Accueil ACTUALITÉS Gérard POADJA à l’ONU : « Le peuple calédonien choisira de demeurer ensemble et en paix au sein de la grande case de la République »

Gérard POADJA à l’ONU : « Le peuple calédonien choisira de demeurer ensemble et en paix au sein de la grande case de la République »

(11 octobre 2018) A trois semaines de l’échéance historique du 4 novembre prochain, j’ai tenu, le 9 octobre dernier (10 octobre en Nouvelle-Calédonie), à intervenir devant le Comité de décolonisation (dit C24) des Nations Unies afin de porter la voix d’une Nouvelle-Calédonie désireuse de continuer à se construire dans la France, aux couleurs de la paix.

Je vous prie de bien vouloir trouver ci-joint le texte de mon intervention à la tribune des Nations Unies.

Gérard POADJA

Source : ONU


DISCOURS PRONONCE PAR GERARD POADJA LE 9 OCTOBRE 2018
DEVANT LE COMITE DE DECOLONISATION (C 24)
DES NATIONS UNIES

Monsieur le Président de la 4ème commission,

Mesdames et messieurs les membres de la commission, Il y a 30 ans, mon pays était meurtri.

Il y a 30 ans, nous vivions une guerre civile qui ne disait pas son nom, durant laquelle plus de 70 calédoniens ont trouvé la mort.

Il y a 30 ans, les communautés s’opposaient entre elles, mais les Kanak, aussi, entre eux.

Il y a 30 ans, l’histoire de la colonisation connaissait son paroxysme avec le drame d’Ouvéa.

Il y a 30 ans, une poignée de mains, a changé le cours de l’histoire de mon pays.

Depuis lors, un pays nouveau est né, grâce à la volonté des Calédoniens et à l’accompagnement sans faille de la France.

L’identité Kanak y est désormais reconnue, dans ses différentes dimensions : coutumière, institutionnelle, culturelle, et éducative.

La légitimité des pionniers, qui ont construit la Nouvelle-Calédonie, a été affirmée.

Depuis lors, nous nous gouvernons nous-même, dans tous les domaines de la vie d’un pays, à l’exception des compétences régaliennes.

Depuis lors, il n’y a plus NOUMEA, d’un côté, et la Brousse et les Iles, abandonnées, de l’autre, le rééquilibrage ayant permis d’égales conditions de vie pour tous les Calédoniens, où qu’ils vivent dans l’archipel.

Depuis lors, grâce aux fils du dialogue que nous avons su maintenir entre nous, nous vivons en paix.

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C’est cet héritage, inespéré et immense, qui est en jeu lors du référendum du 4 novembre prochain.

Nous allons décider, nous, peuple calédonien, peuple souverain sur notre destin, si nous voulons rester au sein de la République, ou en sortir.

Moi qui ai vécu au premier rang, en tant qu’autorité coutumière mais aussi en tant que responsable politique, l’histoire de mon pays, y compris ses aspects les plus sombres, je considère que notre avenir doit continuer à s’écrire dans la France.

Parce que c’est ainsi que nous pourrons poursuivre la construction du destin commun auquel nous sommes appelés :
Destin commun entre la France et la Nouvelle-Calédonie, car le lien de souveraineté qui nous unit sera retissé : nous passerons d’une souveraineté imposée en 1853, celle résultant de l’histoire du Monde, à une souveraineté démocratiquement choisie par le peuple calédonien.
Destin commun entre les Calédoniens de toutes origines, qui ont dû, au fil du temps, apprendre à construire un vivre ensemble dans le respect des convictions et des cultures de chacun.

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Pour moi qui suis un insulaire d’origine Kanak, je dirais que la République Française, c’est comme la grande case dans nos tribus : C’est le lien entre nous tous, Calédoniens de toutes origines, mais c’est aussi le toit qui nous abrite et qui nous protège du mauvais temps, lorsque c’est nécessaire.

Le 4 novembre prochain, le peuple calédonien choisira -j’en suis convaincu- de demeurer, ensemble et en paix, au sein de la grande case de la République.

Vive la Nouvelle Calédonie,
Vive la France,

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