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Du « nationalisme kanak » au « nationalisme calédonien »

( 29 novembre 2017 ) Source : La Croix Le Premier ministre arrive jeudi 30 novembre en Nouvelle-Calédonie où un référendum d’autodétermination doit être organisé d’ici à novembre 2018. Objectif : maintenir le dialogue entre indépendantistes et non-indépendantistes.

La Nouvelle-Calédonie, où arrive jeudi 30 novembre Édouard Philippe, est confrontée à deux blocages. L’un conjoncturel, puisque son gouvernement n’a plus depuis août dernier de président de plein exercice. L’autre structurel, avec l’opposition politique traditionnelle entre deux camps, les loyalistes et les indépendantistes.

Le résultat du référendum d’autodétermination, qui doit être organisé en novembre 2018, est connu d’avance puisque le rapport de force politiques est défavorable aux séparatistes. Dans les deux camps, néanmoins, des ponts sont jetés en vue de dépasser cette opposition.

Préparer l’après référendum, quel que soit le résultat

Représentant le premier parti du territoire lors des élections provinciales de 2014, les loyalistes modérés de « Calédonie ensemble » ont réitéré, le 25 novembre, la proposition d’« une déclaration solennelle sur un patrimoine commun signée avant le référendum par les indépendantistes et les non-indépendantistes ».

Selon son président, le député Philippe Gomès, cette déclaration permettra aux uns et autres de « s’engager sur le jour d’après, quel que soit le résultat de la consultation ». Philippe Gomès en est persuadé : si « la puissance du symbole de la souveraineté est écrasante », avec la question du siège à l’ONU, « derrière les mots la réalité est identique » entre un État indépendant associé à la France et une Nouvelle-Calédonie au sein de la République française « associée à l’exercice des compétences régaliennes » par son statut d’autonomie.

Les loyalistes modérés veulent « calédoniser les administrations régaliennes »

La seconde option est celle qu’il défend. La première est acceptée par le Parti de libération Kanak (Palika). Lors de son congrès, du 10 au 12 novembre, ses dirigeants ont d’ailleurs proposé de « débloquer la situation au gouvernement » en échange de « l’ouverture de discussions sur un projet d’indépendance avec partenariat ».

Le pari de « Calédonie ensemble » est d’entraîner les indépendantistes de leur « nationalisme kanak » initial vers un « nationalisme calédonien », par-delà l’actuelle séparation entre le statut civil de droit commun (92 000 personnes inscrites sur la liste électorale référendaire) et le coutumier (77 000 Kanaks). Philippe Gomès n’hésite ainsi pas à parler de « calédoniser les administrations régaliennes avec plus de gendarmes, de juges, de greffiers calédoniens ».

Eviter une rupture de dialogue entre indépendantistes et loyalistes

Si Calédonie ensemble et ses alliés sont majoritaire au sein du camp loyaliste, il n’en va pas de même pour le Palika au sein du camp indépendantiste. Celui-ci est en effet dominé par l’Union calédonienne. Réélu à sa présidence le 12 novembre, Daniel Goa estime qu’au lendemain du référendum, les indépendantistes devront ouvrir des « négociations bilatérales » avec l’État : « il y aura très clairement le peuple premier d’un côté et la puissance administrante de l’autre ».

Tout l’enjeu du déplacement d’Édouard Philippe, avant celui d’Emmanuel Macron « avant le mois de mai », est justement d’éviter que le dialogue ne soit rompu entre indépendantistes et loyalistes.

Laurent de Boissieu

Source : La Croix

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