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Edouard Philippe en Nouvelle-Calédonie un an avant un référendum sur l’indépendance

( 2 décembre 2017 ) Source : Le parisien Edouard Philippe est en visite sur l’archipel où un référendum historique sur l’indépendance est prévu en 2018.

La venue d’un Premier ministre peut parfois faire des miracles… Depuis trois mois, la Nouvelle-Calédonie n’avait plus de président, la faute à une crise politique inextricable entre les onze membres du gouvernement chargés de le désigner. Mais, à la veille de l’arrivée d’Edouard Philippe à Nouméa, la situation s’est subitement débloquée : Philippe Germain, de Calédonie Ensemble (droite modérée), a finalement été reconduit hier dans le fauteuil qu’il occupait jusqu’à la fin août. Et ce, grâce à un accord passé entre les non-indépendantistes et les indépendantistes qui composent l’exécutif de ce petit archipel de 274 000 habitants situé au large de l’Australie, à plus de 16 000 km de la métropole.

Au moins un bon présage pour un déplacement ministériel très sensible. Dans moins d’un an, les Calédoniens doivent se prononcer sur l’indépendance de leur territoire, un référendum à haut risque.

Hier, le gouvernement et les chefs de groupe du congrès ont signé une déclaration commune pour afficher « leur volonté partagée d’ouvrir un dialogue approfondi entre les formations indépendantistes et non indépendantistes afin de préparer l’échéance du référendum et son lendemain ». Un consensus nécessaire pour éviter de répéter les erreurs du passé. Dans les années 1980, la question de l’indépendance avait embrasé la Nouvelle-Calédonie. Point d’orgue : la prise d’otages de la grotte d’Ouvéa en 1988 et ses 21 morts. Les accords de Matignon en juin 1988 avaient ensuite ouvert la voie à plus d’autonomie et à une consultation pour l’indépendance. Consultation reportée dix ans plus tard par l’accord de Nouméa à… 2018.

Une inquiétude partagée

Le gouvernement Philippe en hérite donc aujourd’hui. Un mois à peine après avoir conclu un accord politique à Paris sur la question cruciale de la constitution des listes électorales, le Premier ministre fait ses premiers pas dans l’archipel pour préparer ce rendez-vous. Le référendum est redouté par les acteurs locaux. Pour les « loyalistes », opposés à l’indépendance, l’arithmétique joue en leur faveur. « Les personnes de droits coutumiers (NDLR : les Kanaks) ne sont que 77 000 sur les 158 000 électeurs qui pourront participer. Le match est déjà plié », assure le député Philippe Gomès (Calédonie Ensemble), tout en précisant que, même s’ils y sont majoritairement favorables, tous les Kanaks ne sont pas indépendantistes : « Il y a trente ans, 80 % d’entre eux vivaient en tribus. Aujourd’hui, ils sont 40 % à être urbanisés, cela change la donne. » Il pronostique une victoire du non à l’indépendance à 60 %, sans être serein pour autant : « Beaucoup de jeunes Kanaks ont été élevés au lait de la Kanaky depuis trente ans. La désillusion sera grande et la situation peut devenir explosive », redoute-t-il. Pour « faire retomber la charge nucléaire du référendum », l’élu plaide désormais pour « une souveraineté calédonienne ».

La menace de l’après-référendum, les indépendantistes la prennent aussi au sérieux. « Le risque de tension est réel et notre défi, c’est d’éviter cela », anticipe Roch Wamytan, de l’Union calédonienne. Cette figure historique — il a négocié avec Michel Rocard en 1988 — pronostique un résultat très serré : « Mais c’est vrai que nous n’avons pas réussi, en trente ans, à construire un véritable nationalisme calédonien. » Fervent défenseur du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, Wamytan a été très attentif aux propos d’Emmanuel Macron sur « le crime contre l’humanité » commis par la France en Algérie. Un signal positif selon lui, car « la Nouvelle-Calédonie, c’est un condensé de toute l’histoire de la colonisation et de la décolonisation française ». Sacré programme…

Source : Le parisien

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