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Fondamentaux : Canal « business » et canal « historique »

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Communiqué du mardi 8 septembre 2015

A l’occasion du GTPS du 7 septembre, au cours duquel a été exposé un rapport sur la valorisation des minerais à faible teneur, Calédonie Ensemble, par la voix du Député Philippe Gomès, a réaffirmé ses positions.

Rappel des fondamentaux

1) Il n’y a pas de crise des exportations de minerais
Il y a une vraie crise sur le marché international du nickel (- de 10 000 dollars la tonne) mais, contrairement à ce que dit le syndicat des exportateurs miniers (SEM), il n’y a pas de crise en matière d’exportation de minerais bruts. L’année 2014 a été la meilleure des deux dernières décennies aussi bien en tonnage (5,4 millions de tonnes) qu’en valeur (24 milliards de F CFP). Le premier semestre 2015 confirme cette tendance sur les mêmes bases en tonnages exportés (2,3 millions de tonnes) et sur des bases encore plus lucratives en valeur (+ 50%).

2) Il y a une baisse des exportations de latérite à destination de l’Australie
Sur le premier semestre 2015, cette baisse est estimée à 50% (500 000 tonnes au lieu de 970 000 tonnes). Cette baisse est de la responsabilité totale des mineurs qui n’ont renouvelé qu’une partie de leurs contrats d’exportation sur Qni, entreprise australienne qui achète le minerai calédonien depuis 28 ans. S’ils avaient renouvelé leurs contrats en totalité, comme les années précédentes, le volume exporté sur l’Australie au premier semestre 2015 aurait été équivalent à celui du premier semestre 2014, à des conditions de prix très favorables puisque tous les mineurs (à l’exception de Mai) bénéficient d’un prix plancher à 28 dollars (contre un prix de marché actuel compris entre 16 et 18 dollars la tonne).

3) Le fonds nickel est là pour aider les rouleurs en difficulté
Les rouleurs de la côte Est, où sont exploités principalement les latérites, peuvent se trouver en difficulté du fait de la baisse des volumes exportés. Pour les aider, le fonds nickel existe. Il a été créé pour cela et dispose d’une force de frappe financière de 2 milliards FCFP permettant la prise en charge des cotisations sociales, la réhabilitation des sites miniers, etc…

4) Les exportations à destination de la Chine ne sont pas conformes au schéma minier
Le schéma prévoit « le maintien des exportations actuelles » à destination « des clients traditionnels » pour des volumes « sensiblement équivalents ». Les exportations sur la Chine ne rentrent pas dans ce cadre :
– C’est un « nouveau marché » et pas un « client traditionnel »
– Ce sont 2 millions de tonnes supplémentaires qui sont demandées, en sus des 5,4 millions de tonnes déjà exportées, elles-mêmes pas très « sensiblement équivalentes » au volume exporté en 2009…
Or l’article 39 de loi Organique prévoit explicitement « (…) toute décision individuelle prise dans le cadre de la réglementation minière doit être compatible avec les principes et les orientations du schéma de mise en valeur des richesses minières ». En conséquence, si des autorisations d’exportation à destination de la Chine étaient délivrées, elles seraient susceptibles d’être contestées devant les tribunaux compétents.

5) Le rapport présenté au GTPS recense des minerais qui ne font quasiment pas partie des demandes d’exportation vers la Chine
Les demandes d’exportation pour la Chine, à hauteur de 2 millions de tonnes, proposées par les quatre mineurs (dont la SLN) concernent des latérites tout à fait susceptibles d’être exportées en Australie sur Qni (à l’exception d’une demande de Montagnat concernant une verse). Or, l’objet du rapport était d’exposer comment valoriser des minerais en les exportant sur la Chine, puisqu’ils ne peuvent être exportés nulle part ailleurs… En conséquence, il n’y a quasiment aucun lien entre le rapport qui a été exposé et les demandes d’autorisation d’exportations sur la Chine.

6) Affirmer que les exportations sur la Chine sont temporaires est un mensonge
Les défenseurs des exportations sur la Chine nous expliquent qu’il s’agit de « quantité limitée » pour une « durée limitée ».
C’est un double mensonge :
– 2 millions de tonnes, qui se sur-rajoutent aux 5,4 millions de tonnes déjà exportées, c’est 40% de plus,
– Ce flux supplémentaire produira de l’activité et du roulage et on nous expliquera au bout de 18 mois, qu’en cas de non-renouvellement, les rouleurs se retrouveront au chômage… L’objectif est donc bien d’ouvrir un flux d’affaires supplémentaire qui ne soit plus susceptible d’être interrompu. Benoit Pons, Vice-Président du SEM, l’a avoué : « l’autorisation est ponctuelle (…) mais elle va nous permettre surtout (…) de comprendre si ces produits secondaires peuvent être valorisés de manière pérenne. » (RNC – 08/09/15)

7) Affirmer que les exportations sur la Chine peuvent donner du travail à certains rouleurs est aussi un mensonge
En effet, étant donné les prix du marché, aucune exportation sur la Chine n’est aujourd’hui envisageable. C’est Glencore qui le dit : « A titre indicatif, les cours observés au cours de la semaine du 2 au 8 août, pour du minerai brut, avec les caractéristiques suivantes : 1,5% Ni, 30% Fe et humidité 35% était de 34 USD la tonne en Chine, excluant le coût du transport estimé à 16 USD la tonne en provenance de la Nouvelle-Calédonie à destination de la Chine. Ainsi, la valeur estimée pour une tonne de minerai brut FOB est de 18 USD.» (15/08/15)

Pour toutes ces raisons, Calédonie Ensemble réitère sa demande de séance publique au Congrès sur le sujet avant qu’une quelconque décision ne soit prise. Il y a un temps pour les conciliabules à huis-clos, et un autre pour l’information des Calédoniens.

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