Accueil ACTUALITÉS Tromperies pré-électorales qui n’aboutiront qu’à un seul résultat : Inciter les indépendantistes à demander l’organisation des 2è et 3è référendum

Tromperies pré-électorales qui n’aboutiront qu’à un seul résultat : Inciter les indépendantistes à demander l’organisation des 2è et 3è référendum


(31 octobre 2018) Une pensée politique qui ne se limiterait pas à trois lettres…

A quelques jours de la fin de la campagne électorale pour le référendum, le groupe Backès-Blaise et le Rassemblement, qui avaient jusqu’alors limité leur pensée politique à trois lettres, viennent enfin d’esquisser des « perspectives » d’avenir.
Elles concernent principalement la non-organisation des 2è et 3è référendum, dont nous avions contesté de longue date la pertinence politique et économique : « il nous faut un seul référendum éclairé et de paix au lieu des 3 référendum prévus par l’accord de Nouméa » (Congrès de Dumbéa – Juin 2013).

Pour le groupe Backès-Blaise, le plan c’est :
– 2019 : on rédige et on signe le nouveau statut de la Nouvelle-Calédonie qui supprime les 2è et 3è référendum ;
– 2020 : on le fait adopter par le Parlement (Sénat et Assemblée nationale) réuni à Versailles ;
– 2021 : on demande le retrait de la Nouvelle-Calédonie de la liste des pays à décoloniser de l’ONU.
Sonia Backès n’en est pas à son coup d’essai : déjà en 2014, dans le cadre de la campagne des élections provinciales, elle s’engageait à organiser au nom de l’UCF – formation aujourd’hui disparue – « un référendum dès 2015 afin d’anticiper le référendum prévu par l’Accord de Nouméa ».

Pour le Rassemblement, Pierre Frogier annonce le dépôt imminent d’une « proposition de loi constitutionnelle pour écarter le deuxième et troisième référendum », en précisant qu’au lendemain du 4 novembre, « ce sont les indépendantistes eux-mêmes qui, par ce référendum binaire, auront permis de purger l’indépendance. »
Pierre Frogier n’en est pas à son coup d’essai : déjà en 2014 – comme par hasard, juste avant les élections provinciales – il avait déposé une proposition de loi pour ouvrir le corps électoral… Qui est restée lettre morte.
En résumé, le groupe Backès-Blaise et le Rassemblement proposent de revenir de manière unilatérale sur les dispositions – constitutionnalisées – de l’Accord de Nouméa.

Un logiciel politique dépassé…

Leur logiciel est resté celui des années 80, quand la majorité non-indépendantiste considérait alors qu’elle pouvait écrire, à elle seule, l’histoire du pays. On connait la suite…

Depuis 30 ans, nous avons collectivement révisé notre logiciel.

L’arithmétique électorale constitue un fait politique et non une solution politique : les non indépendantistes sont majoritaires, ils l’étaient hier, ils le seront encore le 4 novembre. Mais il y a un autre fait politique tout aussi important qui s’impose : la majeure partie des non-indépendantistes sont des calédoniens d’origine non kanak, la majeure partie des indépendantistes sont des calédoniens d’origine kanak. C’est en prenant en compte cette situation particulière que nous avons construit ensemble une nouvelle façon d’écrire l’histoire de notre pays : par le dialogue, qui seul permet la construction du consensus, dans le respect des convictions de chacun.

C’est ainsi que sont nés les consensus des Accords de Matignon et de Nouméa.

Tenter de faire croire aux Calédoniens que l’on peut revenir à des décisions unilatérales parce qu’on est majoritaire et que le référendum consacrera cette majorité, c’est vouloir les tromper.

Le seul logiciel qui permettra l’évolution de notre organisation politique, c’est celui du dialogue et du consensus.

L’Accord de Nouméa, fruit d’un consensus local entre indépendantistes et non-indépendantistes, préalable à un consensus national entre la droite et la gauche, ne pourra être modifié que par un processus identique.

La proposition de loi de Pierre Frogier ne dépassera pas l’imprimerie du Sénat.

Les « perspectives » tracées par le groupe Backes-Blaise resteront ce qu’elles sont : une ritournelle pré-électorale.

C’est fort de cette conviction, que Calédonie Ensemble a tenu à consacrer, avec les indépendantistes, ce qui unit les Calédoniens, dans le cadre du groupe de dialogue créé par le Premier Ministre : la Charte des valeurs calédoniennes et le Bilan politique partagé de l’Accord de Nouméa.

C’est fort de cette conviction que Calédonie Ensemble a invité les formations politiques calédoniennes, à construire, au lendemain du référendum, un nouveau consensus sur une organisation politique ayant vocation à se substituer à l’accord de Nouméa afin de poursuivre l’émancipation du pays au sein de la République, tout en maintenant le droit à l’autodétermination des Calédoniens.

Les propositions anachroniques et électoralistes du groupe Blaise-Backès et de Pierre Frogier n’aboutiront qu’à un seul résultat : obliger les indépendantistes à aller au bout de l’accord de Nouméa au travers de l’organisation d’un 2è et d’un 3è référendum avec toutes les conséquences politiques, économiques et sociales qui en découleront.

À voir aussi :

Développement du secteur de la croisière dans les collectivités d’outre-mer : Amendement adopté !

(7 décembre 2018) Gérard POADJA : « J’ai défendu au Sénat un amendement visant à rendre mo…