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Maintenir les liens du dialogue face à la volonté de rupture

(1er juin 2018) Edouard Philippe nous l’a rappelé dans son discours du 5 décembre devant le congrès : « 2018 est une année historique pour le vivre-ensemble, pour le fait calédonien ».

Le Premier ministre a, lors de ce même discours, évoqué une autre chose, pouvant faire sourire, mais l’actualité nous montre qu’il n’est pas inutile de le rappeler : « la politique n’est pas une série télévisée ». Particulièrement, en Nouvelle-Calédonie, en 2018 : « nous sommes devant une histoire qui nous oblige ».

Les 30 dernières années ont tracé un chemin. Celui du dialogue. A la veille de l’échéance du 4 novembre, qui va nous opposer entre Calédoniens et qui est donc susceptible de créer des tensions ethniques, sociales et politiques, il est plus que jamais nécessaire de « se rassembler sur l’essentiel », pour reprendre une formule de Jacques LAFLEUR.

C’est précisément dans cet objectif que le groupe de dialogue G10 ou chemin de l’avenir a été créé par le Premier ministre.

C’est dans ce même objectif, que nous, Calédonie Ensemble, avons proposé qu’indépendantistes et non-indépendantistes affirment avant la consultation ce qui fédère les Calédoniens, ce qui les unit, indépendamment de leur opposition sur l’avenir institutionnel.

Enfin rappelons qu’à l’occasion de sa visite en Nouvelle-Calédonie le chef de l’Etat a réaffirmé la nécessité du dialogue pour conforter l’avenir : « nul ne doit s’enfermer dans une histoire qui ne dialoguerai plus avec les autres ».

I) UNE VOLONTÉ DE RUPTURE

La réunion du groupe de dialogue « Sur le chemin de l’avenir » de ce 31 mai sous la présidence du Haut-commissaire et en présence de François SENERS, représentant personnel du Premier ministre, a vu, une nouvelle fois, (après une première sortie annoncée le 28 février) le départ des membres Rassemblement-Les Républicains, Pierre FROGIER et Thierry SANTA, et du groupe MARTIN BACKES, incapables de se montrer à la hauteur des enjeux.

A la suite des communiqués qu’ils ont publiés hier nous tenons à rétablir la vérité des faits :

Contrairement à ce qu’ils affirment, les discussions n’ont pas tourné au « règlement de compte » mais chacun a affirmé avec fermeté ses convictions, comme cela est toujours le cas aussi bien au sein du congrès de la Nouvelle-Calédonie que lors des comités des signataires.

Ces déclarations « bidon » visent simplement à tenter de justifier leur nouvelle sortie du processus de dialogue dans lequel nous sommes engagés.

En ce qui concerne les déclarations faites, mercredi matin en conférence de presse par Sonia BACKES, selon lesquelles la Charte des valeurs calédoniennes partagées serait élaborée « en catimini, dans le dos des Calédoniens », nous les avons dénoncées car elles ne correspondent en rien à la réalité.
Placée face à ses contradictions et ses mensonges, Sonia BACKES a quitté la table accompagnée par Pierre FROGIER et Thierry SANTA.

Au sortir de cette réunion, nous avons réaffirmé avec l’Etat et les autres formations politiques notre attachement au maintien du dialogue : « les représentants du Rassemblement et des Républicains calédoniens se sont mis en retrait de ce processus de dialogue au cours de la journée du 31 mai. Le groupe en a pris acte. Les membres indépendantistes (UC et UNI) et non indépendantistes (CE et MPC) et les représentants de l’Etat ont rappelé leur attachement au maintien de liens de dialogue à 5 mois de la consultation du 4 novembre ».

II) LA CONSULTATION DES CALÉDONIENS

En octobre 2016, la Mission d’Écoute et de Conseil sur l’Avenir Institutionnel de la Nouvelle-Calédonie a rendu public son rapport, constituant un « relevé des convergences et des divergences constatées entre les partenaires politiques de Nouvelle-Calédonie ».

Dans le même esprit, nous avons proposé, dès 2016, l’adoption d’une « charte des valeurs » qui pourrait se traduire – avant le référendum– par une déclaration solennelle sur le patrimoine commun des Calédoniens. Pour Calédonie Ensemble, c’était là une manière de définir une part du « pays d’après » le référendum –celle qui nous rassemble-, au-delà de la sensibilité politique de chacun, l’autre part étant issue du choix effectué par les Calédoniens lors de la consultation.

En décembre 2017, le premier ministre, Edouard Philippe, lors de son discours devant le congrès, a exhorté les forces politiques calédoniennes « à dessiner ce chemin du vivre ensemble pendant et après la consultation », en définissant notamment « le socle des valeurs et des projets qui font consensus ».

Calédonie Ensemble a participé à chaque réunion de ce groupe de dialogue (dit G10 ou Chemin de l’avenir), y compris lorsque deux de ses membres l’ont quitté le 27 février (Le Rassemblement et le groupe MARTIN BACKES).

C’est ainsi que Daniel GOA (UC), Philippe GOMES (Calédonie Ensemble) Philippe MICHEL (Calédonie Ensemble) Paul NEAOUTYINE (UNI) Victor TUTUGORO (UNI) Rock WAMYTAN (UC) et Gaël YANNO (MPC) ont remis le 23 mars dernier, au Premier ministre, après une ultime réunion à la Maison de la Nouvelle-Calédonie (MNC), une proposition de « charte des valeurs calédoniennes ».

