Accueil VU SUR LE WEB La Nouvelle-Calédonie votera sur « l’indépendance » et la « pleine souveraineté »

La Nouvelle-Calédonie votera sur « l’indépendance » et la « pleine souveraineté »

(28 mars 2018) Dans la nuit du mardi 27 mars au mercredi 28 mars, les représentants calédoniens sont tombés d’accord, sous l’égide du premier ministre, sur la formulation de la question qui fera l’objet du référendum du 4 novembre.

Quelle sera la question posée ?

Il aura fallu plus de quinze heures d’« échanges et concertations » pour que soit déterminée la question qui sera posée au référendum d’autodétermination de la Nouvelle-Calédonie, le 4 novembre prochain.

Les électeurs devront répondre « oui » ou « non » à la question suivante : « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? ».

Cette formulation a été présentée comme « un compromis » au sein du « Comité des signataires » de l’Accord de Nouméa, conforme à la fois au « sens politique » de ce dernier et « aux principes de clarté, de loyauté et de sincérité ».

Pourquoi les débats ont-ils été si longs ?

D’un côté, les indépendantistes voulaient que soit reprise la notion d’accession « à la pleine souveraineté », c’est-à-dire celle qui figure dans l’accord de 1988. De l’autre, les partis loyalistes minoritaires demandaient une alternative plus claire entre le souhait que la Nouvelle-Calédonie « demeure au sein de la République française » ou « devienne indépendante ».

Le compromis consiste donc, d’une part à ne pas retenir la référence à la France, d’autre part à associer les notions de « pleine souveraineté » et d’indépendance. Le parti loyaliste majoritaire, Calédonie ensemble, s’est aussitôt félicité de cette solution.

D’autant plus que son président, le député Philippe Gomès, avait déjà proposé une formule proche, demandant aux électeurs s’ils voulaient ou s’ils ne voulaient pas « que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté ou à l’indépendance ».

Quels points restent en suspens ?

Le « Comité des signataires » a aussi discuté de l’organisation concrète de la consultation (bureaux de votes délocalisés, régime des procurations). Il a en revanche reporté la question de la « charte des valeurs calédoniennes ».

Son objectif est d’assurer sur le long terme le vivre-ensemble entre Mélanésiens (Kanaks), Polynésiens (Wallisiens ou Futuniens) et « Caldoches », quelles que soient les futures évolutions statutaires, au sein voire en dehors de la République française.

Pour la rédiger, Édouard Philippe avait lancé la création d’un « groupe de travail sur le chemin de l’avenir » de dix membres, loyalistes et indépendantistes, chargé de la rédiger.

Sept des dix membres se sont mis d’accord, vendredi dernier, sur une proposition de charte. Mais les partis Les Républicains calédoniens (Sonia Backès) et Le Rassemblement-LR (le sénateur Pierre Frogier, Thierry Santa) avaient quitté les travaux du groupe.

Le camp loyaliste s’est en effet divisé lors de l’adoption par le Congrès, le 19 mars, de la délibération fixant la date de la consultation. Celle-ci avait été approuvée par trente-huit voix pour – vingt-trois indépendantistes et quinze Calédonie ensemble – face à quatorze voix contre (et deux non-votants).

Les partis loyalistes minoritaires avaient dénoncé un « passage en force », estimant que l’exposé des motifs était déséquilibré en n’évoquant que les « ombres de la colonisation » et pas également ses « lumières ».

Source : La Croix

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