Accueil VU SUR LE WEB Les Kanaks saluent la victoire des « frères corses »

Les Kanaks saluent la victoire des « frères corses »

( 3 décembre 2017 ) Source : Le Figaro

Si dans chacune des deux îles, la revendication indépendantiste ne s’exprime plus aujourd’hui par les armes mais dans les urnes, les liens restent étroits entre les deux mouvements.

À Nouméa

À 16.000 km de Bastia, dans l’archipel calédonien, le plébiscite des nationalistes corses passe presque inaperçu, tant les projecteurs sont braqués depuis deux jours sur la visite du premier ministre, venu préparer le référendum d’autodétermination de 2018. Cette victoire nationaliste est pourtant loin d’être anodine pour tout le monde. Dans le camp indépendantiste néo-calédonien, élus et militants se réjouissent de la percée des « frères corses », comme les appelle Louis Kotra Uregei, élu du Congrès de la Nouvelle-Calédonie. « Ce sont des succès de nature à faire avancer la lutte pour les objectifs que nous nous sommes fixés : l’indépendance pour nous, l’autonomie pour eux », se félicite le fondateur du Parti travailliste, pour qui « la solidarité » entre les deux mouvements remonte aux funestes événements survenus dans les années 1980 en Nouvelle-Calédonie.
« Pour nous, ce qui se passe en Corse est très favorable, tout comme ce qui se passe en Catalogne. Nous nous reconnaissons dans ces combats »
Roch Wamytan, élu du Congrès et chef coutumier kanak indépendantiste

Si dans chacune des deux îles, la revendication indépendantiste ne s’exprime plus aujourd’hui par les armes mais dans les urnes, les liens restent étroits entre les deux mouvements, selon l’élu du Congrès Roch Wamytan, qui a présidé pendant douze ans le FLNKS. « Chaque année, nous sommes invités à Corte pour le rassemblement des mouvements nationalistes.
Pour nous, ce qui se passe en Corse est très favorable, tout comme ce qui se passe en Catalogne. Nous nous reconnaissons dans ces combats.» Signe de l’émancipation institutionnelle de la Nouvelle-Calédonie, la droite locale non indépendantiste ne manifeste pas d’inquiétude particulière face à la montée des nationalistes corses. Pour Sonia Backes, la présidente du groupe LR calédoniens* au Congrès de la Nouvelle-Calédonie, « la France aurait même sans doute intérêt à permettre aux collectivités concernées par ces problématiques d’accéder à une plus large autonomie car c’est de nature à limiter les revendications sécessionnistes. » L’archipel jouit lui-même d’un large statut d’autonomie, puisque toutes les compétences lui ont été transférées à l’exception des pouvoirs régaliens : justice, sécurité, monnaie et défense.
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Nationaliste « calédonien »

C’est aussi le seul territoire français à bénéficier du droit à l’autodétermination, ce qui constitue une « différence fondamentale » avec la Corse, relève Philippe Gomès, le député Calédonie ensemble, préférant comparer la situation de la Nouvelle-Calédonie à celle de l’Écosse ou du Québec. « Il ne faut pas se tromper quand on parle de nationalisme corse. Il ne s’agit pas automatiquement d’un désir d’indépendance, mais plutôt d’une volonté d’affirmer une identité et de revendiquer des pouvoirs supplémentaires dans la gestion de leur île », analyse-t-il. Le député se définit d’ailleurs lui-même comme un « nationaliste calédonien », « dans le sens où ce nationalisme permet d’affirmer cette identité calédonienne et d’être le plus émancipé possible,
sans sortir des limites de la République ».

*Juste une précision sur Sonia Backes, j’avais écrit les Calédoniens Républicains et au Figaro, ils ont résumé à LR calédoniens, ce qui est faux (info de Coralie Cochin, la pigiste)

Source : Le Figaro

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