Accueil VU SUR LE WEB Un tirailleur kanak de 14-18 rendu à son île natale en Nouvelle-Calédonie

Un tirailleur kanak de 14-18 rendu à son île natale en Nouvelle-Calédonie

Nouméa, France | AFP | samedi 10/11/2017 – Les cérémonies du 11 novembre ont été marquées en Nouvelle-Calédonie par le retour sur son île natale de Tiga de Kalepo Wabete, un tirailleur kanak tombé au front en octobre 1918, a constaté samedi une journaliste de l’AFP.

Les hommages à ce soldat, dont les restes ont été exhumés début novembre d’un cimetière de l’Aisne, ont débuté aux Monuments aux morts de Nouméa, en présence des autorités de l’archipel.
Puis son cercueil a été emmené sur la minuscule île de Tiga, dans l’archipel des Loyauté, où Kalepo Wabete est né en 1889, avant de s’engager pour combattre les Allemands en juin 1916.
« Kalepo n’était pas citoyen français (soumis alors au statut de l’indigénat,ndlr) mais ça ne fait rien, il est parti sauver la France. Il n’appartient pas à la France, ni à la Nouvelle-Calédonie mais à l’histoire », a déclaré le pasteur Wanir Welepane.
Alors que s’ouvre l’année du centenaire de l’Armistice et que dans un an aura lieu en Nouvelle-Calédonie un référendum d’autodétermination sur l’indépendance, sensible pour la concorde entre les communautés, ce rapatriement a pris un sens particulier.
A Tiga, honneurs militaires et rites coutumiers kanak se sont entremêlés, de la chefferie de cette île, habitée de moins d’une centaine d’habitants, jusqu’au cimetière où le commandant des forces armées de Nouvelle-Calédonie, Thierry Marchand, a prononcé l’éloge funèbre du tirailleur.

« La grande bataille à mener ici pour toutes les ethnies est celle du destin commun. C’est une guerre pour la paix », a également indiqué le pasteur.
Le député Philippe Gomes (UDI) a salué « un moment unique de notre histoire » car « Kalepo porte une partie de notre mémoire déchirée » tandis qu’Emile Wabete, petit-neveu du tirailleur, l’a qualifié « d’évènement qui unit ».
« La République n’oublie aucun de ceux qui se sont battus et sont morts pour elle dans la Grande Guerre. Ces sacrifices consentis pour la France (…), l’engagent et sont constitutifs d’une dette de la Nation qu’il revient à l’Etat d’honorer », a déclaré le haut-commissaire de la République, Thierry Lataste.
Le jeune homme avait fait partie du premier contingent des tirailleurs kanak, engagés dans la Première Guerre mondiale et affectés au Bataillon mixte du Pacifique.
Décoré de la Croix de guerre le 25 septembre 1918 pour son comportement au feu, il est tué à 29 ans un mois plus tard, lors de la bataille de la Serre, pour la prise du village de Vesles-et-Caumont et de la ferme du Petit-Caumont, près de Laon (Aisne).

Source : Tahiti-info

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