Accueil VU SUR LE WEB Nina Julié sur Radio Djiido : « Impliquer la jeunesse »

Nina Julié sur Radio Djiido : « Impliquer la jeunesse »

Nina Julie

( 31 mars 2016 ) Journaliste : Nous allons parler des journées jeunesse développement durable. À partir du 4 au 8 avril prochain, 88 jeunes sont invités au centre d’accueil de Poé, au sein du domaine de Deva, par la province Sud, pour participer au premier forum jeunesse développement durable. Le but de cette opération est de faire réfléchir les jeunes et de faire émerger, chez eux, des projets écocitoyens quʹils proposeront ensuite dans leurs établissements scolaires, leurs quartiers ou leurs tribus. Le projet
des JDD a été créé dans cet objectif et se décline en trois étapes sur l’année scolaire, création de projet, accompagnement et restitution. Le forum, événement majeur de l’aventure, en constitue le premier temps, il est donc organisé sous la forme dʹune semaine d’échanges et de partages. Une fille et un garçon ont été choisis dans chacun des 44 établissements d’enseignement secondaire public et privé de la province Sud en classe de 4e, 3e, seconde et première. Ces jeunes auront comme responsabilité de représenter leur école au sein du forum et vice-­versa, ils bénéficieront d’un village ressource animé par les associations environnementales et d’une sensibilisation à la thématique du réchauffement climatique à travers l’intervention d’experts. Le but est de les aider dans leurs réflexions et de les accompagner pour construire un projet écocitoyen concret. Nina Julié, élue provinciale à la province Sud, elle est porteuse du projet forum jeunesse développement durable :

Nina Julié : Bonjour et bonjour à vos auditeurs. Cette idée, ce projet vient d’un constat, la province est en charge de la jeunesse et elle est aussi en charge des questions qui touchent à l’environnement et au développement durable. Donc, il était essentiel pour nous de pouvoir impliquer la jeunesse dans ces questions, que les jeunes comprennent les enjeux qui traversent ces deux thématiques et quʹils puissent être porteurs de projets. Nous ne voulons plus l’être dans un système où on est constamment en train dʹassister les jeunes et on veut que les idées viennent d’eux, qu’ils soient les propres acteurs de leur projet dans leur propre espace de vie.

Journaliste : Le but est de sʹinformer, échanger, réfléchir ensemble, avec des professionnels, c’est-­à‑dire qu’il y aura des intervenants.

Nina Julié : Oui, des partenaires qui œuvrent dans le domaine du développement durable, notamment des partenaires associatifs, mais nous avons aussi réuni nos directions, la direction de économie, la direction de la culture, la direction de l’environnement, bien évidemment la direction de la jeunesse, et ensemble, ces partenaires doivent apporter un certain nombre dʹinformations, de connaissances aux jeunes, mais aussi une méthodologie, pour que ces jeunes puissent avoir les outils et les ressources nécessaires afin de construire leur propre projet. Nous avons un partenaire essentiel qui est le vice-‑rectorat, puisqu’il est au contact direct de ces jeunes. 44 établissements jalonnent la province Sud, que ce soit du privé ou du public, et c’est grâce au vice-­rectorat que nous avons pu contacter l’ensemble de ces établissements. Deux élèves sont choisis au sein de l’établissement, un garçon, une fille, et sont invités à participer à cette semaine. Vraiment, le but, c’est quʹà l’issue de cette semaine, les jeunes puissent retourner dans leur établissement, leur quartier, leur tribu, avec un mini projet qui permet de sʹinvestir dans sa cité, dans son établissement, et de montrer qu’on peut changer les comportements. Donc, on ne part pas sur des projets très ambitieux, ça peut être de petites choses, comment est‑ce que, dans mon établissement, je vais inciter mes camarades et mes professeurs à maîtriser l’énergie, à éteindre à lumière quand on sort de la classe, comment je vais mettre en place une petite action pour lutter contre le gaspillage alimentaire, est‑ce que je peux prévoir un planning de covoiturage pour éviter les embouteillages le matin, et puis toutes ces voitures qui se rendent dans les établissements scolaires sur Nouméa notamment. Il y a plein de petits projets comme ça qui pourront être portés par les jeunes. Ça, c’est ce à quoi nous, nous avons pensé, mais certainement que les jeunes vont avoir un grand nombre d’idées à nous proposer.

