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Protocole occulte de Nouville : Un engrenage irresponsable

clinique

Un protocole d’accord occulte visant à débloquer le chantier de la clinique de Nouville a été signé le 18 mars 2015 entre l’ex-présidente du gouvernement, Cynthia Ligeard, le Haut-Commissaire, Roch Wamytan et Augustin Païta au titre des chefferies de Nouméa et des clans alliés, ainsi que les promoteurs du projet.

Ce protocole a été signé sans que ni les membres du comité de pilotage consacré au dossier, ni le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie en aient été informés..

Ce protocole occulte pose un problème de fond.

Que pour permettre le redémarrage d’un chantier, les autorités s’engagent à faciliter l’emploi prioritaire des habitants de la région, qu’ils s’engagent le cas échéant à les former, ou à favoriser les petites entreprises de la zone, tout cela fait partie de l’arsenal habituellement utilisé en pareilles circonstances.

Que la veuve Bétoé qui revendique un lien à la terre sur la presqu’île de Nouville au titre de son clan puisse bénéficier dans le cadre du protocole signé en 2010, d’un relogement sur le site, en accédant à la propriété pour permettre le redémarrage de trois chantiers bloqués depuis deux ans (le foyer Reznik, l’extension du centre de formation des apprentis et le foyer d’accueil d’urgence pour les mineurs en difficultés), rien d’exceptionnel non plus.

Mais qu’un protocole prévoit que « , c’est à dire en clair que désormais 10% de la superficie de la commune de Nouméa soit sous emprise coutumière (500 ha sur 4700), cela relève de la plus totale irresponsabilité.

De quel droit Cynthia Ligeard pourrait-elle procéder à une telle reconnaissance, sans l’autorisation d’une quelconque institution ?

En vertu de quoi chaque projet sur Nouville devrait-il faire l’objet d’une autorisation coutumière, le lien à la terre du clan Betoé ayant été reconnu et satisfait depuis 2010 ? Le même clan qui, au surplus, conteste la “légitimité” des autorités coutumières (Wamytan et Paita) … reconnues “légitimes” par la Nouvelle-Calédonie !

Ce protocole prévoit également que 10% du capital de la clinique devra être cédé à des autorités coutumières dont l’influence sur la zone est contestée… Là aussi soyons clairs : la réalisation d’un projet sur terres coutumières implique la nécessaire participation du GDPL ou des clans concernés au capital de l’entreprise. Mais sûrement pas en dehors des terres coutumières ou la dite participation s’apparente davantage à une rançon versée à l’occasion d’une prise d’otages.

Calédonie Ensemble est donc fondamentalement opposé aux termes de ce protocole :
– Parce qu’il est hors de question pour notre mouvement politique de reconnaître une quelconque zone d’emprise coutumière sur Nouméa octroyant divers droits ;
– Parce que la porte ainsi ouverte sur Nouville conduira n’importe quel autre projet développé sur la presqu’île à faire l’objet d’un même chantage ;
– Parce que les « rançons » versées susciteront inévitablement de nouveaux appétits issus de « nouveaux coutumiers » qui exigeront eux aussi demain une part du gâteau ;
– Parce que nous ne pourrions plus nous opposer ensuite à la reconnaissance d’autres « légitimités » d’autres « autorités coutumières », sur d’autres zones de Nouméa qui seraient alors amenées à subir d’autres revendications qui se solderaient par les mêmes dérives.

La redistribution foncière initiée depuis 1976 a permis à près de 200 000 hectares d’être attribués aux clans, GIE ou GDPL. Ces opérations sont à l’origine d’un nouvel équilibre entre les différentes communautés dans l’intérieur. Elles ont aussi contribué de manière forte à reconstituer le lien à la terre de nombreux clans Kanak, conformément à l’accord de Nouméa.

Mais toutes ces redistributions dans l’agglomération ont été toujours étaient extrêmement limitées et réservées à la satisfaction ponctuelle d’une demande d’un clan. Reconnaitre la “légitimité” d’autorités coutumières sur tout un pan de la ville de Nouméa est une première dans l’histoire de la commune. Et que cette “reconnaissance” ouvre droit à une cession foncière, ainsi qu’à une participation dans l’entreprise, est totalement injustifiable.

C’est pourquoi, lorsque le dossier sera déposé sur le bureau du Congrès, Calédonie Ensemble s’opposera à la mise en œuvre de ce protocole qui n’engage que le parti politique (Rump/FPU) qui l’a signé par l’intermédiaire de l’ex-présidente du gouvernement.

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