Le même jour, les signataires de la charte ont adressé au Premier ministre une demande afin que cette proposition de valeurs calédoniennes soit soumise à une consultation citoyenne.

Par courrier, Edouard Philippe a répondu favorablement à la demande formulée par Philippe Gomès (courrier du Premier ministre adressé à Philippe GOMES le 6.04.2018), et l’Etat a mis en ligne la « proposition de valeurs calédoniennes partagées » conformément à l’accord donné par le G10.

III) LES MENSONGES DE SONIA BACKES

Avant-hier, lors d’une conférence de presse tenue à quelques heures d’une nouvelle réunion du groupe de dialogue « Sur le chemin de l’avenir », Sonia BACKES s’est livrée, comme elle en a l’habitude, à des déclarations mensongères qui réclament une mise au point.

1. « Certains avaient voulu confisquer le débat et faire une charte en catimini. On a demandé à ce que la société civile soit consultée »

C’est faux.

Comme nous venons de le préciser, la demande d’une participation, la plus large possible, des Calédoniens à l’élaboration de cette Charte a été formulée le 23 mars dernier alors que le groupe Martin/Backès boycottait les réunions du groupe « Chemin de l’avenir ».

De retour au sein du G10, Sonia Backès s’est simplement contentée d’avaliser la proposition de Calédonie Ensemble et des signataires de la charte d’une consultation publique des Calédoniens.

2. « Il manque des éléments importants notamment le cas des violences faites aux femmes qui n’est pas traité (…) »

C’est faux.

Faire croire que la charte ne prend pas en compte le rôle et la place de la femme dans notre société, ni n’évoque les atteintes et violences dont elle peut être victime est un mensonge.

La Charte des valeurs calédoniennes met en exergue :

  • « Notre attachement aux valeurs chrétiennes, profondément ancrées dans notre histoire ». Sur ce principe, la Charte précise : « Nous les reconnaissons comme telles, en particulier, l’égale dignité de toutes les femmes et tous les hommes ».
  • « Nous affirmons notre attachement à la défense des droits des femmes. L’égalité entre les hommes et les femmes doit être assurée dans tous les domaines, y compris en matière d’emploi, de travail et de rémunération ».
  • « Nous reconnaissons les droits à la vie, au respect de la dignité humaine, à l’inviolabilité et à l’indisponibilité du corps humain ».
  • « Nous reconnaissons le droit à une égale dignité de tous les êtres humains (…) Toute conduite portant atteinte à la dignité à l’intégrité physique ou psychique d’une personne est proscrite ».

La mission d’écoute et de conseil ne faisait pas mention dans son rapport de toutes ces propositions, ce sont les membres du groupe de dialogue « Chemin de l’avenir » qui les ont expressément rajoutées.

3. « Il manque des éléments importants (…) les revendications foncières qui continuent sur terres privées »

C’est faux.

La Charte réaffirme de manière claire : « le lien privilégié de chaque Calédonien à la terre, creuset de notre identité ».

Un article entier de la Charte est consacré à la défense du principe de la propriété privée : « le droit à la propriété privée en matière foncière est un droit garanti, droit sacré et inviolable, sous réserve des droits des collectivités, si la nécessité publique légalement constatée l’exige. Les droits collectifs sur les terres coutumières sont garantis. »

La question de la propriété privée et celle du foncier, thématiques chères à Calédonie Ensemble, ont été une priorité pour les rédacteurs de la Charte.

En effet, la mission d’écoute et de conseil n’en faisait pas mention dans son rapport, ce sont les membres du groupe de dialogue « Chemin de l’avenir » qui les ont expressément rajoutées.

4. « L’exigence de neutralité de la fonction publique »

Elle va de soi à un point tel que les signataires n’ont pas jugés utile de reprendre cette proposition des experts.

Cela étant, il est tout à fait possible de le faire. Toutefois, il est surprenant de voir Sonia BACKES porter cette valeur alors qu’elle s’est singularisée dans l’affaire BOITEUX en massacrant une fonctionnaire dont l’intégrité et le sens du service public dérangeait.

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30 ans après la signature des accords de Matignon et 20 ans après la signature de l’Accord de NOUMEA, nous saluons tous le courage et l’audace de Jacques LA FLEUR et de Jean Marie TJIBAOU.

En ce qui nous concerne, nous sommes dans le même état d’esprit que celui qui a animé nos anciens. Et pour reprendre une formule comme le disait Jacques LAFLEUR :

« pour qui aime ce territoire et y vit, il n’y a que le chemin du dialogue qui vaille ».

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Enfin, et compte tenu de l’actualité du jour, nous tenons à réagir aux déclarations du PALIKA, suite aux va et vient des non indépendantistes dans le groupe de dialogue « Chemin de l’avenir ».
Le PALIKA « ne veut pas s’interdire le fait de rencontrer l’Etat en bilatéral ».

Nous tenons à rappeler que La Nouvelle-Calédonie a vécu ces 30 dernières années dans la paix parce que les accords de 88 et de 98 portaient la voix des indépendantistes et des non indépendantistes, et confirmaient l’engagement de l’Etat.

Le passé s’est construit ainsi. Pour l’avenir, ce TRIPLE partenariat dans le dialogue et le respect des convictions de chacun doit IMPÉRATIVEMENT se poursuivre.


Source : NC la 1ère

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