Accueil VU SUR LE WEB Philippe Michel-Roch Wamytan : La délinquance en débat

Philippe Michel-Roch Wamytan : La délinquance en débat

( 9 octobre 2016 ) Après l’examen par le congrès du budget supplémentaire de la Nouvelle-Calédonie, et du débat houleux sur le thème de la délinquance, la Web-TV NCI a organisé un débat entre Philippe Michel et Roch Wamytan. L’objectif était de dépassionner la question et de l’aborder sur le fond.

Le secrétaire général de Calédonie Ensemble et le président du groupe UC-FLNKS et nationaliste au congrès, ont dressé de concert le même constat : « Je suis quand même assez crispé parce que ce sujet-là concerne d’abord et avant tout la jeunesse kanak », déclare Roch Wamytan. « Roch a tout à fait raison, répond Philippe Michel, parce que c’est un fait, lorsqu’il souligne que la délinquance concerne en premier chef la communauté kanak. Il suffit de relever les chiffres de la population carcérale pour mesurer à quel point, c’est vrai ». Mais Philippe Michel insiste sur la prise de conscience de ce fait par les responsables de la communauté kanak : « tous les responsables coutumiers ou politiques kanak, dit-il, ont parfaitement conscience de la situation et des problèmes que ça pose. Lorsque les Sénateurs coutumiers parlent de « jeunesse sinistrée » ou réclame aujourd’hui un plan Marshall pour la jeunesse, c’est qu’ils ont parfaitement pris conscience d’une part de la situation et d’autre part qu’ils assument leur responsabilité, parce que ce n’est certainement pas de gaité de cœur qu’ils utilisent ces termes de sinistré et de plan Marshall. »

Un débat au congrès

« J’ai demandé un débat au Congrès pour que nous puissions en toute sérénité, en toute transparence, en toute vérité aller au fond des choses et nous demander pourquoi, nous en sommes arrivés là », déclare Roch Wamytan qui cependant, fait part de ses craintes : « moi, ce dont j’ai peur, dit-il, c’est que nous arrivons à des échéances politiques dès 2017 avec des élections législatives, et que certains puissent instrumentaliser la délinquance pour se faire élire ». Ce à quoi Philippe Michel précise : « La proximité des échéances électorales rend le débat plus compliqué certes, mais cela ne nous dégage pas pour autant de nos responsabilités, parce qu’en attendant le problème est bien réel et il faut le traiter. Même si on n’évitera pas de la surenchère et de l’instrumentalisation politique, il faut néanmoins avoir ce débat parce que c’est ce que les Calédoniens attendent de nous ». Que peut-on attendre de ce débat ? « Il faut essayer de nous plonger dans les racines du mal », répond Roch Wamytan pour qui il faudra avoir le courage politique d’aller au fond des choses. « C’est l’état d’esprit des accords de Matignon et de l’accord de Nouméa, dit-il, car on est tous à bord de la même pirogue, qui doit prévaloir pour traiter cette problématique qui nous impacte tous. Il faut revenir aux fondamentaux qui nous font privilégier l’intérêt général du pays ». Philippe Michel, secrétaire général de Calédonie Ensemble, juge qu’il est temps en effet de poser les termes du débat, « il nous faut ensemble aborder cette problématique calmement, sérieusement en évitant les anathèmes ou les interpellations directes. Parce que ce sujet-là commence à poser un vrai problème par rapport à la cohésion sociale et aux accords politiques que l’on essaye de dégager ». Estimant que ce débat au congrès devra être sincère et efficace, Philippe Michel, en appelle à la responsabilité de tous : « Oui, dit-il, la responsabilité de prévention et de répression de la délinquance incombe à l’État, mais cela ne nous exonère pas, nous collectivités, de nos propres responsabilités. Le sujet majeur de l’année 2017, indépendamment de la question de la sortie de l’accord et de la résolution de la crise économique, doit être ce débat de fond sur la délinquance et notre capacité collective à nous mettre en ordre de marche. »

Pour visionner le débat, cliquez-ici

Source : NCI

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