Journaliste : Ce sont des élèves qui ont été choisis dans des établissements d’enseignement secondaire publics et privés de la province Sud.

Nina Julié : Oui, tout à fait, collèges et lycées. Cet événement s’adresse aux quatrièmes, troisièmes, secondes et premières, et nous avons laissé la totale liberté aux établissements de choisir leurs représentants.

Journaliste : Ces jeunes, ils vont rester dans un village ressource et animés par des associations environnementales. Il y aura des thèmes sur le réchauffement climatique, et dʹautres sujets qui touchent à l’environnement et au développement durable, entre autres.

Nina Julié : Tout à fait, nous avons souhaité qu’il y ait un fil conducteur au cours de cette semaine. Ce fil conducteur, c’ʹest le changement climatique, et les activités qui vont être proposées aux jeunes par nos partenaires, les interventions. Le village ressource va apporter des informations autour de cette thématique. Et nous avons choisi aussi de réaliser cet événement sur le site du domaine de Deva, qui est un site emblématique en termes de développement durable, qui permet de comprendre les enjeux du développement durable, au travers ces aspects économiques, ces aspects environnementaux, mais aussi ces aspects historiques et sociaux. Donc, c’ʹétait important pour nous que cette manifestation se déroule sur ce site.

Journaliste : Il y a aussi 16 associations et organisations œuvrant dans les différents domaines de l’environnement, qui vont assurer des permanences de sensibilisation, cʹest‑à-­dire ?

Nina Julié : Tout au long de la journée, les jeunes vont pouvoir participer à des activités qui vont mêler apport de connaissances en environnement, mais aussi en agriculture, ou dans le domaine culturel, avec ce quʹon appelle des activités de pleine nature. Donc, ils vont, par exemple, pouvoir aller découvrir la mangrove tout en faisant du kayak, découvrir la forêt sèche à cheval, faire une randonnée pour apprendre à lire un paysage. C’est ce genre d’activités qui sont proposées en journée. En fin de journée, ce fameux village ressource au sein duquel ils pourront trouver un certain nombre d’informations, et où les partenaires seront présents, et pour terminer, en soirée, on leur a aussi prévu de quoi alimenter leur réflexion, mais de façon beaucoup plus ludique.

Journaliste : En tout cas, ce projet va se décliner en trois étapes sur une année scolaire.

Nina Julié : Oui, tout à fait. C’est vraiment ce qui fait ce projet original, puisquʹil débute pendant la première semaine d’avril où, là, les jeunes vont réfléchir à leur projet, vont imaginer leur projet, comment ils vont le mettre en place, ensuite, ils retournent dans leur établissement, ils essayent de le mettre en place avec les contacts quʹon leur aura donnés, la méthodologie qu’on leur aura communiquée, et tout au long de ce projet, ils pourront rester en lien avec les partenaires quʹils auront rencontrés et qui peuvent leur apporter quelque chose dans la mise en œuvre de ce projet. Et enfin, en fin d’année, nous avons prévu de les rassembler pour une dernière fois pour quʹils puissent présenter leur projet et quʹon puisse évaluer si ça a fonctionné, sʹil y a des choses à changer, sʹils compteraient la recommencer l’année suivante. Et ce qui est important surtout pour nous, c’est sʹils ont réussi à rayonner, réussi à convaincre leurs camarades, eux aussi, de se mettre dans le projet et puis de devenir des citoyens, cʹest‑à-­dire acteurs de leur pays.

