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LesEchos : En Nouvelle-Calédonie, le sort de l’usine de Vale en suspens

( 17 août 2017 ) Le devenir de l’usine métallurgique du géant brésilien ne tient plus qu’à un fil. Elle emploie plus d’un millier de salariés.

Le patron de l’usine calédonienne de Vale a été clair. Le brésilien se donne jusqu’au 31 décembre pour décider du sort de son usine de traitement de nickel. D’ici là trois conditions devront être impérativement remplies : l’arrivée de nouveaux actionnaires, un retour à la rentabilité et le soutien des institutions locales et de l’Etat. « Un seul point non satisfaisant rend improbable la poursuite de l’activité », a déclaré Evelyne Serieyssol, secrétaire générale adjointe de l’Union territoriale CFE-CGC, à l’issue d’une rencontre avec le directeur de l’usine, Darius Khoshnevis.

De nouveaux partenaires à trouver

Depuis le départ des Japonais Sumitomo Metal Mining et Mitsui, Vale détient 95 % du complexe métallurgique, les trois provinces calédoniennes 5 %. La venue d’un nouveau partenaire est indispensable pour financer la construction d’un procédé de stockage à sec des déchets de l’usine, dont le coût est évalué à 500 millions de dollars (426 millions d’euros).

Le soutien des institutions calédoniennes semble par contre acquis. « Nous accompagnerons la direction de Vale NC sur toutes les demandes qui permettront d’atteindre les objectifs », a affirmé aux « Echos », Philippe Michel, le président de la province Sud. « Je reste attentif et totalement mobilisé, parce que la Nouvelle-Calédonie ne résisterait pas à la fermeture de l’une de ses trois usines ». En salaires et contrats de sous-traitance, Vale injecte chaque année 500 millions d’euros dans l’économie locale, soit l’équivalent du budget de la province SUD. Il emploie 1.350 personnes, voire 3.000 en incluant les sous-traitants. Les emplois induits sont estimés à 8.000 personnes.

Le secours de l’Etat

Le haut-commissaire de la République, Thierry Lataste, a rappelé qu’en 2016, l’Etat avait accordé à l’industriel un prêt de 200 millions de dollars ainsi que des garanties d’emprunts, pour éviter une fermeture ou une mise en sommeil du site. Mais « il ne pourra, dans le cadre d’une industrie qui est ouverte à la concurrence mondiale, intervenir durablement », a-t-il souligné sur les ondes de Nouvelle-Calédonie 1ere.

Augmenter le temps de travail

En matière de productivité, du chemin a été parcouru. Mais au vu du cours du nickel (environ 10.000 dollars la tonne), c’est encore insuffisant pour assurer la pérennité de l’usine. Sur les trois derniers exercices, celle-ci aurait perdu 1,3 milliard de dollars (1,1 milliard d’euros) ! Le coût de production du site est passé de 22.000 dollars par tonne de nickel en 2015, à 11.000 en 2016. Après une réduction des coûts de plus de 100 millions de dollars l’an dernier, 50 millions supplémentaires sont à trouver cette année. Selon un proche du dossier, la direction envisagerait d’augmenter les amplitudes de travail. « Nous ne baissons pas les bras. Nous sommes conscients que notre avenir ne tient qu’à un fil », reconnaît Evelyne Serieyssol.

Anne Pitoiset

Source : Les Echos.fr

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