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600 Calédoniens sauvés de la République Bananière

( 5 août 2016 ) Le Congrès de la Nouvelle-Calédonie, en sa séance du jeudi 28 juillet, a modifié les règles d’admission au bénéfice du fonds nickel.

Ce fonds (doté de plus de 2 milliards) est destiné notamment à intervenir au profit des mineurs et de leurs entreprises sous-traitantes afin de maintenir l’emploi salarié lorsque le secteur est considéré comme étant en crise. Dans ce cas, les entreprises agréées peuvent bénéficier d’une prise en charge des cotisations patronales pouvant aller jusqu’à 90% de leur montant, à condition d’avoir moins de 500 salariés. Or, la NMC, société minière de la province Nord qui exporte à destination de l’usine de Corée, a aujourd’hui 600 salariés. Si les règles du fonds n’avaient pas été modifiées par le Congrès, cette société n’aurait pas pu bénéficier de ces aides.

Calédonie Ensemble a voté l’augmentation du nombre de salariés (750 au lieu de 500) permettant à cette entreprise de bénéficier de l’intervention du fonds. D’autres ont voté contre au motif de l’idéologie du « modèle » politique ou économique que la NMC incarne.

Il nous semble essentiel de rappeler trois choses très simples :

– La NMC, en 2009 lors de la précédente crise du nickel, avait moins de 500 salariés (450). Elle pouvait donc, à cette date, bénéficier du fonds nickel. Si elle en a 600 aujourd’hui, c’est qu’elle a du augmenter sa production pour satisfaire les besoins de l’usine de Corée. Doit-on la pénaliser alors qu’elle a créé de l’emploi au profit des gens du pays ?
– Quel que soit le jugement que l’on peut porter sur l’efficacité de la gestion de cette société, doit-on pénaliser ses salariés au motif de l’éventuelle insuffisance de ses dirigeants ? Aurions-nous dû pénaliser les employés de la SLN du fait de la gestion erratique de son actionnaire majoritaire Eramet ces dernières années ?
– Les 600 salariés du groupe NMC sont 600 Calédoniens, dont la majorité travaille en Brousse, de toute origine ethnique et politique. Doit-on les sacrifier sur l’autel de l’actionnariat de la société NMC ou de la philosophie économique qu’elle porte ?

De manière plus générale, n’oublions pas que nous sommes en République et que nul ne peut être sanctionné pour ses opinions politiques, philosophiques, économiques ou autres. Sacrifier des emplois, sur l’autel de la politique politicienne, serait digne d’un comportement de République… bananière cette fois.

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