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Nouvelle-Calédonie : Le référendum n’est pas « sans risque », prévient Philippe

Paris, FRANCE | AFP | mardi 13/03/2018 – Le référendum d’indépendance en Nouvelle-Calédonie, qui devrait se tenir le 4 novembre, est « un défi » qui n’est pas « sans risque », a prévenu mardi Edouard Philippe à l’Assemblée nationale, en appelant chacun à préserver « l’acquis » de 30 ans de paix.

« Poser la question de la pleine souveraineté ou de l’indépendance ou du maintien dans la République, c’est demander au peuple de dire oui ou non. C’est forcément s’inscrire dans une logique binaire », a souligné le Premier ministre à l’ouverture des débats sur le projet de loi relatif à « l’organisation de la consultation sur l’accession à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie ».

« Mais ça n’est pas sans risque car trancher c’est parfois prendre le risque de diviser. Et diviser, en Nouvelle-Calédonie encore plus qu’ailleurs, est dangereux », a prévenu le locataire de Matignon alors que le climat s’est récemment tendu au sein du groupe de travail réunissant les principaux leaders indépendantistes et non-indépendantistes pour préparer le lendemain de cette échéance historique.

En parallèle de cette consultation, « l’urgence est de rappeler ce qui unit, ce qui soude, ce qui porte la Nouvelle-Calédonie. Chacun de nous a la responsabilité de veiller, dans cette tension propre à la consultation, à protéger cet acquis », constitué notamment « par une pratique politique donnant une large place au consensus », a-t-il insisté.

Après le Sénat, les députés se sont saisis mardi du projet de loi organique sur « l’organisation de la consultation sur l’accession à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie », qui traduit l’accord politique entre non-indépendantistes et indépendantistes arraché le 2 novembre à Matignon lors d’un comité des signataires de l’accord de Nouméa (1998). Le vote solennel, qui devrait être quasi-unanime, aura lieu le 20 mars.

Le texte permet notamment l’inscription d’office, sur la liste électorale générale (158.000 personnes) des natifs du territoire encore non-inscrits (environ 10.900 personnes dont 7.000 de statut coutumier), condition préalable pour qu’ils puissent ensuite accéder à la liste spéciale pour le référendum.

La formulation de la question du référendum, qui « est source de nombreuses rumeurs, alors que le champ des possibles est très limité », sera abordée lors du prochain comité des signataires, attendu le 27 mars, a indiqué le Premier ministre.

Lors du débat, la quasi-totalité des orateurs se sont dits, comme le rapporteur Manuel Valls, « tenus par l’Histoire » pour « réussir le référendum ».

Mais ils se sont surtout inquiétés du « jour d’après », selon le LR Philippe Gosselin, car le 4 novembre, date probable du référendum, « n’est pas un couperet mais un pont à enjamber » pour Naïma Moutchou (LREM).

Le député de Nouvelle-Calédonie Philippe Gomès (UAI et non-indépendantiste) a souhaité que « le peuple calédonien », qui « a en héritage une période coloniale douloureuse, faite de spoliation pour les Kanaks, d’expiation pour les bagnards, de déracinement pour l’ensemble des pionniers et de labeur pour tous », « puisse poursuivre sa route singulière au sein de la République malgré l’épreuve du référendum ». « Cette route ne se construira que par le dialogue et le respect des convictions de chacun », a-t-il dit.

L’autre député de Nouvelle Calédonie Philippe Dunoyer (également UAI et non-indépendantiste) s’est inquiété un peu plus tôt de « la montée de l’insécurité » sur place, pouvant menacer « l’environnement du référendum ».

Le Polynésien Moetai Brotherson (GDR) et Alexis Corbière (LFI) ont insisté sur « la neutralité de l’Etat » pendant la campagne, qui a été une nouvelle fois garantie par le Premier ministre. De son côté Marine Le Pen (FN) a souhaité que le référendum exprime l’attachement de la Nouvelle-Calédonie, « un joyau de la nation », à la France.

Source : Tahiti info

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