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La Nouvelle-Calédonie et l’État devront s’opposer à toute « mise sous cocon » de l’usine du Sud

( 12 décembre 2017 ) Le 8 décembre dernier à Londres, le patron de VALE, Fabio SCHVARTSMAN, déclarait à la presse spécialisée que son groupe ne pouvait pas « continuer à investir et à perdre de l’argent en Nouvelle-Calédonie pour toujours » sur un site « qui a coûté des milliards de dollars pour sa construction (..) ».

Par-là même, le patron de VALE suggère la « mise sous cocon » de l’usine du Sud si aucun partenaire n’est trouvé avant la fin du mois de juin 2018.

Rappelons que VALE Nouvelle-Calédonie (VNC) doit réaliser 50 milliards CFP d’investissement pour le projet « Lucy » dédié au traitement par asséchement de ses résidus industriels. Ce sont ces investissements qui conduisent le Président de VALE à vouloir céder une partie de ses parts dans l’usine du Sud, afin de financer ce projet sans affecter les rendements financiers promis à ses actionnaires.

Mais la « mise sous cocon » de l’usine du Sud est tout simplement hors de question :

– Tout d’abord, l’usine de VALE Nouvelle-Calédonie a prouvé sa capacité à produire plus, passant de 20.000 Tonnes de Nickel en 2014 à 31.000 Tonnes en 2015, 36.000 Tonnes en 2016 et 40.000 Tonnes attendues en 2017. La production de cobalt, sur la même période, a crû de 250%, passant de 1400 Tonnes à 3500 Tonnes attendues sur 2017. En 2018 sa capacité de production pourrait être portée à 48/50 000 tonnes, soit l’objectif d’origine.

– Ensuite, l’usine du Sud a prouvé sa capacité à produire mieux, en divisant par trois ses coûts de production entre 2014 (30.000$/T) et 2017 (9/10.000$/T), c’est-à-dire au niveau de la moyenne des prix de la tonne de nickel à la Bourse des métaux de Londres (LME), y compris en ces périodes (depuis 2015) où les cours sont déprimés.

– Enfin, ce que produit aujourd’hui l’usine de VALE, c’est à la fois du cobalt et un nickel d’avenir (sulfate de nickel) très prisé par les industries de pointe et le marché en plein développement des batteries au lithium-ion qui alimentent les voitures électriques. Un produit qui fera probablement l’objet d’une cotation à la bourse de Londres différente de celle du ferronickel (nickel produit par l’usine du Nord et la SLN ) car son prix sera plus élevé .

En conséquence, aucune raison objective ne peut conduire à la « mise sous cocon » de l’usine du Sud.

Cette usine – qui injecte chaque année 60 milliards dans notre économie et génère 4000 emplois (directs, indirects et induits) – est un fleuron technologique qui a fait aujourd’hui ses preuves, et dont la production est commercialisée sur un marché d’avenir.

Ce n’est sûrement pas l’absence de volonté de l’industriel d’y investir les 50 milliards FCP nécessaires à la réalisation du projet « Lucy » qui doit conduire à l’arrêt de l’usine. La Nouvelle-Calédonie, l’État, la province Sud, les populations de Yaté, les autorités coutumières, ont accompagné de manière volontariste, depuis près de 15 ans maintenant, sa réalisation dans des conditions souvent chaotiques. En conséquence si le président de VALE ne le sait pas, il conviendra de lui rappeler : la fermeture de cet outil industriel ne peut être une variable d’ajustement des profits des actionnaires. Des engagements ont été pris. Ils devront être respectés. Fabio SCHVARTSMAN n’écrit pas sur une page blanche.

Il appartiendra à la Nouvelle-Calédonie, à la province Sud et à l’État de s’opposer par tous les moyens à toute tentative de « mise sous cocon » de cet outil industriel dans l’intérêt des calédoniens qui en vivent, et dans l’intérêt du pays.

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