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La Calédonie force de proposition au Japon

(23 mai 2018) À l’occasion du 8ème Sommet des dirigeants des îles du Pacifique (Palm 8) qui s’est déroulé les 18 et 19 mai à Iwaki City (Fukushima), Philippe Germain a clairement positionné la Nouvelle-Calédonie comme un acteur majeur et moteur de l’axe Indo-Pacifique libre et ouvert” lancé par le Japon et récemment réactivé par Emmanuel Macron.

La première participation de la Nouvelle-Calédonie à Palm 8 n’est pas due au hasard. Bien au contraire, elle est le fruit de son accession, en septembre 2016, au statut de membre à part entière du Forum des Îles du Pacifique. « Et la thématique du sommet fait écho à la stratégie développée par Emmanuel Macron en Australie, suivie par la rencontre de haut niveau entre dirigeants de la région quelques jours après à la CPS, explique Philippe Germain. D’ailleurs, en début de réunion, le Premier ministre Shinzo Abe a demandé à la délégation calédonienne de se lever et aux autres pays d’applaudir ». Un geste non innocent, qui salue le travail effectué ces dernières années par la Nouvelle-Calédonie en matière de diplomatie économique, et traduit la nature des relations avec le Japon. Au beau fixe.

Alors, Philippe Germain a profité de l’embellie et battu le fer sans tarder. Il a clairement fait savoir que non seulement la Nouvelle-Calédonie adhérait à 100 % à un axe Indo-Pacifique dans l’air du temps, mais qu’elle entendait se positionner en tant que tête de pont de la France, voire de l’Union européenne, dans la région. Mais aussi comme force de proposition, notamment auprès des pays et territoires d’outre-mer (PTOM) enclins à s’en remettre, faute de moyens suffisants, à certains bailleurs de fonds envahissants. « J’ai pointé la nécessité, pour les grandes puissances (France, Australie-Nouvelle-Zélande, États-Unis, Japon, Union européenne…) de mettre en place une gouvernance partagée ainsi qu’une politique commune de développement économique en faveur des petits pays du Pacifique, indique Philippe Germain. J’ai également insisté sur les enjeux de stabilité politique et de respect des règles de droit international, dans une région où l’on constate une recrudescence du trafic de stupéfiants et d’armes, et qui ne doit pas devenir un terrain d’enjeu militaire ». Stratégies japonaise et calédonienne se rejoignent : sans souveraineté économique, il n’y aura pas de souveraineté politique.

Les atouts pêche, agriculture et tourisme
Pour argumenter sa démonstration, le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a ensuite pris l’exemple de la pêche. Comme il aime à le rappeler, « 60 % de la consommation mondiale de thons sont pêchés dans le Pacifique, à 99 % par des armements étrangers, essentiellement asiatiques ». En jeu, « des milliards de dollars qui échappent totalement à la région ». Pour qu’une partie de cette manne soit captée par les PTOM, pour que tous les potentiels de la zone soient mieux exploités, il devient urgent de construire ensemble, via la stratégie Indo-Pacifique, cette politique de développement commune. Et dans le domaine d’une pêche responsable, durable, labellisée, la Nouvelle-Calédonie peut servir de moteur et exporter son savoir-faire. Pareil en matière d’agriculture tournée vers l’autosuffisance alimentaire, et de tourisme, authentique et respectueux de l’environnement. Autant d’atouts à valoriser, à se réapproprier.

Le Japon intéressé par l’innovation marine
« En parallèle, nous devons conduire une politique régionale ambitieuse de préservation de notre biodiversité exceptionnelle, de notre océan et de nos ressources naturelles en grand danger, par la surexploitation, légale comme illégale, et bien sûr face au changement climatique », poursuit Philippe Germain. Là encore, la Nouvelle-Calédonie peut booster ses voisins et le Parc naturel de la mer de Corail servir de modèle et de référence dans la région, en matière de développement durable, de valorisation des océans, de recherche et d’innovation.

Un thème qui, au cours de la bilatérale qu’il a eue avec Philippe Germain, en présence de l’ambassadeur de France au Japon, Laurent Pic, semble avoir particulièrement intéressé le Premier ministre japonais Shinzo Abe. En effet, il s’est dit prêt à renforcer les liens entre les deux pays sur la recherche et l’innovation marines, thématiques au cœur de la stratégie « Océan bleu ». Que de chemin parcouru depuis 2015, quand Philippe Germain tentait, presque en solitaire, de défendre la candidature calédonienne au FIP et que les portes avaient beaucoup de mal à s’entrouvrir ! « Aujourd’hui, la Calédonie fait partie de la famille », se réjouit-il.

Bilatérale avec le Premier ministre japonais. Au 1er plan à gauche, l’ambassadeur de France.
Le PAcific island Leaders Meeting (Palm) se déroule tous les trois ans.

Empereur, tsunami et Yomiuri

En marge du sommet, Philippe Germain a été invité à partager la cérémonie du thé au Palais impérial de Tokyo avec l’Empereur Akihito et l’Impératrice du Japon, en présence du prince héritier et de six princesses impériales. L’Empereur lui a indiqué qu’il avait séjourné avec son épouse en Nouvelle-Calédonie il y a fort longtemps. L’occasion pour le président Germain d’évoquer la présence japonaise sur le Caillou depuis 126 ans, et la vie des quelque 10 000 ressortissants du Pays du soleil levant ayant fait souche dans notre pays.

Les dirigeants du Pacifique ont également participé dans un gymnase situé sur le front de mer d’Iwaki et dévasté par le tsunami du 11 mars 2011 à une cérémonie en hommage aux 436 habitants de la ville victimes de la catastrophe. Un moment particulièrement émouvant au cours duquel, au lieu de s’apitoyer sur leur sort, les autorités ont voulu montrer que la cité résiliente avait su panser ses blessures, redresser la tête et se reconstruire le plus vite possible.

Enfin, le président de la Nouvelle-Calédonie a eu les honneurs du Yomiuri Shimbun, journal qui tire chaque jour à plus de 10 millions d’exemplaires, et qui, dans son édition du samedi 19 mai, proposait à travers une interview de Philippe Germain un article essentiellement consacré au référendum du 4 novembre prochain.

Source : Le mag’ du gouv

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