Accueil ACTUALITÉS Pour une école de la République qui soit aussi une école du pays

Pour une école de la République qui soit aussi une école du pays

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( 12 janvier 2016 ) Jusqu’à ce que soit trouvée une solution de sortie de l’accord durable et ayant fait consensus, la Nouvelle-Calédonie vit et progresse sous le statut de l’accord de Nouméa, adopté par une très large majorité de Calédoniens.

Certains semblent vouloir l’oublier à en croire quelques commentaires au lendemain de l’examen par la commission plénière du congrès du projet éducatif calédonien.

Ainsi, extrême et outrancier, Philippe Blaise voit dans le projet éducatif calédonien un texte incohérent qui « attribue une place particulière au peuple kanak» et qui crée «une école communautariste ». Ces propos sont anachroniques au sens propre du terme. Et ils sont nauséabonds parce qu’ils visent à opposer les Calédoniens entre eux sur un sujet – l’école – qui doit être le lieu premier du rassemblement.

Des propos anachroniques, car l’accord de Nouméa – constitutionnalisé – redéfinit la place de toutes les communautés, notamment kanak, dans la mise en œuvre du destin commun.

Invitons certains à relire le texte de l’accord dont le préambule précise « qu’il convient d’ouvrir une nouvelle étape, marquée par la pleine reconnaissance de l’identité kanak, préalable à la refondation d’un contrat social entre toutes les communautés qui vivent en Nouvelle-Calédonie » et qui spécifie en son article 1 que « l’organisation politique et sociale de la Nouvelle-Calédonie doit mieux prendre en compte l’identité kanak ».

Cette reconnaissance sans laquelle l’édification du destin commun et du vivre ensemble est impossible, l’accord de Nouméa l’établit dans son article 1 autour de la terre « l’identité de chaque Kanak se définit d’abord en référence à une terre », du développement culturel « la culture kanak doit être valorisée dans les formations artistiques et dans les médias », de la toponymie « les noms kanak des lieux seront recensés et rétablis », mais aussi et surtout de l’école et des langues.

L’accord de Nouméa prévoit ainsi que « les langues kanak sont, avec le français, des langues d’enseignement et de culture en Nouvelle-Calédonie. Leur place dans l’enseignement et les médias doit donc être accrue et faire l’objet d’une réflexion approfondie ». Il dispose également « qu’une recherche scientifique et un enseignement universitaire sur les langues kanak doivent être organisés en Nouvelle-Calédonie ».

L’accord de Nouméa qui régit le statut de la Nouvelle-Calédonie souligne que la période permet « au peuple kanak d’établir avec la France des relations nouvelles correspondant aux réalités de notre temps ». Et quelle réalité plus exigeante que l’école ?

Dans ce contexte, le projet éducatif calédonien – préparé de manière consensuelle avec l’ensemble des acteurs de l’éducation pendant ces 18 derniers mois – dans toutes ses préconisations et ses réflexions, s’inscrit pleinement dans le sillon tracé par l’accord de Nouméa.
Il a l’ambition de poser les fondements d’une école du pays au profit de tous les Calédoniens, quelles que soient leurs origines, prenant en compte nos spécificités dans le cadre de l’école française et républicaine.

Des propos nauséabonds, car l’heure n’est pas d’opposer artificiellement les Calédoniens les uns aux autres. L’école doit prendre sa part dans la refondation de la société calédonienne et dans l’établissement d’un lien social durable entre les communautés, préalables à la constitution du peuple calédonien comme l’incite l’accord de Nouméa : « il est aujourd’hui nécessaire de poser les bases d’une citoyenneté de la Nouvelle-Calédonie, permettant au peuple d’origine de constituer avec les hommes et les femmes qui y vivent, une communauté humaine affirmant son destin commun ».

Les réformes mises en œuvre aujourd’hui, tel le projet éducatif calédonien, répondent à l’objectif ambitieux fixé à la Nouvelle-Calédonie en mai 1998 et qui demeure plus que jamais à atteindre : « Le passé a été le temps de la colonisation. Le présent est le temps du partage, par le rééquilibrage. L’avenir doit être le temps de l’identité, dans un destin commun ».

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