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Du cinéma d’auteur toute l’année

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( 15 avril 2016 ) Avec une salle dédiée au sein du Cinécity, l’association Cinéma d’ici et d’ailleurs proposera dès la semaine prochainedes films d’auteur, en version originale, toute l’année. Une révolution qui sert les cinéphiles mais aussi la filière audiovisuelle locale.

A compter du mercredi 20 avril, la salle 12 du Cinécity, 90 places, sera entièrement consacrée, en soirée, aux « films d’auteur internationaux et productions calédoniennes ». Avec un panneau lumineux et un espace d’affichage spécifiques, c’est bien une zone cinéma d’auteur qui se dessine au sein du seul multiplexe du pays. Bienvenue au Cinéma d’ici et d’ailleurs.
Ce projet a été porté par Delphine Ollier, par ailleurs déléguée générale du Festival du cinéma de La Foa, qui préfère parler de cinéma d’auteur plutôt que d’art et essai, un terme qui « peut faire peur ». Cette dernière est à l’origine de l’association Cinéma d’ici et d’ailleurs, présidée par Roland Rossero, et dont le député Philippe Gomès est membre d’honneur.

Susciter la réflexion
Son idée : offrir toute l’année aux cinéphiles des films plus exigeants que les blockbusters, sans qu’ils doivent attendre les festivals (La Foa, Semaine du cinéma européen, Ânûû-rû Âboro…) ou les films estampillés « Ciné Sud ». Ce cinéma d’auteur est « un cinéma de diversité, de réflexion, de partage, de discussion », insiste Delphine Ollier. Un cinéma à découvrir en version originale, sauf le premier lundi du mois, où ils seront en version française, sous réserve que celle-ci existe.
Comme c’était déjà le cas avec les séances Ciné Sud, le cinéma local sera aussi mis à l’honneur en projetant des courts du pays avant les films internationaux, et en réservant des séances spéciales aux films calédoniens plus longs.

Créer des débouchés
C’est ce soutien au cinéma local qui justifie en partie la contribution du gouvernement. « Cette aide octroyée à la diffusion fait écho à la politique de développement de l’audiovisuel, en aidant à structurer la filière », explique Cynthia Jan, chef de cabinet de Thierry Cornaille, en charge de l’audiovisuel. Car qui dit diffusion, dit débouchés supplémentaires pour la production locale. Une étape obligée pour le futur fonds d’aide à l’audiovisuel, dans les cartons depuis quelques mois, qui devrait voir le jour au troisième trimestre 2016. A la clé, l’accès aux précieux financements du Centre national du cinéma. Comme quoi, en faisant plaisir aux cinéphiles, on pourra, si tout va bien, aider à développer, encore, l’audiovisuel local.

www.cinemadicietdailleurs.nc et page Facebook « Cinéma d’ici et d’ailleurs ».
Retrouvez sur lnc.nc, rubrique « L’info en direct » les bandes-annonces de Carol et de 45 ans.
Repères

Pour commencer…
Deux films ouvriront le bal, chacun sera joué une fois par jour, pendant quatre semaines : 45 ans, film britannique où brillent Charlotte Rampling et Tom Courtenay, tous deux récompensés au festival de Berlin. Alors qu’ils s’apprêtent à fêter leurs 45 ans de mariage, un couple est bouleversé par une nouvelle : le corps du premier amour du mari est retrouvé dans la glace des Alpes… Ce film sera précédé du court calédonien Apparences d’Erwann Bournet. Carol (voir photo) sera, lui, précédé du court calédonien Nouméa Super 8, de Luc Mauduit.

Rendez-vous réguliers
Une séance spéciale le premier mardi du mois : Trois souvenirs de ma jeunesse, César de la meilleure réalisation pour Arnaud Despleschin, le 3 mai. Et un ciné débat mensuel, dont un autour de 45 ans le 28 avril.

Tarifs à part
Ils seront moins élevés que pour les autres séances : 1 050 F (tarif plein) et 750 F (tarif réduit). Dès le 9 mai, une carte de six places, non nominative et valable trois mois, sera disponible au prix de 5 000 F (soit 833 F le ticket).
Un projet, des partenaires
La province Sud contribue à hauteur de 5,5 millions de francs. Les fonds alloués jusqu’à présent à l’opération Ciné Sud, qui proposait des films d’auteur au Cinécity, ont été réorientés vers Cinéma d’ici avec un complément. Le gouvernement apporte 2 millions de francs (incluant le volet pédagogique « Ciné langue vivante ») et la société métropolitaine Ericsson, représentée chez nous par Intelia, 10 000 euros (1,2 million de francs).
Du côté du Cinécity, il y a aussi une prise de risque. « L’association choisit les films et participe à l’acquisition des droits, et nous, nous réduisons le prix », explique Douglas Hickson. Autre nouveauté : la séance en version originale du dimanche soir vise aussi à ce « que tous les cinémas soient présents au Cinécity, qu’on puisse circuler de l’un à l’autre ». La concurrence d’un nouveau multiplexe, à Dumbéa, en 2018, motive-t-elle ces nouveautés ? Non, répond Douglas Hickson. La diversification est « un travail permanent ».

Source : lnc

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