Accueil ASSEMBLÉE NATIONALE Le député Philippe Gomès pour le renforcement de l’enseignement scientifique

Le député Philippe Gomès pour le renforcement de l’enseignement scientifique

( 21 février 2017 ) M. le président. La parole est à M. Philippe Gomès.

M. Philippe Gomès. Monsieur le président, monsieur le secrétaire d’État, mes chers collègues, nous sommes aujourd’hui amenés à examiner l’un des derniers textes de la législature. Les propositions de résolution sur lesquelles nous allons nous prononcer dans quelques instants sont l’œuvre de plusieurs de nos collègues, issus de groupes parlementaires différents.

Cette démarche est louable. De chaque côté de l’hémicycle, on reconnaît ainsi l’impérieuse nécessité de rappeler le rôle et la place essentielle des sciences dans notre société. Elles ont aujourd’hui la capacité de nous aider à relever les défis auxquels le monde est confronté et c’est aux pouvoirs publics d’accompagner la recherche et l’innovation.

Les crises que traversent le monde et la diffusion accrue d’informations scientifiques fausses, incomplètes, tronquées, notamment par le biais d’internet, ont contribué à dégrader l’image de la science dans l’opinion et à faire reculer la démarche et la culture scientifique au sein de l’Hexagone.

Pourtant, c’est la recherche, et avec elle l’ensemble de ces hommes et de ces femmes dévoués à leur mission, qui ont permis aux sociétés d’avancer et d’évoluer au fil des siècles. À quoi ressemblerait notre mode de vie sans les découvertes techniques et scientifiques du XIXe siècle ? Elles ont contribué à faire évoluer nos moyens de production, nos façons de nous déplacer et de nous soigner.

La France a de tout temps occupé une place à part dans la recherche scientifique mondiale. De nombreux progrès sont liés à de grands inventeurs français : Louis Pasteur, Marie Curie et tant d’autres qui ont un jour contribué à faire rayonner la France et à marquer l’histoire du monde à jamais.

Pourtant, depuis plusieurs décennies, la recherche française décroche et est victime d’une image que l’on peut qualifier, je le regrette, de dégradée. En 2014, notre pays se situait certes au huitième rang mondial pour le nombre de chercheurs, mais très loin derrière la Chine, les États-Unis ou le Japon. La question de la fuite des « cerveaux français » vers l’étranger, notamment les États-Unis, est récurrente. Si la portée de ces départs est difficile à mesurer, la faiblesse des moyens matériels et des rémunérations renforcent peut-être ce phénomène.

À bien des égards, pourtant, la recherche française doit être un atout considérable, vecteur d’innovation et de progrès. Il est donc indispensable de réaffirmer sa place dans notre République. Ces propositions de résolution sont un moyen d’alerter le Gouvernement et l’ensemble de la classe politique sur cette question, même si c’est un peu tard dans la mesure où nous arrivons au terme de la législature.

Les propositions de résolution mettent également en lumière l’insuffisance de l’enseignement des sciences dans les programmes scolaires et, plus généralement, le manque de culture scientifique dans notre pays. Elles invitent ainsi le Gouvernement à prendre des mesures dans ce domaine, notamment en étoffant le programme de philosophie consacrée aux sciences, à mieux veiller à la qualité de cet enseignement au collège et au lycée, à augmenter le volume horaire au sein de l’école élémentaire.

Ce renforcement de la démarche scientifique de nos concitoyens passe également par la diffusion de programmes à vocation scientifique, en particulier sur les chaînes du service audiovisuel public, ce qui, comme l’a rappelé avec talent l’orateur précédent, est déjà prévu dans le cahier des charges qui unit ces chaînes à l’État.

Enfin, ces textes visent à engager une meilleure prise en compte de la communauté scientifique par les autorités politiques dans le processus de prise de décision. Notre pays compte un nombre important d’organes scientifiques et nos assemblées travaillent également sur ces sujets depuis 1983 à travers l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, dont il faut ici saluer le travail.

Il convient à l’avenir de mieux associer l’ensemble des parties prenantes dans le suivi des politiques publiques.

Essentielles pour comprendre l’univers dans lequel nous vivons et pour améliorer nos conditions de vie, les sciences sont un instrument primordial pour le développement économique d’un pays. Bien que la stabilisation au cours du quinquennat des crédits destinés à la recherche et à l’innovation constitue un signal incontestablement positif, la France connaît un retard grandissant par rapport à ses partenaires étrangers et nous attendions plus d’ambition de la part du Gouvernement. Il conviendra, durant le prochain quinquennat, de hisser la recherche scientifique au rang de priorité nationale.

Le groupe de l’Union des démocrates et indépendants est conscient du rôle essentiel des sciences au sein de notre République. Nous sommes particulièrement inquiets de constater qu’une défiance envers les informations et les institutions scientifiques s’installe dans notre pays. Elles sont pourtant un bien commun qui mérite d’avoir toute sa place dans notre société.

Ainsi, ces propositions de résolution visent à interpeller le Gouvernement sur la nécessité de renforcer l’enseignement des sciences au sein de nos écoles, d’améliorer le dialogue entre instances scientifiques et politiques, et de réaffirmer le rôle essentiel de la science pour l’innovation.

Cette démarche transpartisane est très révélatrice de l’urgence qu’il y a à réagir et à agir : le groupe de l’Union des démocrates et indépendants s’y associera en votant ces trois propositions de résolution. (Applaudissements sur les bancs du groupe Les Républicains.)

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