Accueil FOCUS MÉDIA Les paroles d’un sage : « Notre pays a besoin d’un grand frère et ce grand frère c’est la France »

Les paroles d’un sage : « Notre pays a besoin d’un grand frère et ce grand frère c’est la France »

( 12 janvier 2018 ) Philippe Gomès : « Ces paroles sont celles d’Elie Poigoune, compagnon de route des indépendantistes, de Jean Marie Tjibaou et Paul Neaouthyne, à écouter et réécouter pour qu’elles nous inspirent – les uns et les autres – dans la perspective du référendum de 2018.
Des paroles d’une grande lucidité, des paroles qui font la part du feu entre les idéaux de jeunesse, le chemin parcouru depuis lors par notre pays, et le monde d’aujourd’hui.
Des paroles probablement difficiles à dire quand on a consacré sa vie à La Défense de la cause de l’émancipation du peuple kanak.
Des paroles courageuses.
Des paroles nécessaires.
Merci Élie ».

Elie Poigoune : « Personnellement je pense que notre pays est tout petit. C’est rien, c’est un point minuscule dans l’Océan Pacifique et dans un monde où il y a de grandes nations, où il y a de grandes puissances. On a besoin de certains pays pour nous accompagner, pour être avec nous. Non pas pour qu’ils viennent imposer leur point de vue, mais pour nous accompagner dans notre marche vers une plus grande souveraineté, vers une plus grande prise en charge de nos populations. La France a joué ce rôle là pendant vingt ans et moi je suis pour que l’on garde ces liens privilégiés avec la France. Une chose essentielle, et que les gens oublient, c’est que notre langue ici, la langue qui nous permet de communiquer les uns avec les autres, parce qu’ici il y a plusieurs langues locales, et bien c’est le Français ! La langue de l’école ici, c’est le Français. C’est un lien. C’est quelque chose d’important pour nous aussi, qu’il y ait cette école qui est venue de France qui s’est implantée ici, qu’on a adoptée et que c’est notre école maintenant. Ce sont des choses qui nous lient profondément. C’est une position personnelle. Ce petit pays a besoin d’un grand-frère et ce grand-frère, c’est la France ».

Journaliste : « Dans ces conditions, pour le vote l’année prochaine, vous savez ce que vous allez voter ? »

Elie Poigoune : « Oui, je voterai pour ma revendication. Je voterai pour ce que j’ai suivi comme chemin jusque là. Mais je pense que cette position-là ne sera pas majoritaire. Je suis de moins en moins convaincu que l’on va aller vers ça, vers la pleine souveraineté. Je suis de moins en moins convaincu. Je vais me prononcer pour ça pour être fidèle avec mon parcours, mais je sais que c’est une position qui n’est pas tenable ».

Source : France Culture, « le magazine de la rédaction »

 

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