Accueil ASSEMBLÉE NATIONALE Le député Philippe Gomès interpelle Najat Vallaud-Belkacem sur les moyens humains et financiers attendus par la Nouvelle-Calédonie pour l’ouverture à la rentrée 2017 des lycées du Mt-Dore et de Pouembout ainsi que pour l’Université

Le député Philippe Gomès interpelle Najat Vallaud-Belkacem sur les moyens humains et financiers attendus par la Nouvelle-Calédonie pour l’ouverture à la rentrée 2017 des lycées du Mt-Dore et de Pouembout ainsi que pour l’Université

( 10 janvier 2017 ) Lors de la séance des questions orales au gouvernement, le député Philippe Gomès a interrogé la ministre de l’Éducation nationale sur la mise en œuvre du projet éducatif calédonien.

Évoquant la convention signée par l’État lors de la venue en Calédonie de Najat Vallaud-Belkacem, Philippe Gomès s’est inquiété de l’avancée de certains dossiers, ainsi : les heures d’accompagnement allouées aux lycées du Mont-Dore et de Pouembout, le nombre d’enseignants supplémentaires et la création d’une antenne de l’université en province Nord. Trois dossiers sur lesquels des retards semblent être pris.


Mme la présidente. La parole est à M. Philippe Gomes, pour poser sa seconde question.

M. Philippe Gomes. Madame la ministre, je souhaitais également aborder la question du protocole d’accord que vous avez signé lors de votre déplacement en Nouvelle-Calédonie, le 26 octobre dernier, aux termes duquel l’État s’engage à accompagner la Nouvelle-Calédonie dans la mise en place de son projet éducatif qui doit permettre à l’école calédonienne de devenir le creuset du destin commun de notre pays.

Ce protocole d’accord contient un certain nombre de dispositions qui sont en train d’être mises en place. Je pense notamment à l’assistance qui nous est apportée pour la rédaction du code de l’éducation, mais également aux garanties qui nous ont été offertes pour que la correction locale du baccalauréat, du moins des 25 % de copies qui ne sont pas encore corrigées localement, bénéficie des garanties d’anonymat requises, s’agissant des matières à petit flux, et du timbre d’une académie métropolitaine, ce qui est important pour les jeunes Calédoniens qui font leurs études en France métropolitaine.

Pour autant, d’autres dispositions semblent soulever d’importantes difficultés de mise en œuvre. Elles tiennent aux moyens devant être alloués à la Nouvelle-Calédonie pour lui permettre de mettre en place quatre nouveaux BTS, dont le premier à la rentrée 2017, mais aussi aux moyens humains et financiers nécessaires pour que les deux lycées dont la construction a été assumée par l’État – le lycée du Mont-Dore et celui de Pouembout – puissent fonctionner dans des conditions satisfaisantes.

À ce titre, je suis très inquiet car 7 900 heures d’accompagnement éducatif devaient être allouées dont nous ne voyons pas trace aujourd’hui. Or, comme chacun le sait, en Nouvelle-Calédonie, 27 % des élèves qui arrivent en sixième ont une année de retard. Cet accompagnement éducatif est donc essentiel pour notre pays.

De la même manière, madame la ministre, nous avons des inquiétudes concernant l’antenne de l’université dans la Province Nord. Des crédits d’investissement ont été débloqués, mais les moyens en fonctionnement sont incertains. Or vous savez à quel point cette antenne est importante pour notre pays en général et pour la Province Nord en particulier.

De la même manière, la politique de site qui a été initiée par l’université de la Nouvelle-Calédonie est digne d’être saluée – elle est probablement la plus avancée de tous les outre-mer. Vous avez, madame la ministre, eu les yeux de Chimène pour un territoire voisin et ami… Nous aurions aimé que vous les portiez également sur nous !

Ma question est donc la suivante : l’État apportera-t-il, à la rentrée 2017, les moyens nécessaires à la mise en œuvre du projet éducatif, et notamment à l’ouverture des deux lycées ? L’université bénéficiera-t-elle d’une attention bienveillante afin que son antenne en Province Nord puisse fonctionner dans les meilleures conditions ?

Mme la présidente. La parole est à Mme la ministre.

Mme Najat Vallaud-Belkacem. Monsieur le député, je suis surprise de vous entendre dire cela. Nous pourrons en reparler après cette séance, mais je peux d’ores et déjà vous affirmer que les engagements que j’ai pris personnellement ne seront absolument pas remis en question, en particulier pour les deux lycées. D’ailleurs je vous demanderai de me donner des nouvelles du lycée Mont-Dore, dont j’ai suivi l’évolution, après mon départ. Les 75 postes seront maintenus et les 7 900 heures d’accompagnement seront bien délivrées, il n’y a pas de sujet d’inquiétude.

S’agissant de l’université, je veux aussi vous rassurer puisque nous avons décidé, pour tenir compte de l’augmentation des effectifs d’étudiants, d’attribuer 60 millions de francs Pacifique de crédits supplémentaires au titre du budget 2017. Ce budget a été adopté par le Parlement. Il n’y a donc pas non plus de débat sur ce point.

Par ailleurs, dans le cadre de la politique de rééquilibrage à laquelle nous voulons contribuer, l’implantation de l’antenne Nord est inscrite dans le contrat de développement au titre duquel 477 millions de francs Pacifique ont été provisionnés.

Je ne dispose pas d’informations qui auraient des raisons de vous inquiéter, monsieur le député, mais nous suivons ce dossier avec intérêt et je vous invite à revenir vers nous si vous le souhaitez.

À voir aussi :

Sénatoriales 2017 : Pour un avenir dans la France aux couleurs de la paix

( 22 septembre 2017 ) Gérard Poadja : « Dimanche 24 septembre, 552 grands électeurs calédo…