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La SLN paye le prix de l’incurie de son actionnaire majoritaire ERAMET

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« Les Républicains » ont fait des déclarations surprenantes ces derniers temps en matière minière.

Selon eux, satisfaire la demande d’exportation de garniérite vers le Japon de la SLN est LA solution pour permettre à la société métallurgique de sortir de la crise qu’elle traverse…

En refusant de faire droit à cette demande, le gouvernement collégial aurait ainsi décidé de porter un coup fatal à a SLN…

Cette position est totalement bidon. Elle témoigne d’une méconnaissance absolue du sujet. Ou d’une petite tentative de manipulation.

1/ Il faut rappeler, tout d’abord, que de 2012 à 2014, la SLN a exporté entre 200 000 et 400 000 tonnes de garniérite, et non pas 1 000 000 de tonnes, c’est-à-dire 2,5 fois plus, comme elle le demande aujourd’hui à partir de 2020 (la demande portait sur 270 000 tonnes de 2016 à 2019 et 1 million de tonnes de 2020 à 2024)

2/ Il faut rappeler, ensuite, que la SLN s’est toujours enorgueillit d’avoir le meilleur modèle de valorisation de la ressource, un modèle fondé sur la transformation locale du minerai et non sur l’exportation de matières premières.

En 2011, Pierre ALLA, alors directeur général de la SLN, déclarait : « le modèle de la SLN est le modèle qui fait bénéficier la Nouvelle-Calédonie du plus fort taux de retombées, supérieur à 50 %. C’est-à-dire que, quand on fait un chiffre d’affaires de 100, il y a plus de 50 qui reviennent dans l’escarcelle de la Calédonie qui crée des emplois, qui fait marcher des sous-traitants. (…) Ce modèle-là est un modèle qui a fait ses preuves (…) C’est un modèle sur lequel il faut baser toutes les stratégies du développement de la Calédonie »….

La SLN stigmatisait ainsi ceux qui exportaient du minerai brut … Ce qu’elle réclame à cor et à cri aujourd’hui …

3/ Les pertes de la SLN en 2015 se chiffrent à 25 milliards de FCFP, l’exportation de garniérite ne rapporterait qu’un peu plus de 1,8 milliards de FCFP (pour 1 millions de tonnes) de chiffre d’affaires (ou 500 millions de CA pour 270 000 tonnes), et donc un bénéfice de quelques centaines de millions de FCFP dans le meilleur des cas.

En conséquence, en quoi autoriser cette exportation sauverait la SLN ?

Il est clair que les difficultés actuelles de la SLN n’ont rien à voir avec les décisions du gouvernement collégial qui a refusé d’autoriser les exportations vers le Japon.

Ces difficultés sont, en réalité, imputables aux décisions de l’actionnaire majoritaire ERAMET, qui a distribué 100 milliards de FCFP de dividendes en 2012 et 2013 et refusé, depuis près de 10 ans, de réaliser les investissements qui sont strictement nécessaires pour améliorer la compétitivité de la SLN (diminution de 15 à 20% du prix de revient) : la centrale C.

Si cette centrale avait été réalisée, la SLN perdrait en 2015 non pas 25 milliards de FCFP mais 10 milliards… Perdre trois fois 25 milliards dans les trois années qui viennent du fait d’une conjoncture internationale négative met en péril l’avenir de l’entreprise. Perdre 10 milliards par an pendant les trois années qui viennent aurait simplement était un mauvais cap à franchir pour la société.

La SLN paye donc aujourd’hui le résultat de l’incurie de son actionnaire majoritaire : ERAMET.

À voir aussi :

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