Journaliste : Le site de Poé, sur le domaine de Deva, c’est un site idéal puisque durant cette semaine d’échanges et de partages entre les jeunes, ils pourront aussi accéder à des espaces qui sont des espaces thématiques.

Nina Julié : Oui, oui, au sein du village, il y aura nos partenaires, mais à lʹextérieur du centre d’activités de Poé, nous avons prévu de les emmener dans la forêt sèche, la mangrove, enfin tout un tas de sites assez originaux autour de Deva. C’est pour ça dʹailleurs que nous avons vraiment souhaité que l’événement se déroule à cet endroit.

Journaliste : Ces jeunes seront hébergés sur place, le transport vers le centre d’accueil de Poé, également l’hébergement, les repas, sont pris en charge par la province Sud.

Nina Julié : Oui, l’ensemble de l’événement est organisé par la province Sud. Les jeunes sont récupérés le dimanche qui précède la première semaine de vacances, on a organisé tout un circuit pour aller les récupérer dans toutes les communes où ils habitent, et on les emmène sur le site où, l’ensemble de la logistique est pris en charge par la province Sud. Là, c’ʹest vraiment un événement qu’ʹon a souhaité porter de A à Z. On s’est beaucoup investis dans le contenu de cette manifestation, ce que la province Sud fait peu habituellement. Elle fait toujours appel à des partenaires pour cette partie-­là. Là, nous, on a vraiment souhaité faire les deux et, en plus, laisser une part belle à nos partenaires parce que ce sont eux aussi les professionnels dans leur secteur et auprès de la jeunesse. Je pense que c’ʹest une belle opération partenariale. En tout cas, nos associations avec qui on travaille, nos directions sont enchantées de ce projet et je souhaite que ça soit vraiment une belle réussite.

Journaliste : Il y a aussi des partenaires culturels et qui vont intervenir et proposer des activités en soirée.

Nina Julié : Oui, tout à fait. L’ADCK, qui est un partenaire qui va intervenir. J’ose pas tous les citer parce que ça serait dommage dʹen oublier, mais oui, effectivement, on a des associations culturelles, des associations qui œuvrent dans la sensibilisation et l’éducation, au développement durable et à l’environnement, on a des associations purement de défense de l’environnement. On a aussi nos directions qui interviennent dans le domaine de l’agriculture, et puis on a aussi un petit volet économique.

Journaliste : Il y a un ambassadeur qui a été désigné pour l’événement ?

Nina Julié : Oui, tout à fait. C’est Thibaut Biésin qui est jeune président de l’association Calédoclean, qui, chaque week-end, œuvre pour aller débarrasser nos mangroves, nos forêts sèches de leurs déchets. C’est un jeune qui est très dynamique, très investi, qui, pour nous, paraît être un bon exemple, un bon modèle pour notre jeunesse, de quelqu’un qui s’investit vraiment pour changer les comportements, changer les habitudes. On a souhaité que ce jeune nous rejoigne, quʹil puisse échanger avec les autres jeunes qui vont être présents. C’est important pour nous qu’on ait un ambassadeur qui ressemble aux jeunes quʹon a invités pour cet événement.

Journaliste : Ils sont 88 jeunes qui sont invités.

Nina Julié : Oui, 88 jeunes. C’est une première pour nous, on va voir comment ça se passe. L’idée, c’est bien de pérenniser cet événement. Moi, je souhaite que ces jeunes puissent laisser aller leurs idées, quʹils croient en leur avenir, quʹils croient en leurs idées, et que c’est grâce à eux que l’avenir va se construire puisque, vraiment, demain, c’est eux. Jʹespère quʹils vont pouvoir cultiver leurs idées et qu’on pourra être là pour leur donner les outils et les ressources nécessaires pour concrétiser leurs projets.

Journaliste : Madame Julié, merci beaucoup.

Source : Radio Djiido

À voir aussi :

Réunion à la CPS avec L’IFRECOR

( 18 septembre 2017 ) Philippe Gomès : « Réunion hier matin à la Communauté du Pacifique S…