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Communiqué : En 2019, stop au plastique !

(14 septembre 2018) Calédonie Ensemble, face aux conséquences environnementales catastrophiques provoquées par les sacs plastiques, s’engage à les faire interdire.

Aujourd’hui on estime à 60 millions le nombre de sacs plastiques à usage unique utilisés chaque année par les calédoniens. Ce qui représente en volume environ 360t de déchets, soit l’équivalent en surface de 375 terrains de foot. C’est beaucoup trop quand on connaît leur impact néfaste sur notre environnement.

Outre la pollution visuelle qu’ils engendrent lorsqu’ils sont abandonnés dans la nature, les sacs plastiques, au travers de leur fabrication et de leur transport, contribuent à l’épuisement des ressources naturelles (eau, pétrole). Fabriqués en moins d’une seconde, puis utilisés en moyenne 20 minutes, ils mettent entre 100 et 500 ans pour se dégrader. En Nouvelle-Calédonie, une grande partie de ces déchets se retrouvent dans la mer où ils sont un fléau pour la faune marine qui les ingère. (On se souvient il y a quelques années, des baleines à bec échouées dans le sud de la NC dont l’estomac était bourré de sacs plastiques.) Et lorsqu’ils ne sont pas ingérés, ils s’accumulent au niveau de gigantesques « mers » de plastiques formées par les courants marins et se décomposent en petits fragments toxiques pour la faune et la flore mais également pour la santé humaine. L’impact est tel, qu’aujourd’hui des scientifiques suggèrent que les sacs plastiques tueraient plus d’espèces que le réchauffement climatique.

D’après le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), les conséquences sur l’économie mondiale sont également considérables. Le coût de la pollution marine provoquée par les sacs plastiques sur le tourisme et la pêche – des secteurs économiques indispensables à la diversification de notre économique calédonienne – est évaluée au minimum à 13 milliards de dollars chaque année.

Interdire les sacs plastiques est donc une nécessité pour la Nouvelle-Calédonie qui abrite une biodiversité et des paysages exceptionnels et dont une partie des récifs et lagons est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

C’est un défi que Calédonie Ensemble compte relever en agissant à différents niveaux des institutions.

1) D’abord, en déposant une proposition de loi de pays visant à les interdire.

Ainsi, si la loi est adoptée, à partir du 1er mai 2019, la mise à disposition gratuite ou onéreuse des sacs en plastiques à usage unique distribués à la caisse ou destinés à l’emballage des marchandises en vrac (fruits, légumes, viande, fromage…) sera interdite. Seuls seront autorisés, pour l’emballage en vrac uniquement, les sacs en plastiques bio-sourcés.

Tous les sacs cabas en plastiques, très polluants, seront eux aussi interdits dès le 1er mai 2019 sauf s’ils sont bio-sourcés ou recyclables. Par ailleurs, la loi prévoit qu’au 1er mai 2022, les sacs recyclables devront aussi être constitués en partie de matières recyclées.

Conscients de l’impact économique que ces mesures pourraient induire sur la production locale de sacs plastiques qui bénéficie aujourd’hui de mesures de protection de marché, la loi du pays propose d’interdire l’importation des sacs bio-sourcés à usage unique et celle des sacs cabas en plastiques réutilisables afin que les producteurs locaux puissent développer de nouveaux marchés.

Afin de sensibiliser les consommateurs aux « bons gestes », la loi prévoit également un marquage obligatoire des sacs avec des informations sur leur composition et le comportement à adopter pour en faire bon usage.

Parce que nous voulons une action forte, la distribution des gobelets, verres, tasses assiettes, couverts, touillettes et pailles à boire en plastiques jetables sera elle aussi interdite à partir du 1er septembre 2019. Ainsi que les barquettes alimentaires en plastique à partir du 1er mai 2020.

Des sanctions spécifiques au non-respect des interdictions sont inscrites dans la loi pour condamner par des amendes administratives les contrevenants distribuant, à titre gratuit ou onéreux, des produits interdits.

