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Présidence de la République : L’heure des choix

( 26 avril 2017 ) Calédonie Ensemble est un parti calédonien n’ayant jamais eu aucune attache avec une formation politique nationale, quelle qu’elle soit. Notre mouvement n’a exprimé aucun choix pour un candidat à la présidentielle avant le 1er tour. Il en avait fait de même en 2012 pour le 1er et le second tour.

C’est une part de l’ADN de Calédonie Ensemble que de ne pas avoir de « fil à la patte », afin de pouvoir défendre librement l’intérêt général du pays, quel que soit le pouvoir en place.

Ce positionnement de principe n’empêche pas chaque élu ou militant de notre mouvement de se prononcer à titre individuel en faveur de telle ou telle candidature.

C’est dans ce cadre politique que s’inscrit le présent communiqué.

Pour Calédonie Ensemble, comme de tradition, chacun est libre de son choix.

Pour ma part, c’est en Républicain libre et amoureux de nos valeurs que je souhaite rendre public mon choix pour le second tour de l’élection présidentielle.

Une alternance fossoyée

J’ai soutenu activement Alain Juppé lors de la primaire de la droite républicaine.

Je regrette encore plus amèrement aujourd’hui que le choix des électeurs de droite à cette occasion ne se soit pas porté sur cet homme d’État. Mes regrets sont d’autant plus vifs que le 5 mars, lorsque François Fillon était au centre d’une tourmente judiciaire ne lui permettant plus de porter sereinement l’alternance espérée par une majorité de Français, j’avais proposé « qu’Alain Juppé reprenne le flambeau », car « il constitue l’ultime chance pour la droite républicaine de faire entendre sa voix au second tour de l’élection présidentielle ». Beaucoup d’autres parlementaires de la droite et du centre avaient lancé un appel identique sans être entendus. Nous en payons aujourd’hui le prix.

L’heure des « petits calculs politiciens »

Marine Le Pen est arrivée en tête dans la quasi-totalité des communes nonindépendantistes de Nouvelle-Calédonie. Dans la perspective des législatives, de nombreux candidats – explicitement pour certains, plus emberlificotés pour d’autres gênés aux entournures – n’ont pas résisté à appeler à voter pour elle, tétanisés à l’idée de se mettre à dos un électorat inquiet qui a trouvé un refuge de circonstance dans un vote Front National.

Tous se battaient, il y a quelques semaines encore, pour obtenir le précieux sésame de l’investiture de la formation politique à laquelle ils n’ont cessé de clamer leur appartenance : Les Républicains.

L’intérêt de la République et du pays s’est arrêté là où commence leur supposé intérêt électoral.

D’autres, après avoir rappelé que Marine Le Pen « s’est toujours opposée à l’accord de Nouméa et a combattu cet accord de paix, et que « son programme économique nous mènerait à la faillite », ont jugé plus prudent de renvoyer dos à dos les deux protagonistes du second tour.

L’heure du choix républicain

J’ai une certaine idée de la France.

Celle d’un pays d’exception dont les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité, ont irrigué le monde.

Celle du pays des Droits de l’homme qui a servi de modèle à tant de démocraties.

Celle d’un pays pionnier de la construction européenne.

Cette idée n’est pas soluble dans le vote Front national. Cette idée n’est pas compatible avec le repli sur soi, le rejet de l’autre, l’abandon de l’idéal européen.

La droite républicaine nationale en a tiré les conséquences. Ainsi, Les Républicains ont déclaré : « nous appelons à voter contre Marine Le Pen pour la faire battre au second tour de l’élection présidentielle ». L’UDI aussi s’est engagée « à voter pour Emmanuel Macron, seul candidat démocrate présent au 2ème tour de la Présidentielle ».

L’heure du choix pour la Nouvelle-Calédonie

J’ai une certaine idée de mon pays.

Je suis profondément attaché aux Accords de Matignon et de Nouméa qui ont rétabli la paix même si, le temps aidant, cet acquis essentiel n’est probablement plus considéré à sa juste valeur.

Ces accords sont aujourd’hui fragilisés par le fait que la droite parlementaire et la gauche de gouvernement qui, au cours des décennies écoulées, nous avaient accompagnés dans leur mise en œuvre, n’ont pas franchi le premier tour de l’élection présidentielle.

Les candidats en lice pour le second tour ont en commun d’avoir affiché leur préférence pour « une Nouvelle-Calédonie française » (Marine Le Pen), ou pour que « la Nouvelle-Calédonie reste dans la communauté nationale » (Emmanuel Macron). La ressemblance s’arrête là.

D’un côté nous avons un parti, « En marche », dont le candidat a, à tort, qualifié la colonisation de « crime contre l’humanité », au lieu de parler plus justement de ses « ombres et lumières »1. Un candidat qui s’est toutefois engagé clairement en faveur de l’accord de Nouméa « qui a assuré la paix et le développement », ainsi que de « la préparation de la consultation de 2018 ».

De l’autre, le Front National qui est la seule formation politique, avec le parti Travailliste, à avoir appelé à voter contre les accords. Marine Le Pen s’est d’ailleurs félicitée dans une interview que sa candidature « interpelle les indépendantistes qui craignent un retour en arrière ».

Pour moi, tout « retour en arrière » serait une voie sans issue pour notre pays.

C’est pourquoi, la proposition que je défends dans la perspective du référendum de 2018 est celle d’un dialogue préalable approfondi avec les indépendantistes pour faire de cette consultation une nouvelle étape du destin commun, tout en permettant l’affirmation des convictions de chacun.

À ce moment charnière de notre histoire, nous aurons plus que jamais besoin d’un État porteur de l’esprit des accords afin d’affronter ce rendez-vous avec nous-mêmes.

J’espère qu’Emmanuel Macron sera à la hauteur de cet enjeu.

Je sais que Marine Le Pen ne le sera pas.

Voilà pourquoi, le Républicain que je suis, à titre personnel, votera pour Emmanuel Macron. 

1 Texte du Préambule de l’accord de Nouméa

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