groupe de travail au gouvernement a commencé les travaux sur ce sujet, avec la DIMENC, depuis le début du mois d’août.

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Pour lire le communiqué en version PDF cliquez-ici

Pour lire la résolution relative à la stratégie de mise en valeur des richesses minières du pays, cliquez-ici

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