2) Ensuite, en lançant une campagne de sensibilisation et d’incitation au développement de solutions alternatives

Afin de préparer les consommateurs mais aussi les distributeurs à cette nouvelle réglementation, nous proposerons aux provinces, au travers du fonds TAP, de mener une vaste campagne d’information et de sensibilisation.

Par ailleurs, nous souhaitons que les acteurs économiques se saisissent de cette opportunité pour développer des alternatives aux sacs plastiques (sacs en tissu, sacs traditionnels …). Au travers d’appels à projets, les provinces pourront les aider dans cette démarche.

S’agissant des producteurs locaux de sacs plastiques, ils seront accompagnés dans l’adaptation de leur process pour être en capacité de fabriquer d’une part des sacs biosourcés à usage unique et d’autre part des sacs réutilisables biosourcés ou recyclables.

3) Enfin, en proposant aux provinces de travailler sur la mise en place d’une nouvelle filière REP sur les déchets d’emballage plastiques.

La pollution liée au plastique n’est pas uniquement due aux sacs et à la vaisselle en plastique. D’autres produits tels que les bouteilles, les emballages alimentaires ou industriels, y participent également. Au total, 8700 tonnes de déchets plastiques sont produits chaque année par les calédoniens. La mise en place d’une REP pour les emballages plastiques contribuerait à réduire l’impact du plastique sur l’environnement en obligeant les distributeurs à s’organiser techniquement et financièrement pour les collecter et les traiter. Cette règlementation doit aussi favoriser l’émergence d’opérateurs de recyclage et créer de nouveaux emplois.

Interdire les sacs plastiques, c’est possible !

C’est possible car les calédoniens sont prêts. Aujourd’hui, grâce aux actions de sensibilisation répétées des collectivités, (campagne « STOP aux sacs plastiques de la Province Sud) des associations et des acteurs éducatifs, il existe une véritable prise de conscience.

C’est possible car les distributeurs sont eux aussi conscients de la nécessité de réduire les déchets plastiques. Depuis 2008, les grandes surfaces ne distribuent plus de sacs plastiques aux caisses. Cette année, elles ont participé à une opération « zéro déchets plastiques ». Les petits commerçants proposent de plus en plus souvent des sacs réutilisables. Certaines grandes enseignes recyclent à l’export leurs emballages plastiques.

C’est possible enfin car certains de nos voisins l’ont fait ; Wallis et Futuna ont interdit la distribution des sacs plastiques à la caisse depuis le 1er juillet 2017, le Vanuatu a interdit entre autres depuis le 31 janvier 2018, l’importation et la fabrication de sacs en plastique à usage unique non biodégradables, la Papouasie quant à elle à réglementer le sac en plastique depuis le 1er janvier 2016. Notons par ailleurs, que l’ensemble des pays qui siègent au Forum des Iles du Pacifique se sont engagés lors du 48ème Forum en septembre 2017 à Apia, à « accélérer le développement de politiques destinées à interdire l’utilisation de sacs en plastique à usage unique ».

Calédonie ensemble a fait de la protection de l’environnement une de ses priorités et a agi en ce sens : élaboration d’un véritable code de l’environnement, création des brigades de gardes nature, classement d’une partie de nos lagons au patrimoine mondial de l’UNESCO, plus récemment le classement en réserve intégrale de nos récifs pristines, annulation de l’attribution du massif prony pernod, création des filières REP, élaboration du schéma pour la transition énergétique, rédaction de la loi sur l’air, remplacement de la centrale au fioul de la SLN … et maintenant l’interdiction des sacs plastiques. Avec cette proposition de loi de pays très ambitieuse, dont certaines dispositions n’ont jamais été adoptées dans le monde, Calédonie Ensemble réaffirme sa volonté de protéger durablement notre environnement pour les générations futures.

 

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