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Philippe Dunoyer plaide pour le « fonds vert »

( 10 novembre 2017 ) Avec d’autres députés ultramarins, Philippe Dunoyer a défendu à l’Assemblée Nationale le maintien des crédits du budget Outre-mer permettant d’alimenter le fameux « fonds vert », destiné à faire face aux effets du réchauffement climatique dans les collectivités du Pacifique.

Cité dans un article du journal le Monde, le député calédonien a plaidé pour conserver « un outil qui fonctionne » et s’est joint à d’autres parlementaires appartenant à plusieurs sensibilités politiques afin de soutenir l’amendement de sa collègue Maina Sage, députée polynésienne. Celui-ci a finalement été voté par une majorité, contre l’avis du gouvernement.


Le « fonds vert » pour les Outre-mer sauvé in extremis des eaux

Des applaudissements nourris, venus de tous les bords, ont salué l’adoption de l’amendement. Jeudi 9 novembre, les députés ont réintroduit dans le budget de la mission outremer,par 46 voix contre 40, des crédits pour un montant de 22,1 millions d’euros destinés à alimenter un « fonds vert » pour faire face aux effets du réchauffement climatique dans les collectivités du Pacifique. L’amendement, défendu par la députée polynésienne Maina Sage (Les Constructifs) mais cosigné par des élus ultramarins de la Gauche démocrate et républicaine, Les Républicains ou Nouvelle Gauche, a été adopté contre l’avis de la ministre des outre-mer, Annick Girardin.

Ce mécanisme avait été mis en place par le précédent gouvernement, après la COP21 qui s’était tenue à Paris fin 2015, les collectivités du Pacifique n’ayant pas accès au fonds vert créé au niveau international. Cellesci, en outre, ne bénéficient pas de certains outils dont disposent les autres territoires d’outre-mer comme l’assurance Cat Nat (catastrophe naturelle). Comme le résume Mme Sage, « nous sommes trop autonomes pour bénéficier de fonds nationaux et européens et trop français pour avoir accès au fonds vert ».

« Amplifier le dispositif »

Depuis sa création en 2017, cet « équivalent fonds vert », en réalité une bonification des prêts de l’Agence française de développement, a permis de financer des équipements solaires pour des bâtiments publics, des réseaux d’eau et d’assainissement, une centrale hybride, des lampadaires photovoltaïques… « Le dispositif actuel est certes insuffisant mais il fonctionne. Ces prêts à taux zéro ont créé une dynamique dans nos territoires », a plaidé Mme Sage, pour qui « la suppression de ces crédits, en pleine COP23, à la veille du sommet sur le climat que le président de la République organise le 12 décembre, est un véritable non-sens, un mauvais signal ».

Mme Girardin a assuré que tous les projets engagés seraient financés et ceux qui sont « dans les tuyaux » seraient examinés « au cas par cas ». Mais, pour elle, « le budget de l’Outre-mer ne peut pas répondre seul aux problématiques d’atténuation des effets du dérèglement climatique dans les territoires d’Outre-mer ». La ministre entend défendre le principe d’un cofinancement pour « abonder ce fonds vert de façon beaucoup plus substantielle pour qu’il puisse intervenir dans l’ensemble des Outre-mer ».

Des engagements qui n’ont pas eu l’heur de satisfaire la majorité des députés en séance. « Les choses sont toujours imparfaites mais, bien qu’imparfaites, les choses se font, a réagi Ericka Bareigts (La Réunion, Nouvelle Gauche). Le temps que les choses s’améliorent comme vous en avez l’ambition, il faut absolument maintenir et continuer à amplifier le dispositif. « Il nous faut ces outils, a renchéri Philippe Dunoyer (Nouvelle-Calédonie, Les Constructifs). Je sais votre détermination et comprends votre stratégie mais ne lâchez pas la proie pour l’ombre ».

Yves Jégo (Seine-et-Marne, Les Constructifs) a fini de faire pencher la balance. « En votant cet amendement, nous donnons un coup de main à la ministre, nous allons l’aider à faire mieux en maintenant ce qui existe déjà », a-t-il défendu. En étant un peu victime d’un Parlement qui aura, malgré vous, maintenu ces budgets, vous vous en porterez mieux ».  A quelques voix près, le fonds vert a ainsi été sauvé du naufrage, une partie des députés La République en marche et MoDem joignant leurs voix au front commun allant de LR à La France insoumise. L’ensemble des crédits de la mission outre-mer a ensuite été adopté par 91 voix contre 39.

Patrick Roger

Source : Le Monde

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