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Priorité à notre jeunesse !

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( 30 mai 2016 ) Philippe Germain : « Dans le domaine de l’éducation, lors de mon entretien avec la ministre de l’Éducation, j’ai insisté pour que la Calédonie ne subissent pas les restrictions budgétaires décidées en Métropole et qu’elle soit une exception, car nous sommes une goutte d’eau dans le budget national.
C’est acté ! Et la Calédonie va donc bénéficier d’un régime particulier. La ministre de l’Éducation s’est engagée à nous assister dans la mise en œuvre de notre projet éducatif. »

ENTRETIEN avec Philippe Germain

Les Nouvelles calédoniennes : Avez-vous ressenti durant cette semaine de travail à Paris une écoute particulière du gouvernement à votre égard ?
Il est évident que l’engagement du Premier ministre dans le dossier calédonien a des incidences sur l’ensemble des ministères. La venue du président de la République à Nouméa avait déjà constitué un tournant. Le sommet France-Océanie a confirmé cela. Avec Thierry Lataste aux côtés de François Hollande, nous avons toujours eu les ouvertures nécessaires pour faire passer les messages. Donc nous avons une écoute à l’Élysée, une écoute à Matignon. Si j’ajoute à cela la passion du ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, pour la Calédonie, je considère que les conditions actuelles sont particulièrement positives.

Des conditions « positives » déterminantes à l’approche de 2018 ?
L’accord de Nouméa, c’est trois partenaires. La classe politique calédonienne, unanimement, attend de l’État qu’il joue pleinement son rôle de facilitateur, mais également d’acteur. L’État joue désormais ce rôle. Au-delà de la sortie de l’accord, l’Etat, à travers ses compétences, fait les efforts pour aider la Calédonie à se réformer. Cela avance !

Il manque cependant toujours 4 milliards de francs pour les contrats de développement…
Reste effectivement un bémol concernant les contrats de développement. Nous n’avons pas eu de garantie sur ce point. On sait que les finances de l’Etat sont contraintes. La ministre des Outre-mer estime que nous avons un désaccord sur les chiffres. Si cela ne tient qu’à cela, il n’y a pas de difficulté. Dès notre retour, nous allons faire le point avec le haut-commissariat, en lien bien sûr avec Thierry Lataste. Ce financement est fondamental pour les provinces qui ont engagé des travaux prévus dans le cadre des contrats de développement.

Votre dernier rendez-vous vous a conduit chez la ministre de l’Éducation nationale. Pourquoi ?
J’ai souhaité rencontrer Najat Vallaud-Belkacem afin de trouver une solution à la problématique qui était la nomination du vice-recteur, afin de trouver une solution.

Est-elle trouvée ?
Elle l’est depuis cette rencontre avec la ministre. Désormais, nous nommerons conjointement le vice-recteur. Ce ne sera plus une décision unilatérale, ni de l’Etat, ni de la Nouvelle-Calédonie. Nous réaliserons ensemble l’appel à candidatures, l’audition des candidats et nous le choisirons ensemble. Mais le plus important, c’est que ce rendez-vous de travail avec la ministre a permis de mettre en place un véritable partenariat avec son ministère. L’idée est de mettre en place des conventions triennales pour nous assister dans la mise en œuvre de notre projet éducatif. Nous assister en moyens, en hommes. J’ai sensibilisé Najat Vallaud-Belkacem sur les particularités du territoire et les défis à surmonter.

A quoi pensez-vous notamment ?
Je pense à la délinquance, à la sortie des jeunes sans qualification, sans formation ni diplôme, et parfois avant l’âge légal. Nous sommes en train d’adapter le modèle de l’école républicaine en prenant en compte nos spécificités. C’est un gros chantier. Nous ne devons donc pas subir les restrictions budgétaires décidées en Métropole. Il faut nous laisser de l’oxygène, d’autant que l’on ouvre deux nouveaux lycées. Il faut que la Calédonie soit une exception, car nous sommes une goutte d’eau dans le budget national. C’est acté, et la Calédonie va donc bénéficier d’un régime particulier avec la mise en place de ce dispositif pédagogique spécifique. C’est unique ! La ministre s’est engagée à nous assister, et je l’ai invitée à venir signer ces conventions à Nouméa, probablement en octobre. C’est une vraie dynamique pour le territoire et sa jeunesse, et cela doit donner de la confiance aux enseignants et aux parents.

Quel est votre ressenti sur le blocage social actuellement en Métropole ?
C’est délicat d’avoir un ressenti, dans la mesure où mon agenda, extrêmement chargé, ne m’a pas permis d’être au contact des gens. Mais on sent bien que les acteurs économiques ne comprennent plus… Il y a un décalage entre le mouvement qui s’organise contre la loi et ce qu’attend la population. Quand j’ai intégré les sessions du dialogue social initiées par Marie-Noëlle Thémereau, en 2006, nous sommes allés dans les pays où les systèmes sociaux fonctionnaient. Aux Pays-Bas, les experts ont décrit ainsi la clé de leur réussite et leur dialogue social apaisé : « Ici, quand nous avons un problème dans l’entreprise, ou dans la famille, on se met autour d’une table et on discute jusqu’à trouver la solution. Vous, en France, quand vous avez un problème, vous vous asseyez autour de la table, et vous cherchez qui est le responsable… »

Propos recueillis à Paris par ALP

Source : LNC

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