Accueil VU SUR LE WEB Article qui met en perspective le rôle de la France et de ses collectivités dans le Pacifique

Article qui met en perspective le rôle de la France et de ses collectivités dans le Pacifique

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( 24 juin 2016 ) La France a initié un rééquilibrage de son centre de gravité stratégique vers l’Indo-Pacifique, dont elle est une puissance riveraine. Certes, il reste à définir une stratégie régionale détaillée, qui pourrait par exemple compléter le rapport de référence publié il y a deux ans par la DGRIS (actualisé depuis) et diffusé par la délégation française lors du sommet de Shangri-La. En y intégrant peut-être un narratif dont Américains et Chinois ont le secret (Pivot, Route de la Soie…), et qui, dépassant les dynamiques administratives, aurait plus d’impact politique.

Les faits : la France est citée pour la première fois dans le Livre blanc australien, publié en début d’année, comme partenaire européen de référence, et l’est aussi dans les Livres blancs néo-zélandais (publié le 6 juin) et indonésien. Depuis quelques années, les enjeux indo-pacifiques ont pris une dimension inédite grâce aux efforts croisés des responsables politiques et des administrations. Des visites de très haut niveau (François Hollande en Australie et en Nouvelle-Calédonie, et Manuel Valls en Nouvelle-Calédonie, en Nouvelle-Zélande et en Australie), conjuguées à l’action du ministère de la Défense, ont été déterminantes dans ce « sursaut » Pacifique français. Jean-Yves Le Drian étant ainsi le seul ministre de la Défense européen à s’être rendu quatre fois au sommet de Shangri-La et à y avoir systématiquement pris la parole. Lors de la dernière édition, il a notamment exhorté les Européens à se préoccuper de la situation en mer de Chine du sud.

La Marine nationale y joue aussi un rôle depuis de longues années, avec une présence permanente dans la région et des patrouilles fréquentes en mer de Chine du sud, où elle est la seule force du continent européen à être déployée (les Britanniques pourraient être de retour dans la zone dès 2017). Le contrat remporté par DCNS en Australie a évidemment grandement contribué à cette dynamique, avec une multiplication des contacts et des visites de responsables militaires (chef d’état-major de la Marine, CEMA en juillet prochain…).

Tout comme l’action proactive des territoires français de la région, qui ont accru leurs efforts de visibilité, comme le montre la promotion du sommet de l’Élysée France-Océanie par les présidents des territoires de Nouvelle-Calédonie et de Polynésie. Mais aussi par le biais de lancements de grands programmes d’infrastructures, comme des liaisons par câble sous-marin pour les besoins de l’Internet (entre notamment Wallis, Samoa et les Fidji).

Tout ceci étant renforcé, sur le plan industriel, par un écosystème de partenariats de longue date dans des pays comme la Malaisie, l’Australie ou Singapour, où sont bien implantés les industriels français (DCNS, DCI, Thales…).

La France est par ailleurs le seul pays européen à être présent dans les organisations régionales de défense et de sécurité : elle est partie à l’accord FRANZ avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande (pour coordonner l’aide civile et militaire aux victimes de catastrophes naturelles) et membre du QUAD (Quadrilateral Defence Coordination Group – avec les États-Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande) pour coordonner l’effort de sécurité maritime dans le Pacifique. Un officier de liaison français est détaché auprès de l’US PACOM, et la France participe à la réunion des ministres de la Défense du Pacifique Sud (SPDMM), au séminaire des chefs d’état-major des armées du Pacifique (CHOD) ainsi qu’à la réunion annuelle des chefs du renseignement militaire d’Asie-Pacifique (APICC).

Pour les Australiens, le rapprochement avec la France (qui a placé l’Australie au cœur de sa stratégie régionale) est d’importance, notamment dans le contexte actuel de l’agacement perceptible en Australie sur le peu d’informations fournies par les Américains lors de leurs manœuvres en mer de Chine. Les Australiens craignent en effet que leurs grands alliés oscillent entre d’éventuelles sur-réactions momentanées aux initiatives chinoises et velléités de désengagement éventuel de leurs forces, notamment en cas de victoire de Donald Trump.

Source : ttu.fr

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