Accueil ACTUALITÉS Courrier de Philippe Gomès au ministre de la justice suite aux vols de bétails

Courrier de Philippe Gomès au ministre de la justice suite aux vols de bétails

( 7 juin 2017 ) Monsieur le Garde des Sceaux,

J’appelle votre attention toute particulière sur la recrudescence d’actes de vols de bétails que subit actuellement la Nouvelle-Calédonie.

En effet, depuis maintenant plusieurs années, les éleveurs calédoniens sont victimes d’un braconnage à la fois intensif et très organisé.

De véritables réseaux parallèles de revente de viande se sont ainsi mis en place ce qui, vous le comprendrez aisément, pénalise fortement les professionnels de la filière.

Il est vrai que l’efficacité des interventions menées par les forces de l’ordre d’une part, et l’action engagée sur le terrain par les associations d’éleveurs d’autre part, ont contribué à ce que les braconniers soient désormais plus souvent identifies et interpellés.

Néanmoins, il me faut vous alerter sur le fait que la répression pénale apportée au braconnage est encore insuffisante et inadaptée.

Majoritairement assorties du sursis, les peines encourues demeurent trop peu dissuasives et la confiscation des moyens de transport reste malheureusement exceptionnelle.

Or, sans une réponse pénale ferme et dissuasive, ce phénomène de braconnage d’animaux d’élevage tend à s’amplifier au lieu de s’atténuer,
J’ajoute enfin qu’en Nouvelle-Calédonie, ou la chasse est une tradition tant séculaire que nourricière, profondément ancrée dans le mode de vie des habitants, éleveurs et braconniers n’échappent pas à la règle et sont toujours armés.

Les conflits consécutifs à ce braconnage intensif ont ainsi déjà entraîné, par le passé, de véritables drames humains que personne, aujourd’hui, ne souhaite voir se reproduire.

A cet égard, je souhaiterais vivement qu’instruction soit donnée au Parquet de Nouméa de requérir les peines les plus lourdes et les plus dissuasives à l’encontre de ceux qui mettent à mal non seulement l’élevage calédonien, mais aussi la sécurité de ses acteurs.

Je vous saurai gré de suivre ce dossier avec toute la vigilance qu’il requiert et vous remercie de m’en tenir directement informé.

Dans cette attente, je vous prie de croire, Monsieur le Garde des Sceaux, à l’assurance de ma très haute considération.

Philippe Gomès

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