Accueil VU SUR LE WEB Femmes d’Outre-mer pour l’eau, la diversité et le climat

Femmes d’Outre-mer pour l’eau, la diversité et le climat

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( 30 novembre 2015 ) Un grand sourire, des yeux lumineux, de l’entrain, Corine est maire de La Foa depuis 2008. D’origine indonésienne par sa maman, elle se livre avec facilité sur son parcours atypique. Dernière d’une fratrie de 6 enfants, ses premiers rapports à l’eau ont commencé avec la rivière et les jarres « Dame Jeanne », des récipients de 5 litres qu’elle portait de chaque côté pour participer à la corvée familiale qu’elle considérait comme un jeu. Pour elle, l’eau est la vie mais aussi, le défi de la préserver et de prendre conscience qu’elle joue un rôle essentiel dans notre société.

Cette conscience, Corine l’a acquise et la porte en elle. Elle qui a choisi de faire un baccalauréat agricole pour exprimer son rapport aux plantes, elle quitte sa famille pour faire ses études en France. Elle se souvient du Canal du Midi qu’elle suit alors qu’elle débarque à Toulouse… « J’étais déjà liée à l’eau et cette image me revient en en parlant. » Après un BTS en analyses biologiques et agricoles, elle passe quelque temps en Guyane travaillant en recherches forestières avant de retourner en métropole où elle poursuit dans les métiers de l’environnement en particulier dans le traitement des déchets et le contrôle de la qualité des rivières, elle revient en Nouvelle-Calédonie en 1994. Elle découvre La Foa qu’elle ne quitte plus.

Corine rejoint le centre de recherche d’expérimentation agronomique et devient responsable de laboratoire. Très vite, elle s’engage dans la vie associative. Elle s’implique dans l’association indonésienne de la commune puis dans le festival du cinéma et elle croise Philippe Gomès alors maire de La Foa. Au fil de ses activités, elle se fait connaître et surtout reconnaître pour ses compétences et son travail. « Je manque d’ambition, ce qui m’intéresse, c’est que notre pays grandisse… »

C’est comme ça que Corine lie son expérience professionnelle à son engagement politique. Alors que les problèmes d’eau sont récurrents avec les tribus, la commune décide de créer « le premier conseil de l’eau », c’est pionnier pour la ville et pour la Nouvelle Calédonie. Pour mieux gérer cette ressource, Corine est convaincue qu’il faut instaurer un dialogue et des consultations. Elle est également persuadée qu’il faille informer et sensibiliser la population… La commune est à l’initiative du premier Festival de l’eau qui fête aujourd’hui, ses dix ans.

Élue à la tête de la mairie en 2008, Corine tient désormais à assurer la distribution d’une eau de qualité aux administrés. « Avant d’être élu, on est un administré, un consommateur. Je me dois d’assurer un service de l’eau de qualité à un prix juste… » Amélioration de la qualité de l’eau, révision du schéma directeur, remise aux normes… Les obligations sont là et ne manquent pas. Interrogée sur son rêve pour sa commune, Corine sourit et hésite. « Que chacun puisse être épanoui, que chacun ait sa place, son travail, son logement… et son robinet. »

Avec un sourire serein et chaleureux, la jeune maire projette son regard vers l’avenir. « Nous avons cette chance d’avoir des ressources en eau potable. Nous avons su prévoir pour préserver nos ressources… Nous devons continuer à le faire. » En Nouvelle Calédonie, Corine observe que la société a gardé son rapport à la nature, qu’elle n’a pas cédé aux dérives du développement… Si la société calédonienne manque de prise de conscience quant aux richesses qu’elle détient, il ne tient qu’à elle de comparer avec d’autres communes, d’autres pays pour s’apercevoir « qu’il revient à chacun de nous, de bâtir un destin commun qui préserve notre eau, nos ressources, notre patrimoine. »

Source : Ultramarine

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