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Hommage à Dick Ukeiwé

( 6 septembre 2013 ) Ci-dessous, la retranscription du discours prononcé par le député Philippe Gomès lors de la cérémonie d’hommage à Dick Ukeiwé, à la mairie de Nouméa.

“Je veux m’adresser à la famille bien sûr, à Gilles, Weniko, Jean, l’ensemble des membres de la famille du clan, de la tribu, les tontons, les mamans, pour dire, après les intervenants qui se sont exprimés, moi aussi quelques mots.

Ce que je souhaite d’abord dire avec humilité, à vous toutes et à vous tous, c’est que lorsqu’on voit ces portraits derrière nous, quand on voit cette signature, celle d’Oudinot, avec Tjibaou, quand on voit ça bien sûr ça refait monter à la surface des souvenirs qui sont enfouis, qui sont à la fois si loin et si présents. C’est les souvenirs d’une période terrible pour notre pays. Que certains ont appelé “les années de cendre“. Une période d’une douleur infinie. Un cri, le cri d’un peuple en souffrance qui résonne encore dans nos têtes et dans nos cœurs. Et dans ce cri, dans cette souffrance, il y a eu un homme qu’on a côtoyé les uns et les autres chacun à notre niveau qui était là, qui était droit, courageux, des convictions profondes ancrées en lui, et qui a porté une voix du pays, notre voix: celle de la sensibilité non-indépendantiste, celle d’une Nouvelle-Calédonie qui souhaitait continuer son chemin au sein de la République. Et c’est Dick qui a porté cette voix-là.

Il fallait le faire, il fallait le faire. Il fallait en avoir du courage, il fallait en avoir pour affronter à ce moment-là, dans ce contexte-là, cette partie-là de l’histoire de notre pays; Et il l’a payé. Il l’a payé dans ses tripes, il l’a payé dans sa chair, il l’a payé dans sa famille, il l’a payé dans son île. Il en a souffert, jusqu’au bout. La plaie dans ces moment-là elle se referme jamais. Et je dois dire avec humilité mon admiration, mon admiration profonde à l’égard de cet homme, à l’égard de son courage, à l’égard de ses convictions, à l’égard de son parcours. Une admiration profonde parce que Dick c’était ça, bien sûr, c’était cette voix qui a portée nos attentes à un moment de l’histoire du pays et probablement que la Nouvelle-Calédonie n’aurait pas cheminé comme elle a cheminé pendant cette période dite des évènements s’il n’y avait pas eu la voix de Dick pour se faire entendre à l’échelle nationale.

Mais Dick c’était aussi, cela a été dit mais comment ne pas le dire, d’abord un kanak. D’abord. Attaché à sa terre, à sa tradition, à sa culture, à sa civilisation, à sa langue, aux relations entre les clans, à sa coutume. Mais il avait cette exceptionnelle facilité – unique – à conjuguer à la fois, les valeurs liées à son origine et à sa culture et en même temps les valeurs de la République. Ça a été un exemple unique, je crois, dans l’histoire politique de notre pays, de cette extraordinaire alchimie.

Dick c’était aussi un homme d’une extrême gentillesse. J’ai le souvenir au gouvernement, à l’assemblée territoriale, des files infinies qui venaient le voir pour les milles et un service qu’on sollicite auprès de celles et ceux qui sont en situation de responsabilité. Et toujours la gentillesse, le temps, la patience, toujours l’écoute, toujours à essayer de rendre le service qu’on attendait de lui. J’ai gardé ça aussi en mémoire du compagnonnage que j’ai pu avoir à un moment donné avec lui.

Et puis enfin, Dick c’était un charisme exceptionnel, unique dans les annales de la politique calédonienne. Une présence, une voix, un regard qui a conduit son discours à être entendu au delà de notre récif. C’était tout ça Dick, c’était cet ensemble de qualité, de valeur, de détermination et de conviction. Et puis Dick, disons-le, le moment est au recueillement, au respect, mais Dick aussi ça a été la rencontre avec l’ingratitude à un moment donné de son parcours et de son histoire politique. Les regards qui se sont détournés et le chemin qu’on continue à accomplir mais d’une manière souvent solitaire avec les blessures qui vont avec. Ça aussi il faut le dire parce que ça fait partie aussi de la vie de Dick.

Aujourd’hui, ce que je souhaite en mot de conclusion dire à l’ensemble de la famille, c’est à la fois l’amitié bien sûr qui est la mienne, mais aussi que Dick a été un exemple pour beaucoup d’entre nous. Il l’est resté et il le restera.

Merci “

Philippe Gomès, 6 septembre 2013

Source : NC 1ère

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